News - 19.02.2016

Béchir Ben Yedder: Tout commence par le café…

Béchir Ben Yedder: Tout commence par le café…

Le jeune lycéen converti en vendeur qui, fin des années 1940, arpentait les ruelles de Tunis pour acheminer aux cafetiers et épiciers leurs commandes en café, a fini par se hisser avec son frère à la tête d’un des plus grands groupes d’affaires tunisiens.  Béchir Ben Yedder, qui vient de s’éteindre à l’âge de 84 ans, a non seulement perpétué une longue tradition familiale, mais a aussi contribué à lui ouvrir de larges horizons. La création de l’Amen Group,  devenu aujourd’hui un acteur significatif dans le paysage économique, regroupe plusieurs secteurs d’activité allant de l’agroalimentaire à la finance, en passant par l’assurance, la santé, les engins et biens d’équipement, l’hôtellerie…

Sous la férule des deux frères, Béchir et Rachid Ben Yedder, des pépites  se transforment en icônes: qu’il s’agisse  des cafés Ben Yedder et Bondin, d’Amen Bank, de Tunisie Leasing, des assurances Comar et Hayett, des cliniques Amen, des Etablissements Parenin et Ennakl Automobiles, de la confiserie, de l’oléiculture, des activités agricoles et hôtelières, et autres filiales.

«De leur arrière-grand-père, Haj Mhamed, à leur père Brahim, ils transmettent à la quatrième génération, aujourd’hui aux commandes, plus que des entreprises performantes: des valeurs d’éthique, de professionnalisme, de collégialité, de responsabilité, de transparence et de bonne gouvernance», témoigne à Leaders un proche de la famille.

A la fin du XIXe siècle, Haj Mhamed Ben Yedder, a quitté Djerba pour le centre-ville naissant de la capitale, rue de Normandie, où il ouvre une épicerie dotée d’une unité artisanale de torréfaction de café. Il ne savait pas alors que la marque familiale Cafés Ben Yedder, qu’il venait de créer, allait prospérer jusqu’à devenir la pierre angulaire d’un des fleurons économiques de la Tunisie. Le déménagement, rue de La Valette, derrière le Marché central, élargira sa zone de chalandise.

 Brahim Ben Yedder, encore tout jeune, vient en appui. C’est ainsi que débute le développement de l’entreprise familiale.
 La saga sera rapide.

Acquisition en 1957 de la Grande Fabrique de Confiserie Orientale (GFCO) créée en 1938, puis des Cafés Bondin en 1964, le Comptoir Foncier et Commercial de Tunisie (CFCT), en 1971, transformé en Amen Bank, les Assurances Comar, en 1973, Parenin, en 1977...

HEC Midoun!

Après la naissance de Béchir, le 1er mars 1931, dans le village insulaire ancestral de Midoun, la famille s’installera à Tunis où il deviendra l’aîné de deux autres enfants: Saïda et Rachid, nés chacun à deux ans d’intervalle.

Il fréquentera alors le Collège Sadiki à Tunis, mais impatient de rejoindre l’entreprise familiale, il préfèrera commencer à travailler sur-le-champ. «Qu’à cela ne tienne, lui dira son père, pour  apprendre le métier, il faudra commencer au bas de l’échelle!». Quand on lui demande son cursus de formation, il répond amusé: «HEC Midoun!» Et elle s’est avérée être une grande école.

Le premier métier de Béchir Ben Yedder sera celui de chauffeur-livreur. Son père voulait le mettre en contact direct avec les clients, lui faire connaître les circuits de distribution et surtout les attentes du marché. Pratique qu’il  adorera et dont il fera  une habitude qu’il conservera: prendre une commande de café, de «halwa chamia», de confiserie, ou d’un bidon d’huile auprès de son ami épicier, lui faisait toujours plaisir; encore plus, lorsqu’il allait la remettre en mains propres. Le contact humain ainsi que le sens du commerce étaient dans ses gènes. Blagueur, rieur, humble, toujours de bonne humeur,  il était d’un contact fort agréable. Il s’investissait quasi-totalement à son travail dont il se soustrayait parfois pour s’adonner à son sport favori, le volleyball, et à ses deux grandes passions, le dessin et la photographie.

Les deux frères Béchir et Rachid étaient inséparables, fusionnels et consensuels. Ils ont aussi su s’entourer de personnes compétentes et intègres. Leur groupe est solidement structuré grâce à une gouvernance transparente et efficace. C’est le secret de leur réussite. En nous quittant, Béchir Ben Yedder laisse à tous un souvenir indélébile et à sa famille, un grand vide.

T.H.

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2 Commentaires
Les Commentaires
BOURGUIBA NABIL - 23-08-2016 21:11

Allah yerhmou , je voulais juste ajouter que la famille Ben Yedder , en l'occurnce Si Brahim et ses deux fils étaient de fervents supporters de l'Esperance Sportive de Tunis. Leur aide matérielle à l'Equipe tunisoise était très significative et très importante .

ben djemia moez - 08-09-2016 20:36

Allah yarhmou c était un grand homme mais désolé quand on parle de l histoire de quelqu'un décédée svp ne masque pas la vérité peut être je ne fait pas partie de la famille ben yedder mais je connais personnellement le vrai fondateurs a qui doivent ces fils et ces petits immenses fortune qu ils ont aujourd'hui ce grand homme n'est autre que mr BRAHIM ben yedder qui a commencé a l âge de 5 ans quand ces parents l on envoyer a tunis pour travailler comme le faisait la plupart des djerbiens avant ils nous raconter tous ces souffrances et ces desaroua allah yarhmou lui c était un grand combattants

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