Blogs - 29.05.2017

Lutte contre la corruption : la divine surprise

la divine surprise

La Tunisie est-elle devenue ingérable? C’est la question qu’on se posait depuis des mois. Avec les évènements de Tataouine, nous étions passés au mode affirmatif. Ingérable, notre pays l’était. Indubitablement, irrésistiblement, définitivement...à moins d’un quasi-improbable sursaut salvateur.

Comment ne le serait-elle pas avec ce théâtre d’ombres, appelé abusivement classe politique, où les clivages se meuvent constamment au gré des circonstances et des intérêts, au point de ne plus trop savoir qui est qui, qui est contre qui et qui est avec qui, où la démocratie a pris les traits d'une dictature de la minorité (à peine 5 ou 6% des voix, lors des élections de 2014); où les militants d’El Harak, véritable refuge des extrémistes de tous bords, ne cessent de souffler sur la braise; où les tenants du nationalisme arabe, malgré les échecs cuisants de toutes les tentatives unitaires, continuent imperturbables, à prôner l’unité arabe «de l’Atlantique au Golfe arabe», où une gauche sectaire, archaïque, déréalisée, accrochée à ses poncifs (lutte des classes, nationalisations, antiaméricanisme primaire), n'arrête pas de rêver au Grand soir; où une centrale syndicale autiste, géant aux pieds d’argile qui ne paraît grand que par effet de contraste, constitue une force d’inertie qui bloque toutes les réformes. Dans ce jeu de massacre, seule Ennahdha tire son épingle du jeu. Elle a compris que dans ce climat d’effervescence révolutionnaire, la seule attitude qui vaille était de faire profil bas et d'attendre sagement son heure.

Bref, l'avenir semblait plombé. On commençait à s'abandonner à la fatalité de l'échec. A force de pratiquer la politique du bord du goufre, on allait finir par perdre pied. Mais le pire n'est jamais sûr. Depuis le 23 mai, le sursaut salvateur a cessé d'être une simple vue de l'esprit pour devenir une réalité palpable avec cette divine surprise qu'a constituée l'arrestation de quelques figures emblématiques de la corruption et de la malversation. Youssef Chahed qui paraissait si fragile, fait aujourd'hui figure de héros pour avoir tenté ce que ses prédécesseurs n'avaient jamais osé face à laquelle. Car ce qui s'est passé constitue une avancée réelle en matière de lutte contre la corruption face à laquelle il ne faut pas faire la fine bouche.

Assurément, Chahed porte aujourd'hui les espoirs des Tunisiens.

Hédi Béhi


 

 

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