News - 08.05.2017

Les prisonniers palestiniens en grève de la faim: le défi de l’eau salée… relève par des médecins indiens au service d’israel?

Les prisonniers palestiniens en grève de la faim: le défi de l’eau salée… relève par des médecins indiens au service d’israel?

Dimanche 7 mai 2017 marque la troisième semaine de grève de la faim des 2000 prisonniers palestiniens dans les geôles sionistes. Ce mouvement a été baptisé «le combat pour la Liberté et la Dignité» par les prisonniers palestiniens qui franchissent ainsi «une nouvelle étape dans leur longue lutte pour la liberté» déclare Marwan Barghouti….auquel Israël refuse de rencontrer son avocat. Ces prisonniers palestiniens  demandent,  dans un mémoire remis aux autorités israéliennes, la fin des détentions administratives sans procès ainsi que celle des mises en cachot d’isolement. Ils réclament aussi la remise en application d’un certain nombre de droits acquis par des grèves de la faim et qui leur ont été retirés. Ils veulent l’installation de téléphones payants dans chaque aile de la maison d’arrêt pour pouvoir joindre les leurs comme ils réclament des visites familiales plus fréquentes et la possibilité de se faire photographier avec leurs parents lors des visites. Pourquoi faire durer cette grève alors que la solidarité et les sentiments anti-israéliens se manifestent partout dans le monde, des universités aux syndicats telle l’UGTT?

Barbecues géants devant la prison: Pourquoi infliger un tel calvaire?

Gideon Levy donne la clé de cette misérable manœuvre dilatoire: « Parce qu’alors «les terroristes» auraient échappé à une dose supplémentaire de souffrance et cela, bien évidemment, n’est pas du goût des Juifs. Nous devons  d’abord punir, isoler, nourrir de force, faire venir des médecins de l’étranger  et alors seulement nous leur consentirons un autre quart d’heure de visite avec leur famille et peut-être un climatiseur à la prison Nafha».  Levy fait ressortir la responsabilité du cynique ministre de la Sécurité Publique Gilad Erdan qui invoque de « fausses raisons de sécurité et de creuses considérations politiques en liaison avec les primaires de son parti le Likoud». Accorder quoi que ce soit aux Palestiniens le desservirait lors de ces primaires, explique en substance le journaliste de Haaretz. Et c’est pour cette raison bassement électoraliste que ce ministre qui jase continuellement à propos de la sécurité a laissé des groupes d’Israéliens minables, revanchards et sans cœur organiser des barbecues géants face à la prison où des Palestiniens sont en train de mourir à petit feu alors que les matons les empêchent de boire même l’eau salée, vitale pour ces grévistes de la faim.  Lévy est d’avis que «si la position courageuse et éthique de l’Association des Médecins d’Israël était suivie, nul n’introduirait un tube dans l’estomac vide d’un prisonnier palestinien» mais affirme-t-il, il faut déchanter car il y a d’une part les docteurs du Shin Bet (espionnage intérieur), d’autre part ceux des Services Pénitentiaires capables de tout et du pire et enfin la menace qu'Israël agite: importer des médecins indiens [mercenaires, sans déontologie?] pour faire plier les Palestiniens en les nourrissant de force!(Haaretz, 7 mai 2017).

Barghouti dit tout dans le New York times

Dans le quotidien américain du 17 avril 2017, le Mandela palestinien - condamné dans des procès iniques dénoncés par les observateurs internationaux - à cinq peines d’emprisonnement à vie , a expliqué les tenants et les aboutissants de ce mouvement qui englobe plus de 2000 personnes. Il affirme que «contre la violence et la maltraitance, la grève de la faim est la forme de résistance la plus pacifique disponible». Barghouti dénonce les arrestations de masse arbitraires et les traitements dégradants et honteux des gardes-chiourmes sionistes. Ces derniers l’ont frappé à plusieurs reprises sur les organes génitaux, alors qu’il n’avait que 18 ans, «pour qu’il n’ait pas de descendants terroristes.» Barghouti poursuit : «Les dernières décennies ont prouvé que le système colonial inhumain israélien et l’occupation militaire visent à briser le moral des prisonniers et de la nation à laquelle ils appartiennent. Ce système leur inflige des peines corporelles, il les sépare de leurs familles et de leur communauté et emploie les pires mesures d’humiliation pour les dominer. Malgré ces traitements, nous ne nous rendrons pas. Israël est une puissance occupante qui a violé les Conventions de Genève de nombreuses façons, soixante-dix ans durant, en toute impunité.  Israël a commis de graves infractions vis-à-vis de ces Conventions à l’encontre des prisonniers - hommes, femmes et enfants… Les prisonniers palestiniens ont été torturés, ils ont subi des traitements inhumains dégradants et ils ont souffert de négligences médicales qui ont conduit au décès de 200 prisonniers depuis 1967 selon le Club des Prisonniers Palestiniens». Le leader palestinien affirme que cette grève veut mettre fin à ces abus du pouvoir en place en Israël. Il raconte ses nombreux  arrestations et  emprisonnements ainsi que ceux  de ses enfants et note qu’Israël a installé «une forme d’apartheid judiciaire » qui permet aux Israéliens de commettre des crimes impunis vis-à-vis des Palestiniens tout en criminalisant la présence et la résistance de ces derniers au moyen d’ «une parodie de justice» au service de l’occupation. «D’après le Département d’Etat américain, le taux de condamnation des Palestiniens par les tribunaux militaires est proche de 90% » selon Barghouti. «D’après l’ONG Adameer, affirme Marwan Barghouti, plus de 800 000 Palestiniens ont été arrêtés ou emprisonnés par Israël - soit 40% de la population mâle des territoires palestiniens. Aujourd’hui, près de 6500 sont encore dans les geôles et certains sont les tristes recordmen des plus longues périodes de détention de prisonniers politiques dans le monde. Il est difficile de trouver une seule famille de Palestine n’ayant pas souffert de la détention d’un ou de plusieurs de ses membres… Parmi ces milliers de prisonniers palestiniens, on trouve des enfants, des femmes, des parlementaires, des activistes, des journalistes, des humanitaires, des universitaires, des politiciens, des passants, des membres de famille de prisonniers. Et tout ceci dans un seul et unique but : enterrer les aspirations légitimes de toute une nation.  Le gouvernement israélien, comme pour confirmer ce que dit Barghouti,  n’a-t-il pas approuvé, dimanche 7 mai 2017, un projet de loi révoquant le caractère officiel de la langue arabe - parlée  par 20% de la population - en usage depuis 1947 ? Il est vrai que le ministre auteur de cette infâme proposition, Yariv Levin, veut d’abord souligner le caractère juif du pays et se vante d’avoir utilisé cette langue, lors de son service militaire … pour interroger «des terroristes palestiniens».!

Un partenaire pour la paix

« La Campagne Internationale pour la Libération de Marwan Barghouti et de Tous Les Prisonniers Palestiniens » a été lancée en 2013, de l’ancienne  cellule même de Nelson Mandela, par l’icône de la lutte anti-apartheid, Ahmed Kathrada et Fadwa l’épouse de Marwan. Huit lauréats du Prix Nobel de la Paix ainsi que 120 gouvernements et des centaines de leaders, de parlementaires, d’artistes et d’universitaires du monde entier lui ont apporté leur soutien. Barghouti termine son article dans le quotidien newyorkais en écrivant : «La liberté et la dignité sont des droits universels inhérents à la condition humaine. Chaque nation et tous les êtres humains doivent en jouir. Les Palestiniens ne seront pas une exception. Mettre fin à l’occupation sonnera le glas de l’injustice et marquera la naissance de la paix». 

De son côté, Aarab Barghouti, le fils de Marwan, interviewé à San Francisco, affirme que son père «est un terroriste exactement comme Nelson Mandela » et est convaincu que « les Israéliens n’auront jamais un autre partenaire pour la paix comme mon père».(Haaretz, 5 mai 2017).

Aarab n’a pas souvent vu son père. Il garde cependant un lumineux souvenir de vacance en Tunisie avec lui  en 1998 ou 1999. C’est dans notre pays qu’il a vu son père très heureux mais dit-il, «mon père n’est ni un pacifiste ni un terroriste. C’est un homme ordinaire qui lutte pour les droits de son peuple. Il a sacrifié sa vie pour que triomphe la justice. Ce qui est très noble. Nous ne vivons qu’une fois et il a choisi la plus grandiose façon de vivre».
Avec un homme de cette trempe, le défi de l’eau salée sera relevé et les médecins indiens enrôlés par Israël n’y pourront rien.

Mohamed Larbi Bouguerra

 

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