News - 11.11.2012

Le meeting de Nida Tounès : on comprend mieux les inquiétudes d'Ennahdha

Initialement, la réunion devait se limiter aux militants du gouvernorat de l’Ariana. Les menaces proférées par les comités de protection de la révolution  ont amené les dirigeants de Nida Tounès, dans une sorte de défi, à l'élargir  à tous les militants de ce mouvement. Le défi a été relevé. Seuls, une dizaine de contestataires s’étaient déplacés à Ennasr, ce dimanche  pour pourfendre - sans trop de conviction- «les résidus du RCD ». Il est vrai que le dispositif policier mis en place était assez impressionnant pour décourager toute velléité de violence ou de sabotage. Près de deux mille personnes, des militants, mais aussi des sans parti, venus en curieux pour voir si ce mouvement ressemblait bien à l’image que ses adversaires cherchaient à en donner, se sont entassés dans la grande salle de l’hôtel, dans une joyeuse anarchie.

On est loin du bel ordonnancement des meetings d’Ennahdha ou de l’ex…RCD. Pas de chauffeurs de salle, ni de service d’ordre musclé. Un détail assez significatif : l’élément féminin représente la moitié  de l’auditoire et même un peu plus. Commentaire de l’une des présentes : « Nous avons obtenu nos droits sur un plateau d’argent. Maintenant que ces acquis sont menacés, nous sommes déterminées à ne pas nous laisser faire ». Prévue à 10 heures, la réunion  démarre 45 minutes plus tard. Le chef de la coordination du mouvement à l’Ariana fait applaudir les noms de certains invités de marque : Yadh ben Achour, Mohamed Talbi, Habib Kazdaghli, le courageux doyen de la faculté des lettres de la Manouba, mais aussi le fondateur de Nida Tounès, Béji Caïd Essebsi qui n’était pas présent. Poliment, mais sans plus. On ne veut pas tomber dans le culte de la personnalité. Il demande à l’assistance de réciter la fatiha à la mémoire de Lotfi Ngadh, « premier martyr de Nida Tounès». L’évocation de l’héritage bourguibien suscite l’enthousiasme de l’assistance. Inévitablement, l’orateur s’en prendra à Ennahdha, mais sans acrimonie, tout juste pour noter que le harcèlement dont son mouvement fait l’objet est révélateur des inquiétudes que le parti islamiste nourrit face à la montée de Nida Tounès. Les orateurs défilent. Leurs interventions s’étirent au point de déconcentrer l’assistance qui commence à montrer des signes d’impatience. Heureusement, c’est au tour de Taieb Baccouche, secrétaire général du mouvement de monter à la tribune. Son intervention durera vingt minutes et s’ordonnera autour de deux points: l’analyse de la conjoncture politique et un état des lieux à Nida Tounès :

1- S’agissant de la situation politique, il persiste et signe : depuis le  23 octobre,  la légitimité électorale a vécu. Celle que vivons est une légitimité consensuelle. Ce que nous déplorons, c’est l’absence d’une feuille de route pour cette étape. Au lieu de s’y consacrer, on cherche à faire dans la diversion en soulevant de faux problèmes, histoire de détourner la société de ses vrais problèmes, on jette l’anathème sur Nida Tounès, on encourage la violence politique, on transforme les mosquées en espaces de propagande où on prêche l’extrémisme le plus rétrograde. De toute évidence, il a une volonté de la part d’Ennahdha  de gagner du temps pour asseoir son pouvoir en contrôlant tous les rouages de l’Etat. Les partis et les composantes de la classe politique de la société civile doivent se mobiliser pour contraindre Ennahdha à fixer une feuille de route contenant des engagements fermes s’agissant notamment de la date des élections et de la mise en place des hautes instances. 

2- Concernant le parti : accélérer la mise en place des structures régionales au niveau des chefs-lieux de gouvernorat et des délégations de sorte que cette opération prenne fin d’ici à la fin de l’année. On passera ensuite aux imadat. Le parti étant en construction, il n'est pas facile d’organiser des élections, d’où la nécessité de recourir aux désignations sur la base du consensus. Les militants doivent éviter les tiraillements et faire  preuve de compréhension (le secrétaire général  du mouvement fait sans doute  allusion aux différends survenus lors de l’installation des bureaux de Nida France et Monastir et de la volonté qu’auraient manifesté les transfuges d’El Massar, ralliés au mouvement  de créer un courant selon des sources concordantes). Les maîtres-mots  de cette étape doivent être "unité" et "consensus". Il faut éviter tout ce qui est de nature à semer la zizanie dans nos rangs. 

La réunion a duré deux heures. A la sortie, le petit bureau où l'on recueille les adhésions est pris d'assaut. En quelques minutes, le stock de cartes est épuisé. Apparemment, le charme a pris. 

On comprend mieux les inquiétudes d'Ennahdha et ses tentatives sans cesse renouvelées d'ostraciser Nida Tounès.

Hédi

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17 Commentaires
Les Commentaires
DJERIBI ALI - 11-11-2012 18:27

que la tunisie libre moderne et progressiste augmente son rayonnement et sa place de pays evolué plein de competences et regorgeant d'idées VIVE l'esprit BOURGUIBISTE vive NIDA TOUNES garant de notre unité nationale et notre avancée sociale et economique

ABH - 11-11-2012 21:12

"depuis le 23 octobre, la légitimité électorale a vécu. Celle que vivons est une légitimité consensuelle.... De toute évidence, il a une volonté de la part d’Ennahdha de gagner du temps pour asseoir son pouvoir en contrôlant tous les rouages de l’Etat. " Mr Baccouche a certainement oublié que les élections étaient prévus par la CONSTITUTION 60 jours après la vacance du poste de chef de l'Etat alors que le gouvernement auquel il était membre a reporté les élection à deux reprises !!!

mahmoudi - 11-11-2012 23:32

Je ne peux qu'applaudir cette belle intiative ;en europe ;et précisement en FRANCE .L'IMAGE DE LA TUNISIE EST TRES TRES endommagee par certains qu on voit appele r a aljihad comme si les tunisiens sont des koffars et en presence de ministre alarayd et DILOU .cet imam est un illétré ;la religion musulmane est yousr et non ousr alors demanderv a des tunisiens de tuer des tunisiens c est de la folie.

Spectateur - 12-11-2012 07:22

L'article est trop triopmphaliste a mes yeux et est tombé ds la subjectivité par moment... Reste que Nidaa est un parti de bourgeois qui s'appuie sur la peur de la bourgeoisie (et la visite en France ds un hotel de luxe parisien de Sebssi n'aide pas defaire cette image...) Je ne crois pas que Nidaa réussira à rassembler au dela de quartier tels que Nassr, Marsa, Manar... hors le poids démographique de ces quartiers est faible (suffit de demander au PDP, Afa9 et ex PDM...)

tounesnalbaya - 12-11-2012 07:55

En avant NIDA TOUNES, les Tunisiens ne veulent plus entendre parler d'ENNAHDHA, il faut la balayer, nous sommes tous échaudés lors des dernières élections, la victoire est pour bientôt, il faut serrer les rangs, cette fois-ci on a pas le droit à l'erreur.

mahmoud Bédoui - 12-11-2012 09:10

Saluons très chaudement l'oeuvre géniale joliment offerte aux Tunisiens par la TAP et par "notre" télévision nationale dite "Watanya 1". Elles ont signalé que ce meeting a été fermement contesté par des opposants. L'honnêteté intellectuelle de ces deux biens, financés par l'argent du peuple, est à saluer et confirme les appréhensions de Taieb Baccouche quant à la mise des instances de l'Etat entre les griffes de Ennahdha. De couleur mauve il y a deux ans, les deux vieilles filles étaient devenues rouge révolutionnaire il y a quelques mois pour les voir virer au bleu nathadhoui digne de certains journalistes "obligés de gagner leur pain" dans la honte. En effet, j'étais présent pendant tout le meeting et les protestataires islamistes étaient une petite dizaine figée au mur comme des condamnés à être fusillés de l'autre côté de l'autoroute et justement fusillés par des photographes comme document de base. Saluons la protection fournit par les forces de la police tout en signalant que seuls les invités par carte ont eu l'autorisation d'accéder à l'hôtel, autrement ils auraient été des milliers.

Mohamed - 12-11-2012 09:10

On comprend mieux encore ce qu'est Nidaa Tounes!! qui finira par disparaitre à l'instar d'une illusion.. il faut vraiment croire et c'est ma propre conviction, Nidaa Tounes n'est malheureusement qu'un phénomène restreint dans le temps et dans l'espace; il est vite créée et vite il disparaitra!! juste faisons référence aux multiples expériences et exemples ici et là et partout dans le monde... il faut avoir des principes et une conviction et des idées politiques autour desquels il y aurait l'union!! mais créer une partie et chercher ultérieurement une communauté quand et comment!!? c'est vraiment ce qu'on appelle l'illusion vendue ou à vendre aux pauvres tunisiens partisans de ce Nidaa Tounès que notre chère Tunisie en est certainement innocente. Jamais notre Tounès ne fait appel à des personnes que l'histoire les a vraiment inculpé et que l'histoire en rendra bientôt son verdict

mahmoud Bédoui - 12-11-2012 09:18

Saluons très chaudement l'oeuvre géniale joliment offerte aux Tunisiens par la TAP et par "notre" télévision nationale dite "Watanya 1". Elles ont signalé que ce meeting a été fermement contesté par des opposants. L'honnêteté intellectuelle de ces deux biens, financés par l'argent du peuple, est à saluer et confirme les appréhensions de Taieb Baccouche quant à la mise des instances de l'Etat entre les griffes de Ennahdha. De couleur mauve il y a deux ans, les deux vieilles filles étaient devenues rouge révolutionnaire il y a quelques mois pour les voir virer au bleu nathaoui digne de certains journalistes "obligés de gagner leur pain" dans la honte. En effet, j'étais présent pendant tout le meeting et les protestataires islamistes étaient une petite dizaine figée au mur comme des condamnés à être "fusillés" de l'autre côté de l'autoroute par des photographes comme document de base. Saluons la protection fournit par les forces de la police tout en signalant que seuls les invités par carte ont eu l'autorisation d'accéder à l'hôtel, autrement ils auraient été des milliers.

marocain de tunis - 12-11-2012 09:40

voter nidaa chers tunisiens pour le bienfait du maghreb.......et oublier vite ce drame islamiste

Mhamed Hassine Fantar - 12-11-2012 09:46

Enfin de l'oxygène plein les poumons et la joie au coeur, la Tunisie,avec Nida Tounès, réinvente l'espoir. L'aube de jours meilleurs chasse la nuit où risque de sombrer l'Etat dûment reconstruit par Bourguiba qui, dans la mémoire et les coeur de tous les citoyens, hommes et femmes,reste, plus qu'un héros,un héritage et un projet d'authencité, de modernité, de liberté, d'égalité et de démocratie.Citoyens et citoyennes, la Tunisie vous appelle.

Riadh - 12-11-2012 11:11

Oui je comprend bien les inquiètudes d'ennahdha, de tous ce visages de l'ex RCD qui se sont cachés derrière ce Nideè Tounes RCD BIS, il veut renaitre des cendre le bourguibisme et le benalisme qui ont réprimé toute opposition pendant 56 ans de pouvoir

Mondher Belhadj - 12-11-2012 11:34

Sans doute Nida tounes va etre la meilleure alternative au fanatisme. Laisser Ennahdha se plonger dans ses erreurs. Il faudrait suivre une strategie cohérente et efficace pour rallier les forces vives du pays autour d'un programme economique concretisable et qui touche aux besoins des citoyens et des entreprises nationales et internationales. Un programme social qui defits les malicieux parmis les opposants á Nida Tounes. Une information en hauteur de l'evenement et du challenge electoral.

toumata merich - 12-11-2012 12:32

Pourquoi sommes-nous nombreux à adhérer à Nidaa Tounes? C'est pour retrouver des visages et des allures spécifiquement tunisiens. Ces barbes qui poussent à vue d'oeil, ces tenues afghhanes qui n'ont rien à voir avec notre culture nationale; c'est pour retrouver notre spécificité tunisienne qui n'a rien à voir avec celle qu'on veut nous imposer actuellement; c'est pour sauver les droits de la femme face à ces malades de plus en plus nombreux qui préconisent le mariage avec des fillettes dès l'âge de 7 ans (abou yahya), 12-13 ans jelassi bahri (sans majuscules) ce qui relève de la pédophilie et le mariage coutumier...car nous n'avons pas confiance en Ennahdha pour nous protéger de ces dérives ! Bien au contraire son double langage ne fait aucun doute quant à l'avenir sombre qu'elle nous réserve.

fathi - 12-11-2012 13:55

La force de Nida tounes provient du fait que le gouvernement ne fait rien pour arreter la corruption et les doubles mesures. Je ne comprends pas pourquoi le gouvernement ne recupere tous les biens spolies non pas seulement par la famille Ben ali mais aussi et surtout de ceux qui profite de l'ere BenAli et de leur l'origine de leurs fortunes. Il y a des mauvaises langues que certains grands responsables ne veulent pas toucher a leurs proches et aux corrompus de leur region alors de temps en temps on arrete des gens sans actefs (epaules)

KEC - 12-11-2012 16:34

Pourquoi ? Dans ce qui suit je vais tenter d’élaborer une réponse à cette question que je ne me suis pas vraiment posée lorsque j’ai pris la décision de m’engager politiquement tellement l’action était nécessaire et évidente. Mais depuis quelque temps on n’arrête pas de me poser la question et c’est un devoir d’y répondre. Plus d’une année s’était écoulée depuis janvier 2011, l’euphorie des libertés s’était métamorphosée en la déprime de l’anarchie, la force de la solidarité entre les citoyens avait viré vers la faiblesse de la division entre les mêmes individus et se frayait même un chemin vers le néant de la guerre. Bref, un sentiment de malaise m’avait gagné et je pouvais très bien voir que je n’étais pas la seule dans cette situation. Pour essayer de changer la donne il fallait certainement agir, tant qu’il est encore temps, tant qu’il est encore possible, tant que tous les verrous n’ont pas encore été serrés. Le mal venant principalement de l’évolution que connaît la vie politique, l’action se devait d’être menée sur ce terrain. Mais moi qui m’engage en politique pour les raisons qui sont les miennes et qui viennent de naître suite aux changements survenus dans le pays il fallait que je trouve un parti qui réponde à mes attentes et dont les fondements sont ceux qui m’ont poussés à agir. Les partis politiques déjà en place avec tout mon respect à leurs militants et à leur histoire ne pouvaient contenir mon militantisme naissant car je ne voyais pas comment cette greffe de besoins récents pouvait prendre sur un tronc vieux de quelque temps et fondé sur des principes en continuelle évolution certes mais différents à la base de ce que je veux défendre à savoir : une Tunisie libre sans être anarchique, une Tunisie moderne sans être déracinée, une Tunisie paisible sans être anéantie. C’est donc pour cette raison que le choix fut presque naturel de me diriger vers L’appel de la Tunisie ce parti qui s’est voulu rassembleur de toutes les forces démocrates, libres et intègres venants de tout bord pour sauver la Tunisie « et par égoïsme inné pour venir à l’aide à nous même ». J’entends déjà des voix qui me disent « La sauver de quoi au juste ? » La sauver d’une dictature au nom de l’idéologie.

hamadi, - 12-11-2012 18:58

Démocrates tunisiens unissez-vous contre le danger imminent qui guette la Tunisie.Les institutions tunisiennes sont en danger et parmi lesquelles l'Education Nationale.Le projet de Gannouchi frappera de plein fouet l'histoire éducative de notre pays en instaurant une vision wahabiste rétrograde.La civilisation arabo musulmane n'avait rien à voir avec cette réligion inventée en toute pièce et d'ailleurs le monde a changé et nous ne pouvons jamais revenir dans le passé.

zemzemi - 17-11-2012 17:33

Je vous rejoint pratiquement sur le fond de cette analyse, comment vous aller traduire celle ci sur le terrain pour passé le message au peuple tunisien dans son entièreté, sachant qu'aujourd'hui l'ignorence et l' illéttrisme gagne du terrain dans beaucoup de région de notre cher pays. Qui est propice à la manipulation à la course au pouvoir avec des paroles prometeuses soit d'un camp ou de l'autre. Le peuple tunisien n'a jamais connu la liberté dans le passé et j'ai l'impression qu'on utilise ce droit de liberté qui n'est vraiment pas encore acquis en Tunisie comme un coffre de promesse légitime pour convaincre le peuple. Ce qu'il manque pour rétablir la confiance et le respect du peuple envers le pouvoir c'est une figure charismatique et emblématique représentant et unifie avec toute la compsition du peuple tunisien avec un langage clair et compris par tous sans ambiguïté... Pour info., je suis un tunisien née en Belgique, mon instuction c'est faite en français c'est pour cela je m'exprime dans cette langue par défaut de grosse lacune écrit en arabe là commence la tolérence pour mieux communiquer sur des bases saines

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