Espagne-Argentine 1-0 ap : Un champion valeureux, un finaliste absent
Par Mohamed Kilani
Espagne-Argentine 1-0 ap
Stade: MetLife Stadium (New York)
Spectateurs: 80 000
Arbitre: Slavko Vincic ( Slovénie)
Espagne: Unai Simón, Porro, Cucurella, Cubarsí, Laporte, Rodri, Fabián Ruiz (Pedri, 62’), Baena (Merino 75’), Olmo (Williams 75’), Yamal, Oyarzabal (Torres, 62’), Entr. : Luis de la Fuente
Argentine: Emiliano Martínez, Montiel (Molina, 58’), Tagliafico, Romero (Simeone 71’), Lisandro Martínez (Otamendi, 44’), De Paul (Morena71’) Fernández, Mac Allister, González (Parades 46’), Álvarez (Senesi 102’), Messi. Entr.: Lionel Scaloni
But: Ferran Torres 106’) pour l’Espagne
Avertissements: Lisandro Martínez, Paredes, Fernandez (Argentine)
Expulsion: Fernandez (Argentine)
L'intérêt pour cette finale a été sans précédent. Que l'on soit d'un bord ou de l'autre, une évidence est là: la victoire avait un symbole qui dépassait le sport. La géopolitique en toile de fond, le match se présentait donc pour les joueurs comme une mission qui fait appel aux ressources mentales exceptionnelles sans perdre la maîtrise de soi.
L'Argentine entendait conserver son trophée tout en tirant profit d'un produit purement espagnol, nommé Messi. Elle entendait aussi rééditer l’exploit du Brésil qui remonte à 1962 quand il a remporté une deuxième Coupe du monde successive. L'Espagne cherchait de son côté un deuxième trophée, après celui de 2010, pour couronner une génération aux qualités exceptionnelles et sur une courbe encore ascendante.
Dès l’entame du match, les deux équipes ont annoncé la couleur, le premier combat étant d’ordre psychologique pour exercer l’ascendant. Et c’est à Yamal qu’a échoué la première opportunité dans les six mètres, mais Martinez veillait malgré la déviation de son partenaire (4’). Une occasion qui mit en confiance les Ibériques où Rodri se distingua par sa maestria et son abattage. Les Argentins, dominés, font recours à la brutalité, bénéficiant de la tolérance de l’arbitre Vincic. En vingt minutes, le jeu n’a pas atteint le niveau attendu, et Messi ne put trouver l’occasion pour opérer. En face l’Espagne maitrise la situation sans créer d’occasions franches en dehors de celle offerte à Oyarzabal dont le tir n’est pas puissant (39’), et celle de Cucurella, avec son tir légèrement à côté (43’). Les velléités argentines étant très timides, la mi-temps intervient avec plein d’interrogations sur les dispositions des uns et des autres à honorer la finale et justifier leur statut.
La reprise intervient après une pause exceptionnelle de trente minutes, ce qui constitue une innovation pour satisfaire l’égo et les intérêts des Américains qui profitent encore de la soumission aveugle d’Infantino. Le jeu s’en est trouvé animé et Baena, récupérant une balle perdue, a failli battre Martinez (46’). L’Espagne maintient sa pression et crée deux alertes sérieuses ( 52’, 54’). Olmo, de son côté est) deux doigts de conclure un mouvement collectif (65’). A la pause fraicheur, les supporters argentins ressentent de la frustration, n’ayant vécu aucune sensation de nature à les réconforter.
L’Argentine qui a l’habitude de se réveiller lors du dernier quart d’heure est toujours dominée et attentiste. Aucun tir jusque-là, un constat inhabituel pour un tenant du titre.
Yamal sert ensuite Torres, fraichement incorporé, mais son heading est très axial (67’). Pedri, à son tour, menace Martinez d’un puissant (78’). La domination espagnole s’intensifie et Laporte trouve encore Martinez sur la ligne (81’). Torres manque le cadre de près (87’), et les prolongations pointent au grand soulagement des Argentins conscients de leur infériorité. Et ce n’est qu’à la 90’+3 que l’Argentine mène une attaque soutenue pour menacer en fin Unai Simón, et sur le contre Williams envoie un boulet de canon repoussé par Martinez. Dans la foulée, le carton rouge est brandi à la face de Fernandez coupable d’une intervention brutale. Martinez, décidément inspiré empêche Yamal de marquer sur coup franc et décète les prolongations (90’+8).
Encore une fois, le danger est dans la surface argentine : Pedri sert Williams qui effleure la balla aux 6 mètres, mais Martinez encore éveillé (93’). Deux minutes plus tard, Williams marque un but que l’arbitre annule pour une faute peu évidente sur le Gardien de but. Mais tout le monde voyait la balle sur coup de tête de Merino au fond des filets après le centrage parfait de Williams mais la chance a tourné le dos à l’Espagne (102’).
Le dernier quart d’heure est celui de la vérité ultime, là où les nerfs sont sollicités à l’extrême. Les deux entraîneurs jouent leurs cartes. Dès la reprise de la seconde prolongation, l’Espagne parvient enfin à trouver le chemin des filets par Ferran Torres idéalement servi par Williams en tirant à bout portant sous la balle, Martinez se retrouvant enfin impuissant (106’). La réaction des Argentins devenant inéluctable, il appartenait aux Ibériques d’être vigilants et prêts à exploiter les espaces concédés. Torres marque même un second but annulé pour un hors-jeu qui méritait la VAR (111’). Williams aurait pu doubler la marquer sans sa maladresse technique (115’). Un baroud d’honneur argentin mené par Messi donne des sueurs froides à la Roja (120’). Le corner qui suivit replongea à nouveau les espagnols, joueurs et public, dans l’émoi.
A l’instar de 2010 en Afrique du Sud, l’Espagne obtient son sacre au forceps lors des prolongations. Sa victoire est finalement celle du génie collectif aux dépens du génie individuel de Messi. C'est une récompense fort méritée malgré un démarrage en compétition assez approximatif. Le football espagnol est depuis vingt ans une véritable attraction planétaire. Y associer des consécrations mondiales n’est que justice, avec un message précis pour montrer les secrets et les arguments de la réussite.
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Effectivement depuis le début de cette coupe du monde , des gens ont tout fait pour que l'argentine aura cette coupe du monde on favorisant le joueur Messi...... Mais la balle est ronde que le meilleur gagne et après tout c'est un jeu collectif et l'Espagne a bel et bien mérité cette seconde coupe du monde Félicitations