News - 16.04.2017

Rebibbia, une prison bien célèbre

Rebibbia, une prison bien célèbre

Terminus de la ligne B du métro de Rome, au nord-est de la capitale italienne. Les graffitis de Zerocalcare sur les murs extérieurs essayent d’apaiser l’angoisse. Le centre carcéral de Rebibbia, l’un des plus grands d’Italie, est redouté de tous. Ici sont détenus de grands criminels, italiens et étrangers, hommes et femmes.

Le plus célèbre aura été sans doute le Turc Mehmet Ali Agça qui avait voulu tuer le Pape Jean-Paul II, le 13 mai 1981. Le 27 décembre 1983, Jean-Paul II était venu le rencontrer dans sa cellule, lui redire directement son pardon. Ce n’est pas l’unique visite pascale à cette prison romaine, le Pape Benoît XVI s’y est rendu à son tour le 18 décembre 2011.

Entre-temps, la prison était déjà rendue célèbre par un livre-témoignage qui fera le tour du monde : L’Université de Rebibbia. C’est le récit du séjour qu’y avait effectué Goliarda Sapienza, romancière de talent, auteure notamment du roman monumental L’Art de la joie. Incarcérée dans cette plus grande prison pour femmes, pour un vol de bijoux, elle y découvre un autre univers de déchéance et de souffrance qu’elle décrira en détail et avec émotion.

Un régime aménagé

Les journées au centre carcéral de Rebibbia sont quasi identiques : ouverture des cellules vers 8 h. Fermeture entre 14h30 et 16 h. Réouverture jusqu’à 18h30. Les cellules sont équipées de téléviseurs et les détenus peuvent disposer d’un poste radio et d’un réchaud. Ils peuvent également déposer leurs nourritures dans des réfrigérateurs communs. La douche est accessible.

Chaque détenu est autorisé à passer un appel téléphonique à sa famille une fois par semaine, pour une durée de 10 mn. En cas d’urgence justifiée, une demande additionnelle peut être prise en considération par la direction de la prison. Le numéro de téléphone à appeler doit cependant être validé, pour le détenu étranger, par son consulat. Cette démarche, pourtant anodine, devant juste permettre de s’assurer qu’il s’agit bien d’un parent, peut prendre parfois plusieurs mois. C’est ce que déplorent vivement les détenus tunisiens rencontrés.

Justifiant d’une bonne conduite, chaque détenu peut obtenir une autorisation de sortie pouvant atteindre, en de multiples courtes durées, jusqu’à 60 jours par an. Il sera alors tenu à s’assigner en résidence familiale dans le foyer de son choix, signer chaque jour un registre de présence au poste de police et ne sortir en ville que pendant deux heures, entre 16h et 18h. Les consulats de Tunisie fermant leurs portes à partir de 16h, il lui sera impossible de s’y rendre et y effectuer la moindre démarche.

Aussi, chaque détenu qui n’aura fait l’objet du moindre signalement disciplinaire durant son incarcération bénéficiera d’une remise de peine de deux mois et demi par période probatoire de six mois.

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