News - 22.11.2018

40ème jour du décès de feu Abdessatar Mabkhout: Une cérémonie émouvante

40ème jour du décèsde feu AbdessatarMabkhout :Une cérémonie émouvante

A l’initiative louable de ses associés dePwC Tunisie,un vibrant hommage a été rendu au feu Abdessatar Mabkhout dans un hôtel des Berges du Lac en présence de ses associés, sa famille, ses confrères experts comptables et ses collègues universitaires, ainsi que ses amis de la société civile : artistes, journalistes, et responsables sportifs de l’Espérance Sportive de Tunis.
La cérémonie a débuté par la projection d’un court-métrage sur le parcours du défunt écrit par son frère cadet le doyen Chokri Mabkhout, réalisé par le confrère Rachid Tmar,suivi par de vibrants hommages de ses associés, confrères,collègues de l’enseignement, artistes,et responsables sportifs.
Tous ceux qui se sont succédé sur le podium ont fait part à l’adresse de l’assistance de témoignages aussi émouvants les uns que les autres. Les uns se sont attardés sur ses qualités humaines et /ou professionnelles, d’autres ont mis l’accent sur ses nombreuses réalisations en faveur de la profession comptable, de l’enseignement universitaire ou de la société civile.
Le mot d’hommage du cœur donné par son Ami de classe et associé d’une vie de plus que 45 ans, Abderrahmen FENDRI, résume quelques-unes de ces qualités et réalisations.

Parti trop tôt

Abdessatar,

Je sais que tu es présent parmi nous, dans cette salle que tu connais et qui te connait puisque tu y as animé je ne sais combien de séminaires de formation.

Je sais que tu es heureux de voir ta famille, tes amis, tes confrères, tes étudiants, tes clients, tes collaborateurs et tes associés, tous réunis pour te témoigner leur amour.

Je sais que tu leur dis merci et que, toi aussi tu les aimes.

Je sais que tu dois me reprocher le fait d’avoir oublié d’inviter tous ceux qui t’aiment et que tu aurais aimé retrouver, aujourd’hui, ici présents, ce n’est pas de ma faute, tu as tellement de gens qui t’aiment et de gens que tu aimes qu’aucun espace n’aurait été suffisant pour les contenir.

Je sais que tu es maintenant dans un monde meilleur où tu n’as plus de rapports à relire, de longues réunions à tenir, de cours à donner et de problèmes à résoudre. Mais, ne trouves-tu pas que tu es parti trop tôt ?

Pourquoi as-tu décidé de zapper ta retraite, pourtant bien méritée, après tant d’années de labeur ?

Pourquoi as-tu décidé de nous priver du privilège de continuer à profiter de ta bonne humeur, de tes idées géniales et novatrices et de tes réflexions provoquantes maisprofondes ?

Tu aurais dû prévenir tes collaborateurs de ta retraite subite pour qu’ils s’apprêtent à la lourde responsabilité de te suppléer, même si tu es, de l’avis de tous, irremplaçable. Tu les as laissés, tels des orphelins, dépourvus de l’assurance que tu leur donnais par ta touche critique et tes directives pertinentes. N’avions-nous pas convenu que tu continueras, même après ta retraite, de diriger notre ligne de service baptisée CMAAS (Capital Market and AccountingAdvisory Services) ?

Tu aurais dû, au moins, achever la revue de ton Memento des IFRS qui sera publié, comme tu l’as planifié, en 2019.

Tu aurais dû retarder l’échéance pour voir ton club de foot réaliser ton rêve. D’ailleurs nombreux de tes amis, ont eu une pensée pour toi et te dédient la victoire de l’Espérance.

Tu aurais dû résister davantage pour vivre le centenaire de ton Club, événement que tu as commencé à préparer depuis une dizaine d’années.

La mort nous est écrite ; mais la tienne nous a pris, tous, de court.

Je te rends responsable de ton départ prématuré parce que, avec le recul, je me rends compte que ce départ tu l’as prédit voire préparé.

Alors que tu étais encore en bonne santé, tu as mis de l’ordre dans tes affaires, tu as régularisé toutes les questions qui étaient pendantes.

Alors que nous n’avions pas l’habitude d’exprimer les sentiments d’amitié que nous vouons l’un envers l’autre, tu t’es mis durant tes derniers mois à me gratifier de déclarations sincères de tes sentiments envers moi.

Je réagissais de manière brève et concise. C’est peut-être, ou plutôt sûrement, parce que je ne voulais pas comprendre ce que tu insinuais Je sais que tu sais que notre amitié qui a duré 45 ans n’a jamais été égratignée tant durant notre vie estudiantine que durant notre association professionnelle (qui a duré pendant 35 ans) en passant par notre période de stage professionnel avec notre maître de stage Si Rached.

Si j’oublie, je n’oublierai jamais nos rires et délires, je n’oublierai jamais les mois pendant lesquels nous nous sommes enfermés chez-moi pour préparer notre examen de révision comptable.

Tu m’as fait lire et à haute voix, comme on lit un roman, Stettler, le memento comptable et Montgomery’sauditing, 3 briques de plus de 1000 pages chacun : des ouvrages faits pour être consultés, comme un dictionnaire, pour chercher une réponse à une question particulière.

Je n’oublierai jamais les moments difficiles par lesquels notre bureau est passé, comme je n’oublierai jamais les nombreuses réussites que nous avons réalisées.

Nos réalisations communes n’auraient jamais été possibles si nous n’étions pas amis et solidaires.

Je te promets de continuer à défendre les mêmes valeurs que nous partagions, même si le combat n’aura pas pour moi, le même goût ; il me sera difficile, à mon âge, d’apprendre à mener, sans toi, les combats que nous menions ensemble.

Que Dieu te bénisse Abdessatar, tu manqueras à ta famille, à l’université, à la profession, à la société civile, à tous ceux qui t’ont aimé et particulièrement à ton ami de toujours AF comme tu voulais toujours m’appeler.

Adieu l’Ami Paix à ton âme.

Abderrahmen Fendri
PwC Tunisie

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