News - 18.05.2026

Présence(s) suisse(s): Les destinées helvètes en Tunisie

Présence(s) suisse(s): Les destinées helvètes en Tunisie

Fallait-il attendre la célébration en ce mois de mai 2026 du 70e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Tunisie et la Suisse pour découvrir la richesse et la diversité d’une amitié si solide ? Un beau livre, publié à cette occasion par l’ambassade de Suisse en Tunisie, vient nous le rappeler. Sous le titre de Présence(s) suisse(s), Les destinées helvètes en Tunisie l’auteur, Adnen el Ghali, historien, architecte et urbaniste, revisite l’ancienneté des liens au fil de plusieurs siècles, présente des lieux de mémoire suisses en Tunisie et dresse le portrait de personnages remarquables dans la vie tunisienne. Puisant dans de riches archives nationales tunisiennes et suisses et une documentation fournie, Adnen el Ghali s’appuie également sur ses multiples spécialités pour livrer une analyse architecturale des lieux détaillée et instructive.

Evoquant le souvenir des figures emblématiques, l’ambassadeur de Suisse en Tunisie, Josef Renggli, écrit en préface : « Qu’ils l’aient photographiée, peinte, décrite, sillonnée, qu’ils en aient soigné les habitants ou logé les visiteurs, ils y ont laissé tous une empreinte. Cet ouvrage leur rend hommage.»

Qu’est-ce qui pouvait inciter, fin du XIXe siècle, de jeunes suisses médecins, ingénieurs, agronomes, photographes ou peintres à venir s’installer en Tunisie ? Ils succomberont au charme du pays et à sa douceur de vivre. Ainsi, on compte encore 1 499 Suisse établis en Tunisie (dont 995 binationaux) qui portent, comme les Tunisiens de Suisse, l’amour des deux pays.On découvre, en effet, que le premier médecin ophtalmologue installé en Tunisie n’est autre que le Suisse Auguste Cuénod (1868-1954), qui a dirigé le premier service d’ophtalmologie à l’hôpital Saint-Louis, dans la caserne Sidi Ali Azzouz (1895). Il travaillera étroitement avec Charles Nicolle pour la lutte contre le trachome, et ses recherches connaîtront une large renommée dans le monde. Très attaché à la Tunisie après avoir passé le témoin à son disciple, le Dr Roger Nataf, il se retirera à Hammamet jusqu’à ses derniers jours. Un autre médecin suisse, Félix Santschi, sera le premier médecin étranger à s’établir à Kairouan en 1901. Quant au Dr Pierre Gremaud, arrivé en 1891, il préfèrera, après quelques années d’exercice à Tunis, se consacrer à l’agriculture dans la région de Sfax.

Dans cette magnifique galerie de portraits, on trouvera Henry Dunant, cet humaniste introduit dans la cour du Bey, qui sera le fondateur du Comité international de la Croix-Rouge. Des photographes, des artistes et des agriculteurs sont à l’honneur. Tout comme le directeur de l’Hôtel Majestic (1914), Lucien Bossi, et Florin Tuor, propriétaire du mythique Tunisia Palace, ainsi que des fondateurs d’autres chaînes, de brasseries et de hauts lieux gastronomiques.

La description des villas et résidences est captivante. Adnen el Ghali commence par présenter les édifices consulaires, consacrant un chapitre bien documenté à l’Agapé, la Résidence de Suisse, située dans l’enceinte du palais présidentiel de Carthage. Il remonte aux origines de cette villa, à ses propriétaires successifs, et son rachat par la Suisse, puis il détaille ses caractéristiques architecturales et ce qu’elle porte en innovations. Il en fera de même pour la célèbre Villa Baizeau, l’unique projet architectural de Le Corbusier en Afrique.

Les textes, sous une plume de spécialiste, et les photos très peu connues confèrent au livre une valeur toute particulière.
 

Vous aimez cet article ? partagez-le avec vos amis ! Abonnez-vous
commenter cet article
0 Commentaires
X

Fly-out sidebar

This is an optional, fully widgetized sidebar. Show your latest posts, comments, etc. As is the rest of the menu, the sidebar too is fully color customizable.