Hommage à ... - 02.02.2010

Dr Slah Gharbi

Il y a 40 jours, disparaissait le Dr Slaheddine Gharbi, ancien chef du service de chirurgie à l'hôpital Ferhat Hached et ancien professeur à la faculté de Médecine de Sousse. Au moment où "sa" faculté s'apprête à commémorer son souvenir, samedi 6 février sous la présidence du Pr Néjib Mrizak, nous publions ci-après le CV du défunt qui nous été remis par son fils, M. Rafik Gharbi. Il a été rédigé par le Dr Gharbi lui-même, en 1976, dans un style autobiographique. Le document est particulièrement éclairant sur ses débuts dans la carrière médicale après son retour de Paris, de même qu'il constitue un témoignage intéressant sur la médecine hospitalière dans notre pays au lendemain de l'indépendance et le rôle de premier plan joué par une poignée de jeunes médecins tunisiens frais émoulus des facultés de médecine françaises, vers la fin des années 50 pour assurer la relève de leurs confrères étrangers et jeter les bases d'une médecine au service du peuple.

Né en 1932 j’effectuais mes études secondaires au collège SADIKI et j’obtenais le Baccalauréat Philo- lettres en 1949-1950.

Malgré cette option primitive pour les lettres, l’attrait des sciences et en particulier de la biologie m’orientait vers les études médicales.

Ces études, commencées par le P.C.B à Tunis en 1950-1951 furent poursuivies à la Faculté de Médecine de Paris de 1952 à 1959. Durant ces études, les disciplines chirurgicales fixèrent mon intérêt par ce qu’elles impliquaient d’engagement personnel, de rigueur, de vigilance, de symbiose entre les démarches intellectuelles et les activités manuelles ; caractères qui me paraissaient constituer une excellente école apte à stimuler des facultés potentielles et à ordonner des élans indisciplinés.
C’est pourquoi, de retour en Tunisie en Juillet 1959, j’optais sans hésiter pour la formation chirurgicale et j’entrais comme interne en chirurgie à l’Hôpital Sadiki, d’abord en Urologie dans le service du Dr Cohen, puis en chirurgie, dans le service du Dr Boulakia.

L’absence d’assistants dans ce service était largement compensée par la présence d’internes plus âgés, animés d’un esprit excellent et qui ont guidé mes premiers pas avec une grande sollicitude et une grande patience.

Cet internat se poursuivit à l’Hôpital Ernest Conseil, dans le même service jusqu’en Octobre 1964.

La Formation reçue au cours de cette période était essentiellement axée sur la chirurgie générale mais également orientée dans des proportions variables vers la traumatologie, la chirurgie pulmonaire, la chirurgie gynécologique.

Une place privilégiée était réservée à la chirurgie digestive moderne dans la pratique de laquelle j’ai pu apprécier le soin apporté aux indications thérapeutiques, à la minutie des gestes, l’assiduité et la vigilance de la surveillance post opératoire.

Ma participation à la chirurgie traumatologique et à la chirurgie pulmonaire m’a appris l’importance du respect des règles de base, nécessaires à l’exercice de ces activités, dans les limites de la sécurité, par un chirurgien non spécialisé, compte tenu de l’insuffisance de l’infrastructure de l’époque.

La Photologie biliaire, riche et variée, avait particulièrement retenu mon attention et j’avais réuni avec mon chef de service 9 observations de fistules bilio-digestives lithiasiques dont 7 avaient fait l’objet de ma thèse intitulée « A Propos de quelques observations de fistules bilio-digestives lithiasiques ». Cette thèse a été soutenue devant la Faculté de Médecine de Paris en Février 1962 sous la présidence de M. le Professeur Patel.

Devenu Assistant à la suite du concours d’octobre 1964 Mr Said Mestiri m’accueillit dans son service de l’hôpital Habib Thameur. J’y trouvais une équipe d’assistants de ma promotion et une atmosphère de travail particulièrement stimulante. Guidés et encouragés par Mr le Dr Mestiri, nous nous étions répartis les tâches et chacun de nous s’attacha à promouvoir ses connaissances et ses aptitudes, à en faire bénéficier l’ensemble de l’équipe et à justifier la confiance qui a été placée en nous.

Je garde de cette période le meilleur des souvenirs et je considère que c’est à partir de cette expérience que j’ai éprouvé le sentiment d’avoir véritablement exercé mes responsabilités de chirurgien.

Durant l’année 1965 je fus affecté à l’Hôpital Ernest conseil dans un service de chirurgie, désorganisé, qui fut, l’année suivante réunifié et réorganisé par Mr le Dr Mestiri que je retrouvais et que j’assistais sans réserve dans cette tâche nouvelle.

Je retrouvais également le souci de l’esprit d’équipe, l’encouragement et la stimulation au travail personnel.

Au cours de cette deuxième partie de mon assistanat je fus initié à la chirurgie de l’hypertension portale, à la chirurgie pulmonaire difficile, à la chirurgie du pancréas, à la chirurgie du foie.

Le goût du travail théorique inculqué au cours de ces quatre années d’assistanat me permit de préparer le concours de chirurgicat des Hôpitaux de Tunisie que je passais en Mars 1968.

Devenu chirurgien des Hôpitaux et sollicité pour prendre en charge un service, je fus contraint de quitter le service de M.Mestiri.

C’est ainsi que mon choix se fixa sur le service de chirurgie de l’hôpital Principal Farhat Hached à Sousse.

L’inexpérience, la transplantation, la difficulté des conditions de travail qui prévalait dans cet hôpital me firent hésiter quelque peu, mais le choix identique de l’un de mes camarades chirurgien, issu du même concours permit de constituer une petite équipe et atténua mes appréhensions.

Je pris ainsi en Mai 1968 mes fonctions de Chef de service de chirurgie à plein temps à l’hôpital Farhat Hached.

Là je découvris ce que je ne pouvais prévoir avec exactitude : de l’ampleur des difficultés posées par les besoins sanitaires d’une région très peuplée à un hôpital dont les structures et les moyens tant humains que matériels étaient largement submergés.

En effet il s’agissait d’un service de chirurgie pluridisciplinaire d’une capacité de 220 lits desservant une population de l’ordre de 1 200 000 Habitants.

L’effectif médical était représenté par 4 chirurgiens contractuels étrangers et un chirurgien tunisien.

Les équipements et les possibilités budgétaires étaient particulièrement déficients.

Par ailleurs la radiologie se résumait en une salle pourvue d’un appareil vétuste.

Le Laboratoire était squelettique et la banque de sang ne collectait pas plus de 300 flacons par an.

Le premier conctat avec ces réalités décourageantes m’avait montré à quel point, la tâche de redressement entreprise, pouvait être comprise, n’était la certitude que je pouvais à tout moment partager le poids des responsabilités avec mon coéquifier et ami, le Dr M.Farhat qui a choisi d’entreprendre avec moi et avec son esprit de pionnier cette tâche passionnante.

Les premières années d’exercice dans ces conditions furent particulièrement difficiles mais assez rapidement nos efforts furent récompensés par l’afflux progressif de jeunes internes coopérants et Tunisiens qui sont venus nous aider dans la réalisation de nos objectifs mais également nous inciter à prendre en charge leur formation.

Ce résultat a eu également un effet bénéfique sur d’autres services et a encouragé l’installation d’un certain nombre de confrères dans l’établissement.

En ce qui concerne les activités du service, la chirurgie générale et digestive en particulier, d’une certaine importance, considérée au début comme une aventure est devenue aujourd’hui de pratique courante.

La chirurgie urologique, très approximative, est maintenant assurée par un urologue compétent.

La chirurgie traumatologique pratiquement inexistante s’est considérablement développée.

La chirurgie Orthopédique et la chirurgie pulmonaire, inexistantes ont été introduites et connaissent un développement important.

Enfin le post opératoire et la réanimation ont été installés dans des locaux convenables et rendent des services appréciables.

Ainsi, au bout de huit années d’exercice, ces réalisations ont amené l’extension de l’équipe médicale qui compte actuellement les médecins suivants en grande majorité tunisiens : 2 chefs de service, l’un orienté plutôt vers la chirurgie osseuse, l’autre plutôt vers la chirurgie abdominale et thoracique- 10 assistants de diverses disciplines- 6 résidents- 7 internes.

Cette amélioration de la situation du service a abouti à un déséquilibre entre les possibilités et les besoins des nouveaux découlant du développement de l’équipe médicale. Si bien que l’extension des locaux et de l’individualisation des disciplines deviennent des nécessités urgentes.

Par contre, la situation des hôpitaux de la région du centre n’a guère évolué et ceci nous a amenés dans un premier temps à prendre en charge le service de chirurgie de l’hôpital de Monastir dans lequel une équipe animée par un de nos assistants exerce, en relation avec nous, depuis quelques mois et rend à notre sens des services certains.

Enfin c’est dans ce contexte, qu’en 1974 et d’une façon pour ainsi dire inopinée, une faculté de Médecine s’installe à Sousse et apporte des perspectives nouvelles aux structures hospitalières dans lesquelles se déroule notre activité.

Né en 1932 j’effectuais mes études secondaires au collège SADIKI et j’obtenais le Baccalauréat Philo- lettres en 1949-1950.

Malgré cette option primitive pour les lettres, l’attrait des sciences et en particulier de la biologie m’orientait vers les études médicales.

Ces études, commencées par le P.C.B à Tunis en 1950-1951 furent poursuivies à la Faculté de Médecine de Paris de 1952 à 1959. Durant ces études, les disciplines chirurgicales fixèrent mon intérêt par ce qu’elles impliquaient d’engagement personnel, de rigueur, de vigilance, de symbiose entre les démarches intellectuelles et les activités manuelles ; caractères qui me paraissaient constituer une excellente école apte à stimuler des facultés potentielles et à ordonner des élans indisciplinés.
C’est pourquoi, de retour en Tunisie en Juillet 1959, j’optais sans hésiter pour la formation chirurgicale et j’entrais comme interne en chirurgie à l’Hôpital Sadiki, d’abord en Urologie dans le service du Dr Cohen, puis en chirurgie, dans le service du Dr Boulakia.

L’absence d’assistants dans ce service était largement compensée par la présence d’internes plus âgés, animés d’un esprit excellent et qui ont guidé mes premiers pas avec une grande sollicitude et une grande patience.

Cet internat se poursuivit à l’Hôpital Ernest conseil, dans le même service jusqu’en Octobre 1964.

La Formation reçue au cours de cette période était essentiellement axée sur la chirurgie générale mais également orientée dans des proportions variables vers la traumatologie, la chirurgie pulmonaire, la chirurgie gynécologique.

Une place privilégiée était réservée à la chirurgie digestive moderne dans la pratique de laquelle j’ai pu apprécier le soin apporté aux indications thérapeutiques, à la minutie des gestes, l’assiduité et la vigilance de la surveillance post opératoire.

Ma participation à la chirurgie traumatologique et à la chirurgie pulmonaire m’a appris l’importance du respect des règles de base, nécessaires à l’exercice de ces activités, dans les limites de la sécurité, par un chirurgien non spécialisé, compte tenu de l’insuffisance de l’infrastructure de l’époque.

La Photologie biliaire, riche et variée, avait particulièrement retenu mon attention et j’avais réuni avec mon chef de service 9 observations de fistules bilio-digestives lithiasiques dont 7 avaient fait l’objet de ma thèse intitulée « A Propos de quelques observations de fistules bilio-digestives lithiasiques ». Cette thèse a été soutenue devant la Faculté de Médecine de Paris en Février 1962 sous la présidence de Mr le Professeur Patel.

Devenu Assistant à la suite du concours d’octobre 1964 Mr Said Mestiri m’accueillit dans son service de l’hôpital Habib Thameur. J’y trouvais une équipe d’assistants de ma promotion et une atmosphère de travail particulièrement stimulante. Guidés et encouragés par Mr le Dr Mestiri, nous nous étions répartis les tâches et chacun de nous s’attacha à promouvoir ses connaissances et ses aptitudes, à en faire bénéficier l’ensemble de l’équipe et à justifier la confiance qui a été placée en nous.

Je garde de cette période le meilleur des souvenirs et je considère que c’est à partir de cette expérience que j’ai éprouvé le sentiment d’avoir véritablement exercé mes responsabilités de chirurgien.

Durant l’année 1965 je fus affecté à l’Hôpital Ernest conseil dans un service de chirurgie, désorganisé, qui fut, l’année suivante réunifié et réorganisé par Mr le Dr Mestiri que je retrouvais et que j’assistais sans réserve dans cette tâche nouvelle.

Je retrouvais également le souci de l’esprit d’équipe, l’encouragement et la stimulation au travail personnel.

Au cours de cette deuxième partie de mon assistanat je fus initié à la chirurgie de l’hypertension portale, à la chirurgie pulmonaire difficile, à la chirurgie du pancréas, à la chirurgie du foie.

Le goût du travail théorique inculqué au cours de ces quatre années d’assistanat me permit de préparer le concours de chirurgicat des Hôpitaux de Tunisie que je passais en Mars 1968.

Devenu chirurgien des Hôpitaux et sollicitée de prendre en charge un service je fus contraint de quitter le service de Mr Mestiri.

C’est ainsi que mon choix se fixa sur le service de chirurgie de l’hôpital Principal Farhat Hached à Sousse.

L’inexpérience, la transplantation, la difficulté des conditions de travail qui prévalait dans cet hôpital me firent hésiter quelque peu, mais le choix identique de l’un de mes camarades chirurgien, issu du même concours permit de constituer une petite équipe et atténua mes appréhensions.

Je pris ainsi en Mai 1968 mes fonctions de Chef de service de chirurgie à plein temps à l’hôpital Farhat Hached.

Là je découvris ce que je ne pouvais prévoir avec exactitude : de l’ampleur des difficultés posées par les besoins sanitaires d’une région très peuplée à un hôpital dont les structures et les moyens tant humains que matériels étaient largement submergés.

En effet il s’agissait d’un service de chirurgie pluridisciplinaire d’une capacité de 220 lits desservant une population de l’ordre de 1 200 000 Habitants.

L’effectif médical était représenté par 4 chirurgiens contractuels étrangers et un chirurgien tunisien.

Les équipements et les possibilités budgétaires étaient particulièrement déficients.

Par ailleurs la radiologie se résumait en une salle pourvue d’un appareil vétuste.

Le Laboratoire était squelettique et la banque de sang ne collectait pas plus de 300 flacons par an.

Le premier conctat avec ces réalités décourageantes m’avait montré à quel point, la tâche de redressement entreprise, pouvait être comprise, n’était la certitude que je pouvais à tout moment partager le poids des responsabilités avec mon coéquifier et ami, le Dr M.Farhat qui a choisi d’entreprendre avec moi et avec son esprit de pionnier cette tâche passionnante.

Les premières années d’exercice dans ces conditions furent particulièrement difficiles mais assez rapidement nos efforts furent récompensés par l’afflux progressif de jeunes internes coopérants et Tunisiens qui sont venus nous aider dans la réalisation de nos objectifs mais également nous inciter à prendre en charge leur formation.

Ce résultat a eu également un effet bénéfique sur d’autres services et a encouragé l’installation d’un certain nombre de confrères dans l’établissement.

En ce qui concerne les activités du service, la chirurgie générale et digestive en particulier, d’une certaine importance, considérée au début comme une aventure est devenue aujourd’hui de pratique courante.

La chirurgie urologique, très approximative, est maintenant assurée par un urologue compétent.

La chirurgie traumatologique pratiquement inexistante s’est considérablement développée.

La chirurgie Orthopédique et la chirurgie pulmonaire, inexistantes ont été introduites et connaissent un développement important.

Enfin le post opératoire et la réanimation ont été installés dans des locaux convenables et rendent des services appréciables.

Ainsi, au bout de huit années d’exercice, ces réalisations ont amené l’extension de l’équipe médicale qui compte actuellement les médecins suivants en grande majorité tunisiens : 2 chefs de service, l’un orienté plutôt vers la chirurgie osseuse, l’autre plutôt vers la chirurgie abdominale et thoracique- 10 assistants de diverses disciplines- 6 résidents- 7 internes.

Cette amélioration de la situation du service a abouti à un déséquilibre entre les possibilités et les besoins des nouveaux découlant du développement de l’équipe médicale. Si bien que l’extension des locaux et de l’individualisation des disciplines deviennent des nécessités urgentes.

Par contre la situation des hôpitaux de la région du centre n’a guère évolué et ceci nous a amenés dans un premier temps à prendre en charge le service de chirurgie de l’hôpital de Monastir dans lequel une équipe animée par un de nos assistants exerce, en relation avec nous, depuis quelques mois et rend à notre sens des services certains.

Enfin c’est dans ce contexte, qu’en 1974 et d’une façon pour ainsi dire inopinée, une faculté de Médecine s’installe à Sousse et apporte des perspectives nouvelles aux structures hospitalières dans les quelles se déroule notre activité.

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