Hommage à ... - 12.08.2026

Radhouane Maazoun: La caméra chevillée au corps

Radhouane Maazoun: La caméra chevillée au corps

«Je voudrais faire un bon film, un très bon film, tout est déjà dans ma tête, dans mes papiers, dans mes rêves, dans ma vie !» Radhouane Maazoun est parti trop tôt, sur un goût d'inachevé, sans avoir pu concrétiser son vœu le plus cher. Son cœur a lâché début juillet.

Malgré une belle carrière dans les courts métrages, les spots, les émissions télévisées, l'Université de Tunis et celle du Roi Saoud en Arabie saoudite, il était resté sur sa faim, déterminé à réussir un long métrage. Les préparatifs étaient bien avancés.

Scénariste, réalisateur et coproducteur, titulaire d'un doctorat en cinéma obtenu à la Sorbonne Paris 1 en 1980, Radhouane Maazoun fut également un excellent enseignant universitaire à l'Isad puis à l'Isam, avant de partir exercer pendant plus de dix-sept ans en Arabie saoudite (1996-2013). Cette parenthèse à Riyad l'éloigna quelque peu de la scène tunisienne, mais son retour à Tunis lui permit de retrouver pleinement ses marques.

Radhouane était un «camarade de génération» de Moncef Dhouib et Mohamed Damak, un cadet de Nouri Bouzid. Passionné de cinéma dès le lycée, il promènera de sa caméra un regard profond sur ce qui l’entoure. Avec Abdeljabbar Ayadi, son ami d’enfance, il réalisa le documentaire de référence «Sfax… ma mémoire», témoignage d'un profond attachement à leur ville natale et à son héritage culturel et social. Ensemble, ils feront un beau parcours et resteront toujours liés par une amitié solide. À peine rentré de Paris en 1980, il prêta main-forte à la nouvelle unité de production de la Radio-Télévision tunisienne implantée à Sfax, réalisa de nombreuses émissions et documentaires, notamment le jeu culturel à grand succès produit par Abdelmajid Haj Kacem et Nejiba Derbel. Il poursuivra parallèlement sa carrière universitaire, tout en enrichissant son œuvre audiovisuelle et cinématographique. Créatif, exigeant, doté d’un vaste imaginaire et d’une grande culture, il se donnait sans retenue à son art. Sa patience est légendaire, à la mesure de sa modestie. A-t-il payé cher ses choix? De travailler pour la Télévision tunisienne? De sacrifier des années au sein de son unité à Sfax? De rester longtemps en Arabie Saoudite ? De laisser passer tant d’opportunités? Il n’avait jamais rien regretté.

Au-delà du cinéaste, du professeur et du chercheur, ceux qui ont connu Radhouane Maazoun évoquent un homme d'une grande élégance morale, généreux dans la transmission de son savoir, discret dans ses succès et profondément attaché aux valeurs. Un passeur de savoir, d'images et de culture.

Allah Yerhamou !

 

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1 Commentaire
Les Commentaires
Ayadi abdeljabar - 12-08-2026 18:32

Je vous remerci pour cet article qui valorise les artistes qui ont former une gération de commédiens et des hommes du cinéma tunisienne

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