News - 02.10.2022

Le Pr Tahar Gallali: Un grand homme de science

Le Pr Tahar Gallali: Un grand homme de science

Le Professeur Tahar Gallali est décédé le jeudi 25 août 2022. Né le 1er juillet 1947 à Jemna (Kébili), il a entamé sa vie professionnelle comme professeur dans un lycée agricole en France, d’octobre 1970 à décembre 1972. Après la soutenance d’une thèse de spécialité et l’obtention d’un diplôme d’ingénieur agro-pédologue, il a été engagé par l’Office de la Medjerda en tant que directeur de la division technique en charge de la mise en valeur des périmètres publics irrigués. Il a ensuite assuré la direction du Laboratoire eaux et sols salés au Crgr Creusi-Unesco, de juillet 1976 à septembre 1980. C’est dans ce cadre qu’il a préparé sa thèse de doctorat d’État sur l’évolution de la matière organique en zones arides. En octobre 1980, il a été admis au concours de maître de conférences en sciences de la terre à la faculté des Sciences de l’Université de Tunis El Manar et promu cinq ans plus tard au grade de professeur de l’enseignement supérieur.

Grand homme de science et brillant professeur de l’enseignement supérieur, il a, des années durant, formé pas moins d’une centaine de doctorants nationaux et étrangers dans les sciences du sol et dans le domaine de l’environnement.

C’est lui qui a introduit les enseignements en sciences du sol au département de géologie de la faculté des Sciences de Tunis.

Depuis octobre 1998 et jusqu’à son départ à la retraite en juillet 2012, il a été expert auprès de l’Institut tunisien des études stratégiques (Ites) institution directement rattachée à la présidence de la République, chargé des études de prospective et de positionnement stratégique en matière d’éducation et de diffusion de la science, et participant également, depuis 2003, au volet «ressources naturelles» de l’étude «Tunisie 2030».

La Tunisie peut s’enorgueillir d’avoir eu, en sa personne, un militant actif pour les grandes causes, un important défenseur des droits de l’homme et le bâtisseur de l’exceptionnel projet de la Cité des Sciences de Tunis, à l’exemple de la Cité des Sciences de la Villette en France. Ce projet compte aujourd’hui parmi les grandes réussites de la Tunisie. Ce pays doit beaucoup à Tahar Gallali, qui a continuellement, auprès des jeunes et des moins jeunes, des étudiants et des autres, défendu et affiché la culture scientifique comme seul moyen de lutte contre l’esprit dogmatique, un combat qu’il mena toute sa vie. Cela lui valut d’être le premier lauréat du prix «Eureka» décerné par l’ONU.

Il fut aussi un artisan essentiel de la coopération scientifique entre la Tunisie, la France, les pays du Maghreb et les pays de l’Afrique francophone, particulièrement dans le domaine des sciences de la terre. Bien qu’atteint d’une longue maladie très invalidante, il réussit ces dernières années, et avec l’humour qui était l’un de ses traits de caractère, à publier trois ouvrages scientifiques grand public autour des questions du changement climatique (2011 - L’Homme et la Terre, une liaison dangereuse. Éditions Sahar et Centre des Publications Universitaires, Tunis, 196 p.), des relations Nord-Sud (2017 - La seule révolution qui vaille. Éditions Nirvana, Tunis, 95 p.) et de la nécessité de revoir l’ensemble du dispositif tunisien (opérationnel et juridique) concernant les risques environnementaux (2020 - El Mektoub, ou penser le risque ? Éditions Nirvana, Tunis, 264 p.).

Nul doute que la Tunisie vient de perdre une exceptionnelle personnalité.

Nadhem Brahim et Mohamed Sabir


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