News - 01.07.2026

Édito - Tunisie: Inscrire le soft power dans notre ADN

Édito - Tunisie: Inscrire le soft power dans notre ADN

Aussi foudroyante que soit la défaite de l’équipe nationale lors de la Coupe du monde 2026, elle ne saurait nous plaquer au sol. La honte bue devant la planète foot entière est certes amère, difficile à avaler, inoubliable. Elle est accablante pour le peuple entier. Mais sommes-nous dans l’incapacité de nous relever? Dans le foot, dans d’autres disciplines et sur d’autres scènes, les podiums du triomphe restent accessibles à ceux qui savent s’y prendre.

Plus qu’au temps de l’antiquité, le sport est aujourd’hui une expression spectaculaire de puissance technique et de dominance financière. Faire partie des 48 nations qualifiées au Mondial s’élève à une victoire qui résonne aux quatre coins du monde. Tout au long des compétitions, les équipes et les joueurs tenteront de gagner en image, au bénéfice de leurs pays et de leur propre carrière…

Les pays sont reconnus et admirés pour les titres qu’ils remportent. On se souviendra longtemps des prouesses de leurs joueurs. Il en va du sport, comme il en va d’autres formes d’excellence et de rayonnement international. Les arts, les lettres, le patrimoine, la technologie, la science et les diasporas sont porteurs d’image. Ils incarnent une puissance en douceur, une créativité, des talents.

Le soft power est ainsi devenu le levier de la réputation des nations. Un concert de musique, un échange de jeunes musiciens, un spectacle de danse, une exposition d’œuvres d’art, une présentation d’ouvrage, ou des rencontres-débats sur des thèmes d’actualité sont autant de sujets à même d’exprimer la richesse du pays.

Dans ses relations avec le monde, la Tunisie a besoin d’activer pleinement son soft power. En plein façonnage de l’imaginaire collectif et conquête des esprits qu’attisent les réseaux sociaux, il lui permettra de relayer une image attractive de ses potentialités et de sa créativité. Une stratégie d’ensemble, une démarche collective, une programmation à moyen et long terme et des budgets appropriés serviront d’appui.

Il ne suffit pas d’en avoir l’ambition ; il s’agit de s’en donner les moyens. Le capital de la Tunisie, c’est d’abord son patrimoine culturel prisé par plus de 11 millions de touristes. Il reste à préserver, à enrichir et à promouvoir. Cet effort n’incombe pas seulement au ministère et à l’Office du tourisme, mais à l’ensemble des parties.

Ce sont aussi nos deux millions de compatriotes installés à l’étranger, pouvant servir de référence, avides de faire connaître et rayonner leur pays. Au moindre appel, ils ont toujours répondu présent : bien les accueillir lors de leur retour, les honorer à chaque réussite et les impliquer dans la conception des événements à entreprendre.

Ce sont également nos artistes-peintres, céramistes, comédiens, musiciens, cinéastes, chanteurs, danseurs, poètes, romanciers et autres qui savent porter haut et fort notre culture. Ils n’attendent qu’un ordre de marche.

Nos champions sportifs, y compris ceux qui ont décroché, comme Ons Jabeur, nos savants, ingénieurs, chefs d’entreprise et universitaires sont à inscrire au Palmarès de la nation. La liste est encore longue. Un pays qui reconnaît la valeur des siens, les honore et leur accorde le moment venu le geste inattendu qui les marquera, n’en sera que grandi.

Le soft power est à inscrire dans l’ADN de la Tunisie. Sachons-le déployer.
 

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