News - 11.07.2026

Comment la Tunisie a éclairé ses côtes pour sécuriser la navigation en Méditerranée

Comment la Tunisie a éclairé ses côtes pour sécuriser la navigation en Méditerranée

Les côtes de la Tunisie s’étendent sur 770 milles, soit une longueur comparable à celle des côtes françaises de Méditerranée, Corse comprise, et elles présentent beaucoup d’aspects géomorphologiques similaires.

Le littoral comprend deux parties bien distinctes : la côte Nord est accore et saine et les fonds navigables sont à de très petites distances du rivage. Les roches Fratelli à 2 milles au large entre les caps Serrat et Angela, et le double groupe d’écueils des Sorrelles et de la Galite à 25 milles des côtes présentent les seuls réels dangers pour la navigation. La côte orientale, en revanche, est beaucoup plus dangereuse après le cap Guardia l’actuel Ras el Blat et Bizerte. Outre le fait qu’elle englobe la plupart des ports (Bizerte, Tunis et La Goulette, Sousse, Monastir, Mahdia, Sfax et Gabès), elle est flanquée au large de plusieurs écueils bas et de bancs sableux changeants, encore plus redoutables: les îles Cani, prolongées par une dangereuse chaussée sous-marine, l’île Plane à la pointe Farina, les îles Zembra et Zembretta dans le golfe de Tunis, la grande île de Kuriat devant Monastir, les îles et le banc de Kerkennah en avant de Sfax et enfin l’île de Djerba. Après le Ras Zira, la côte devient beaucoup plus saine devant la Tripolitaine (Rouville, 1933: 202).Avant l’établissement du protectorat, les côtes de ce pays sont signalées par un balisage et un éclairage rudimentaires et disséminés. En 1835, il existe un amer sur la plus méridionale des îles Kerkennah, dont «il est prudent de se tenir très éloigné» (Coulier, 1835 : 212-213), une tour de signaux érigée sur le Cap Bon et un fanal à l’entrée du port de La Goulette. Constitués avec des moyens très disparates, quelques feux sont ensuite offerts par les grandes puissances maritimes au gouvernement beylical.

Un premier phare lenticulaire de quatrième ordre à éclat toutes les trois minutes est allumé dès 1840 à Sidi Bou Saïd, ou cap Carthage, avec une optique donnée par la France. Quelques années plus tard, un cadeau du même type permet d’éclairer l’entrée du port de La Goulette avec un petit feu fixe, mais il est «mal entretenu et n’a qu’une portée de 6 milles sur l’horizon» (Coulier 1853 : 182). Après l’échouage du Spartan, le 5 juillet 1856, le gouvernement britannique demande au Bey la construction d’un phare sur les îles du Grand ou du Petit Cani. Il est érigé en 1860. Un autre est construit au Cap Bon en 1875. Tous les deux sont équipés avec d’anciens appareils fabriqués par la firme anglaise Chance et offerts par la Grande-Bretagne. En 1877, les services maritimes du Bey s’engagent à construire deux tours sur la Galite et l’île Plane si la France leur offre les appareils, mais cet accord ne sera réalisé que dix ans plus tard. Dès l’établissement du protectorat, la marine française revient à la charge et réclame la construction de quatre fanaux de ports et de deux phares, l’un toujours sur le Galiton et l’autre sur les Kerkennah (Girard, 1882 : 190).

 

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