News - 02.08.2019

Les évènements du 5 aout 1947 : les prémices de la révolution de 1952

5 aout 1947

Le 5 août 1947, Habib Achour leader syndical homme vaillant et courageux, conduisait à Sfax, berceau et bastion de l’Union Générale Tunisienne du Travail, la grève générale décidée pour défendre le droit des ouvriers tunisiens de bénéficier d'un salaire minimum garanti.

Habitué aux privilèges et à l’exploitation de la Tunisie et des Tunisiens, le régime du protectorat et la classe des prépondérants ne voulaient pas d’un smig  aux Tunisiens. ils voyaient d’ailleurs avec appréhension la montée en puissance de l’U.G.T.T et étaient persuadés que la jonction entre le mouvement syndical et le mouvement national sonnerait le glas du régime colonial.

A la première heure du lundi 4 août 1947, la grève générale fut déclenchée et toucha tous les secteurs d’activités sauf ceux de la distribution de l’électricité, des vivres et de la santé. La  ville arabe  où siégeait la section régionale de l’UGTT à été le point de convergence des ouvriers et de la population, un grand rassemblement s’y était tenu à 2h du matin sur  la place Khair-Eddine Barberousse devant la mosquée Sidi Belhassen Karray, un saint homme du dix-septième siècle très vénéré à Sfax où il s’était distingué par sa science et sa piété et également par son courage en s’opposant à la terrible tyrannie  du gouverneur de son époque Attia Ben Jelli.

A 3h du matin, du 4 août 1947 alors que l’heure du début du jeûne pointait à l’horizon, les grévistes prirent le contrôle des points sensibles et stratégiques de la ville et notamment la gare ferroviaire et le port de commerce. Le défi était lancé à l’ordre et  l’économie coloniaux. Grève illimitée, l’arrêt du passage des trains et de l’embarquement des phosphates venant de Gafsa   asphyxiera rapidement l’économie coloniale basée sur l’exploitation et l’exportation des matières premières et mettra en évidence la puissance de l’UGTT comme seul et unique représentant du monde du travail. La journée du 4 Août se passa entre manœuvres et réquisitions ponctuées par des menaces d’usage de la force .Les grévistes et la direction syndicale restaient  inflexibles.

C’est au cours de la nuit du 4 au 5 août que le régime colonial décida d’utiliser la force contre les grévistes. Au petit matin, les forces de police et de l’armée furent dirigées sur les lieux de la grève. Face au refus d’évacuer, et prétextant l’infiltration d’éléments étrangers, les forces de répression ouvrirent  le feu sur les grévistes. Toutes les armes avaient été utilisées: chars d’assaut, mitrailleuses lourdes, le commissaire de police de Sfax tira sur Habib Achour qui fut blessé. Le premier  martyr à tomber,  était  Rachid Gharbi suivi de son frère Mohamed qui en voulant  lui porter secours, fut descendu à son tour. Le bilan était terrible, 26 tués et plusieurs dizaines de blessés .Ce fut un véritable champ de bataille, cris, hurlements, cadavres et blessés gisant sur le champs d’honneur de la patrie. La population se porta au secours des grévistes, les blessés furent transportés d’urgence par les moyens de bord: charrettes, brouettes vers l’hôpital. Puis, le même jour de grandioses funérailles furent organisées pour  enterrer les martyrs au mausolé de sidi M’hamed Karray .








 

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