Décès d’Ali Zouari, l’historien qui a dédié sa vie et son œuvre à Sfax
C’est une véritable référence historique et scientifique qui nous quitte avec le décès dimanche 21 juin 2026 à Tunis, de l’historien Ali Zouari, à près de 90 ans. Sa rigueur est légendaire, tout comme sa passion pour le décryptage de l’histoire de sa ville natale de Sfax. Il s’y consacrera, sans relâche.
Ses obsèques auront lieu ce lundi 22 juin 2026, au cimetière Al Jallaz, après la prière d’El Asr, annonce sa famille.
Tour-à-tour, Ali Zouari enchainera une licence en histoire, commencera une carrière de professeur de l’enseignement secondaire, et poursuivra ses études de troisième cycle en France, jusqu’à l’obtention du doctorat. Ali Zouari rejoindra l’Institut national du patrimoine et fera partie de la première équipe, avec Si Mohamed Fendri, chargée de réhabiliter Dar Jellouli, prestigieuse résidence du Caïd Jellouli, dans la médina de Sfax pour en faire un musée des arts et traditions populaires. La réussite sera totale au grand émerveillement des Sfaxiens et des visiteurs de la ville.
Au premier étage, Ali Zouari installera son bureau, un véritable cabinet de manuscrits et de documents précieux. Ce sera son antre où il s’échinera du matin au soir à décrypter les textes, les établir, les confronter les uns aux autres et en reconstituer le récit d’une ville et d’une société.
De la préservation du patrimoine de la ville et de la région, Ali Zouari fera sa mission. C’est lui qui montera au créneau quand il s’agira de restaurer les remparts, la grande mosquée et autres monuments. Tous lui font confiance et reconnaissent compétence.
Si une grande partie de sa journée était remplie par des tâches de supervision des travaux, et de plaidoyer auprès des autorités régionales et de l’Institut, il se concentrera le reste du temps, c’est-à-dire jusqu’à tard dans la nuit à l’analyse des textes, à la rédaction d’articles pour des revues spécialisés et la publication d’ouvrages qui feront référence. Son livre intitulé « Sfax aux XVIII et XIXème siècles, Chronique d’une ville méditerranéenne », de plus de 470 pages, connaîtra une très large audience.
Respectueux des multiples apports de ses prédécesseurs, Ali Zouari a voulu y ajouter une note scientifique, utilisant une méthodologie structurée, répondant aux nouvelles normes des sciences de l’histoire. Il plongera dans les fonds documentaires tunisiens et les archives nationales, et ira de bibliothèque en bibliothèque, en France, en Egypte, en Turquie et ailleurs, en quête de documents inédits. Il parviendra à identifier des pépites qui nourriront ses récits. Ses publications éclaireront tant les spécialistes que les amoureux de l’histoire de Sfax. Une œuvre immense, doublée par une grande discrétion et un total dévouement à cette noble cause.
الله يرحمو
- Ecrire un commentaire
- Commenter