News - 27.04.2017

Campagne de l’AMMC «SOS patrimoine tunisien en péril»: L’exemple du Sbil Hamouda Pacha (Album Photos)

Campagne de l’AMMC «SOS patrimoine tunisien en péril»: L’exemple du Sbil Hamouda Pacha

A l’occasion du mois du patrimoine, l’Association la Manouba pour les monuments et la culture (AMMC) vient de lancer une campagne pour la sauvegarde du patrimoine tunisien en péril. Baptisée «SOS patrimoine tunisien en péril», elle table, pour la réussite de cette action, sur le sentiment de responsabilité civique des militants de la société civile, des défenseurs et fans du patrimoine et des citoyens tunisiens conscients de l’importance de ce legs en tant que fort marqueur de notre identité plurielle et de son rôle comme levier pour le développement local et régional durable.

A vos plumes et appareils photos

Ces derniers sont appelés à écrire aux autorités compétentes et aux responsables locaux et régionaux des lettres illustrées si possible par des photos pour attirer leur attention sur les sites et les monuments en péril  en vue de la préservation de cet héritage culturel et civilisationnel pour les générations futures comme le suggère le slogan de la campagne.

Ces lettres et photos seront publiées sur une page Facebook dédiée à l’événement pour marquer les esprits et accessible par le lien: https://www.facebook.com/682805358428191/photos/gm.792303037592649/1504345366274182/?type=3&theater.
Mais si tous les sites et monuments menacés sont concernés par la campagne, l’AMMC a choisi de mettre particulièrement l’accent  sur  le Sbil Hamouda Pacha dont la sauvegarde est, de son point de vue, devenue une nécessité urgente. Le 18 avril dernier, à l’occasion du démarrage du mois du patrimoine, les membres de l’Association ont inauguré la campagne au Club culturel Tahar Haddad avec un débat sur le patrimoine en péril animé par notre ami Hatem Bourial. Puis, ils se sont déplacés à la Manouba pour constater les dégâts infligés au monument par l’usure du temps, des hommes et de l’oubli  et jamais réparés. Leur acharnement à défendre notre patrimoine national commence à donner ses premiers fruits et un émule. Notre ami, Mounir Hentati, homme de culture et ancien conservateur du Palais Ennejma Ezzahra, vient d’initier une pétition en ligne appelant au sauvetage de la fontaine husseinite qui est en train de recueillir des dizaines de signatures et accessible par le lien :
https://secure.avaaz.org/fr/petition/Ministere_des_affaires_culturelles_Sauvez_le_Sbil_Hamouda_Pacha/?rc=fb&pv=1&utm_source=sharetools&utm_medium=facebook&utm_campaign=petition-418790-Ministere_des_affaires_culturelles_Sauvez_le_Sbil_Hamouda_Pacha&utm_term=noHash%2Bfr

Le Sbil Hamouda Pacha

Le Sbil Hamouda Pacha, construit en 1792, est situé au cœur de la ville de la Manouba, à quelques pas de la gare ferroviaire et de l’Institut Kassab. Composé de deux fontaines, d’un café maure, d’une mosquée, d’un puits et deux abreuvoirs pour les animaux, il ne reste de cet édifice qu’une fontaine, le puits qui s’est asséché et les deux abreuvoirs. Monument historique protégé et classé en vertu du décret du 25 janvier 1922, il héberge aujourd’hui un café en plein air géré par un particulier, ce qui l’a sans doute sauvé de la disparition mais ne lui épargne pas la dégradation.  Le passant, qui arpente l’Avenue Habib Bourguiba ou emprunte le chemin qui mène  à l’institut, ne peut pas remarquer ce monument car il est, en partie, caché par le mur d’enceinte du café. Il n’aurait pas attiré les regards, même en l’absence de ce mur, en raison d’une dégradation criarde.

La fontaine, qui a survécu,  est dégradée en grande partie. Sur trois de ses quatre faces latérales, le revêtement  a disparu et les murs présentent des fissures.  Sur la face principale, les motifs décoratifs exécutés en pierre Kedhel subsistent mais   l’admirable inscription commémorative, gravée sur du marbre blanc et inscrustée en métal, est partiellement illisible. Le dôme recouvert de tuiles vertes, prenant la forme de feuilles d’artichauts, est dégarni par endroits. A la place des tuiles disparues, de mauvaises herbes ont pullulé. Un palmier et un olivier ont poussé sur le monument tandis  qu’un grand arbre s’est installé dans l’un des deux abreuvoirs, en général bien conservés.

La fontaine disparue depuis des décennies a été réaménagée d'une manière qui enlaidit le monument. Son emplacement est revêtu d’une faïence grossière et elle a été remplacée par une pseudo-fontaine qui jure avec le style du monument et le dénature.

A l'intérieur de la fontaine qui a survécu, des ordures et des cannettes de bière sont jetées. Elles polluent un monument dont la propreté est loin d’être assurée, tout comme celle de ses environs.

Cet état de dégradation exige une sauvegarde urgente de la part des autorités en charge du patrimoine (le ministère des affaires culturelles et l’Institut national du patrimoine qui semble disposer, selon des sources bien informées de l’argent nécessaire à sa restauration). L’hygiène déficiente  requiert, elle aussi, une intervention urgentissime de la part des autorités locales.

Préservons notre patrimoine culturel pour le léguer aux  générations futures.

Habib Mellakh
Président de l’AMMC

 

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