News - 17.06.2017

Samia Elfekih: Une fierté tunisienne en Australie

Samia Elfekih: Une fierté tunisienne en Australie

Enfant à Nabeul, Samia Elfekih avait-elle pensé devenir un jour une éminente chercheuse scientifique... en Australie? Après avoir été à Londres et à Hawaï, aux Etats-Unis! Son parcours est exceptionnel. Tout commence pour elle à I’Institut national agronomique de Tunisie où elle décroche d’abord sa maîtrise en protection des plantes, en 2003, puis un mastère de recherche en nématologie, en 2005. Samia Elfekih enchaînera avec un doctorat en mathématiques-physique et sciences naturelles à la faculté des Sciences de Tunis et un Ph.D en biologie moléculaire et génétique à l’Université d’Hawaï à Manoa, en 2010..

Successivement, elle avait été enseignante à l’Institut supérieur d’études préparatoires en biologie et géologie de La Soukra (2008 - 2010), chercheuse visiteuse à l’University of California Riverside (2010) et chercheuse post-doctorante à l’Imperial College London (Department of Biological Sciences) & Natural History Museum (Department of Life sciences, 2011-2013). Une voie royale lui est alors ouverte. La voilà installée à Canberra, la capitale de l’Australie, au sein de CSIRO Health & Biosecurity flagship. Parcours.

Qui est Samia Elfekih?

Je suis issue d’une famille qui voue une grande importance au savoir et à l’éducation.

Fille d’ingénieur agronome et d’enseignante en mathématiques, j’ai toujours été entourée depuis mon enfance par des gens pour qui l’éducation constitue une priorité absolue. J’ai fait mes études primaires à l’école primaire Ibn-Khaldoun puis mes études secondaires au lycée Mahmoud-Messaadi à Nabeul. J’ai eu une formation d’ingénieur agronome suivie d’un mastère de recherche en agriculture biologique. J’ai aussi poursuivi des études de doctorat en génétique et biologie moléculaire entre la Tunisie et les Etats-Unis, sponsorisée par une bourse Fulbright, une bourse prestigieuse octroyée par le Département d’Etat américain.

Après avoir fini mes études de doctorat en 2010, j’ai effectué un stage postdoctoral à Londres (Imperial College London) financé par le programme Unesco- L’Oréal pour les Femmes et les Sciences. Au terme de ce stage, j’ai eu plusieurs offres d’emploi aux Etats-Unis et une autre en Australie. J’ai choisi de partir pour l’aventure et l’inconnu, je voulais sortir de ma zone de confort, rencontrer des gens différents, une culture loin de la mienne. Il faut dire que je suis fascinée par les Australiens et la qualité de vie tout simplement superbe de ce pays.

Quelles fonctions exercez-vous actuellement?

Je suis ingénieur chercheur au CSIRO, Organisation fédérale pour la recherche scientifique et industrielle, l’organisme gouvernemental australien pour la recherche scientifique qui compte plus de 6 000 employés et une soixantaine de sites en Australie et à l’étranger.

Gardez-vous des contacts avec des institutions tunisiennes?

Oui, je suis en contact avec mes anciens encadreurs et leurs équipes de recherche. Beaucoup d’efforts sont en train d’être déployés pour initier des projets de collaboration et d’échange d’étudiants. Je milite pour donner l’exemple et montrer qu’une formation en Tunisie peut mener à  une carrière internationale. Partout où je vais, j’essaye de promouvoir l’image de la femme tunisienne et arabe, connue pour son intelligence, son charisme et son adaptabilité.

Quels sont vos projets de recherche?

Ils portent sur l’utilisation des techniques pointues en génomique et bio-informatique pour résoudre des problèmes qui touchent à la santé publique, l’agriculture et la biosécurité. Je m’intéresse particulièrement à des problématiques qui concernent de près l’Australie et aussi la région Afrique du Nord-Moyen-Orient (Mena), vu mes origines.

Récemment, j’ai lancé un projet de recherche sur l’incidence de la fièvre dengue dans la région Mena et plus précisément au Moyen-Orient. Mes projets nécessitent beaucoup de contacts et de collaboration avec des chercheurs locaux. Pour cela, le concept de “diplomatie scientifique” est un élément crucial dans mon travail.

Je m’intéresse énormément au développement d’une politique d’innovation qui permet de mieux positionner mon travail dans l’espace de recherche international.

 

Néjiba Belkadi

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