News - 10.05.2012

Investir, c'est maintenant, affirment les experts

«Même si la visibilité est faible, attendre ne doit guère être une option envisageable pour les investisseurs », estime le gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie, Mustapha Kamel Nabli, relayé par nombre d’experts et institutionnels arabes et américains. « Les grandes opportunités, ajoute-t-il, s’inscrivent certes à moyen et long termes, avec tout ce que la lutte contre la corruption, la plus large ouverture et plus grande transparence offriront, mais relever les défis d’aujourd’hui ouvre la voie aux grands potentiels de demain ».

Pour Nabli, prendre, sans attendre, l’initiative d’investir, c’est donner un signal d’espoir fort qui contribue à la création d’emplois et l’amélioration de la balance commerciale. Il faudrait cependant se concentrer sur de nouveaux emplois répondant aux demandeurs d’un niveau de qualification moyen et élevé et aller vers les régions intérieures, en y associant les fonds d’investissement et le capital-risque. Intervenant à l’ouverture de la conférence annuelle des chambres de commerce arabo-américaines dans les pays du Moyen-Orient qui se tient à Tunis, il a affirmé que « la Tunisie est certes confrontée à des problèmes, mais elle réalise des progrès. Si nous voulons les accélérer, il faudrait agir maintenant et investir ».

Cette conférence réunit pour la première fois les huit chambres arabes concernées, ce qui est considéré comme une performance pour Amel Bouchammaoui, présidente de la Chambre Tuniso-Américaine du Commerce (TACC) qui a su également y attirer nombre de chefs d’entreprises et d’institutionnels arabes et américains. L’ambassadeur William Taylor, coordinateur spécial pour les transitions arabes au Département d’Etat américain, venu spécialement de Washington, a abondé lui aussi dans le même sens que le gouverneur Nabli.

«Rien n’est garanti, a-t-il déclaré, mais le contexte tunisien est très favorable, après des élections démocratiques et un gouvernement de coalition. Le moins difficile était de faire tomber l’ancien régime et c’est le plus dur qui commence pour tirer enseignement des défaillances de l’ancien système, engager les réformes, bâtir de nouveaux modes de gouvernance, ouvrir les ministères à la société civile, instaurer la transparence et promouvoir une presse indépendante et responsable jouant pleinement son rôle. Plus que d’autres pays, la Tunisie offre une grande capacité de réussite. Investir est déterminant ».

De son côté, Lionel Johnson, vice-président de la Chambre de Commerce américaine a souligné la nécessité de pousser les officiels non seulement à encourager l’investissement, mais aussi et surtout à réduire les différentes barrières, notamment douanières, appelant à hâter la mise en place d’un accord de libre échange entre la Tunisie et les Etats-Unis.

Quant à Geert Broos, président de Coca-Cola Franchise pour l’Afrique du Nord, il a confirmé, lui aussi, que les indicateurs du marché incitent à l’investissement, à commencer par les grandes compagnies qui en ont le plus de moyens. «C’est le moment, aussi, a-t-il ajouté, d’accélérer l’ancrage de l’esprit d’initiative et d’entreprise, en soutenant les jeunes dans leurs démarches ».

Pour Sofiane Ben Tounes (Tunisien, comme son nom l'indique), président de General Electric pour l’Afrique du Nord-Est, cette conférence constitue une plateforme dynamique pour étendre le commerce dans différents domaines et avancer des idées innovantes capables d’avoir un impact bénéfique sur l’économie ».

Tout au long de la journée, les participants ont exploré différentes nouvelles opportunités offertes dans les pays du Moyen-Orient en plein changement.  C’est ainsi que des panels ont été consacrés à l’accroissement du commerce et de l’investissement inter-régional, aux Tics, à l’énergie et l’infrastructure, à l’agri-business et à la contribution des fonds privés d’investissement à la croissance.

Lors du panel sur les Tics, Mohamed Bridaa, DG de Microsoft Tunisie a rappelé qu’«Il y a 2 mois, IDC a publié une étude mondiale commissionnée par Microsoft montrant que 14 millions de nouveaux emplois seront créés entre 2012 et 2015, et que l’innovation générée par cette transformation technologique sera majeure. Ce constat est également valable pour la région MENA, mais cela vient aussi avec des questions à résoudre : comment collaborer avec nos partenaires européens et américains afin de rentrer dans leurs cadres réglementaires relatifs à la souveraineté des données dans leurs limites géographiques comme c'est le cas aujourd’hui, ou les aspects relatifs à la protection des données personnelles … Avec la très faible présence de notre langue dans le contenu Mondial en ligne, il existe aussi un grand potentiel dans le développement de contenus en Arabe, et la traduction des œuvres et réalisations à partir d’autres langues comme c’était le cas avec le début de l’essor de la civilisation arabo-musulmane ».



 

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3 Commentaires
Les Commentaires
bounab - 11-05-2012 10:15

La Tunisie ne peut se mettre en mouvement réellement qu'après une révolution culturelle.Voici pourquoi? c'est en ce moment et uniquement, les citoyens Tunisiens de l'étranger sauront qui est qui et qui fait quoi! pour que l'investissement soit bénéfique pour le pays et la population.

Atlal El-Mahdiyya - 11-05-2012 12:54

Il veulent garantir la réussite d'un gouvernement non élu pour qu'il accapare le pouvoir

Abdo Maalaoui (Montréal, Canada) - 11-05-2012 14:26

Je suis expert en coopération internationale, je suis tuniso-canadien, j'ai lu votre article qui est excellent mais il y a un point technique que les non connaisseurs en investissement international oublient... Aucune grande entreprise et même certaines PME sérieuses ne seront autorisées par leur conseil d'administration à investir leur argent à l'étranger si elles n'ont pas une ASSURANCE à l'international tout risque... Nous venons de vivre cette expérience avec notre Export Développement Canada (EDC) et quand on trouve un Assurance dans un autre pays (même offshore), il nous a demandé un prix complètement fou ... Voilà une autre réalité que beaucoup d'investisseurs étrangers ignorent ! Et quand ça va mal, ils vont accuser la Tunisie ! Investir en Tunisie actuellement c'est comme accepter de conduire une voiture sans Assurance... !

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