News - 26.09.2016

Révélations – Comment l’Irak se prépare à reprendre Mossoul d’ici la fin de l’année

Révélations – Comment l’Irak se prépare à reprendre Mossoul d’ici la fin de l’année

Bruxelles – De notre envoyé spécial, Taoufik Habaieb – « L’offensive contre l’Etat Islamique pour libérer Mossoul n’attend plus que la finalisation des conditions politiques nécessaires à réunir, en complément des aspects militaires, ce qui ne saurait dépasser la fin de l’année en cours ». C’est ce qu’a déclaré à Leaders, l’ambassadeur d’Irak à Bruxelles, Dr Jawad Al-Hindawy. Optimiste, il estime que les accords politiques entre les différentes parties irakiennes finiront par se réaliser durant les trois mois à venir. Tour-à-tour il indique comment sera lancé l’assaut final, précise pourquoi Moussol ne saurait risquer une partition en provinces confessionnelles, et souligne de quelle manière elle sera gouvernée après sa libération. Au passage, il réfute toute ingérence iranienne dans la décision irakienne. Indicateurs à l’appui, l’ambassadeur donne de son pays une image très différente de celle propagées par les médias et dessine les contours du nouvel Irak qui sera fédéral, démocratique et moderne.

 
"L’offensive pour la libération de Mossoul sera une poussée globale associant au côté de l’armée, la police, les Peshmerga (combattants kurdes), les combattants issus des tribus et une forte mobilisation populaire. La formation de cette large force nationale exige en effet des concertations politiques et une coordination militaire, a-t-il expliqué. Si, grâce à nos partenaires, notamment les Etats-Unis et l’OTAN, a souligné le diplomate irakien, nous parvenons à réunir des conditions militaires utiles, c’est le consensus politique interne qui est indispensable à sceller. Nous l’avions pratiqué pour reconquérir Anbar et Falouja, et avons même dû attendre un an pour lancer l’assaut final alors que militairement nous étions prêts, mais, c’était nécessaire. »
 
Réfutant tout ingérence iranienne, Dr  Al Hindawi a fermement affirmé que « l’Irak reste souverainement maitre de sa décision et ne fait guère l’objet d’une confiscation par l’Iran. Nous avons certes de très bonnes relations avec l’Iran, a-t-il déclaré, mais qui n’en a pas aujourd’hui? »
 
«Certains pays arabes de la région, a-t-il cependant indiqué, craignent cette union nationale et notamment la participation des combattants issus des tribus et ceux au titre de la mobilisation populaires. Ils y voient, sans raison, une forme d’incitation au confessionnalisme et une dominance de certaines confessions ». 

Aucun risque de partition

Mossoul qui s’étend sur près de 40 000 km2 (soit la taille d’un pays comme la Belgique) comptait plus de 2 millions d’habitants. L’arrivée de Daech contraindra près d’un demi-million d’entre eux à la fuir. Sa population est constituée de 7 à 8 confessions (sunna, Chiaa, Kurdes, turkmènes, yazidites, etc.) qui ont toujours coexisté dans la cohésion et l’entente, indique l’ambassadeur Al Hindawi. Écartant tout risque de partition d la région en 6 ou 7 provinces, par confession, il a affirmé qu’une fois libérée, Mossoul sera gouvernée par un conseil régional largement représentatif de toutes les confessions et un gouverneur élu. 
 
La reprise de Mossoul sera un coup fatal pour l’Etat Islamique, a indiqué l’ambassadeur d’Irak en Belgique et chef de la mission auprès de l’Union européenne. Craignant leur défaite, a-t-il révélé, nombre de chefs de Daech commencent à fuir, comme ils le font déjà à Riqqa.

Un nouvel Irak, mais pas comme auparavant

Profitant de son entretien avec Leaders, l’ambassadeur d’Irak a balayé nombre d’idées reçues véhiculées au sujet de son pays. « La réalité est très différente de ce que vous voyez à travers les médias. L’Irak a repris sa production agricole assurant l’autosuffisance alimentaire qu’il s’agisse en céréales ou fruits et légumes. L’exploitation des gisements pétroliers est en croissance. Malgré la corruption et les malversations bien qu’elles soient en cours de réduction, l’économie se relance, faisant fi des menaces sécuritaires et de la persistance, ici et là, d’attentats et autres explosions. Le gouvernement se stabilise, fort de son ouverture sur différentes confessions et de son engagement sur la voie de la démocratie et de la bonne gouvernance. »
 
L’ambassadeur d’Irak ne manque pas de le relever : « La démocratie n’est pas la grande vertu dans la région et nombre de pays ne la voient pas d’un bon œil ce qui explique leur volonté de la voir échouer chez nous. D’ailleurs, regardez le Liban. Ni sa démocratie, ni la participation au pouvoir des différentes confessions ne l’épargnent des tentatives de déstabilisation. »
 
Lorsqu’on lui demande comment sera l’Irak de demain, Dr Jawad Al Hindawi répond avec certitude : « Beaucoup mieux qu’il ne l’aurait jamais été depuis plus de 7000 ans. Ca sera un pays fédéral et non centralisé, démocratique, et non dictatorial, sachant tirer profit de sa double richesse, les ressources humaines fournies et les ressources pétrolières généreuses. Un pays prospère, moderne et ouvert, une pièce maitresse pour la sécurité, la stabilité et la paix dans la région. »
 
T.H.
 
 
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