News - 15.06.2026

Tunisie-Suède 1-5: Une équipe à la dérive

Tunisie-Suède 1-5: Une équipe à la dérive

Par Mohamed Kilani

Tunisie – Suède 1-5 (m-t 1-2)

Stade:  Monterrey, Mexique

Arbitre: Yael Falcon Perez (Argentine)

Buts: (Ayari, 7’, 90’+6,  Isak, 30’, Gyokeres, 59’, Svanberg 84’) pour la Suède, Rekik (43’) pour la Tunisie.

Avertissements: Khedira (Tunisie)

Tunisie: Chamakh, Valéry (Haj Mahmoud 73’), Rekik, Talbi, Abdi, Skhiri (Achouri 73 ‘),  Khedhira, Mejbri, Ben Slimane (Chaouat, 84’), Ben Hamida, Saad (Tounekti 73’).

L'équipe de Tunisie est la troisième formation arabe à entrer en lice en Coupe du monde. Les nuls obtenus par le Qatar et le Maroc constituent déjà des motifs de motivation et de surpassement. L'historique avec la Suède n'a pas de son côté de quoi nourrir le moindre complexe. Ainsi, les joueurs se sont-ils retrouvés suffisamment conscients de leurs atouts, leur chance et leur responsabilité.

La formation alignée par Lamouchi est celle que les connaisseurs attendaient le plus en raison de sa complémentarité et de son capital en expérience et en confiance.

Les premiers échanges traduisent une volonté de s’imposer, mais une attaque-éclair met la défense en difficulté en trois temps pour aboutir à un but signé Yassine Ayari (7’). Ayant décliné une convocation de la Tunisie en 2022, le joueur célébra son but avec la pudeur conventionnelle.

Le match s’équilibre quelque peu et les assauts tunisiens dénotent d’une réelle capacité de réagir. Avec un seul attaquant nominal, Saad, la capacité de nuisance demeurait limitée. L’imprudence s’y mêle pour offrir à l’adversaire les meilleures conditions d’une contre-attaque rapide couronnée par un but d’Isak que Chamakh pouvait pourtant effacer (30’).

Le match devient problématique pour Lamouchi déchiré entre le souci défensif et l’obligation de redresser la situation.  Après quelques sueurs froides, les Tunisiens reprennent confiance en eux-mêmes et parviennent à réduire le score par Rekik servi par Hannabal Mejbri, lui aussi retrouvé (43’).  C’est alors que l’équipe retrouve un meilleur équilibre entre les lignes, posant le jeu, évitant les déchets techniques et envoyant un message clair à son adversaire.

Dans les gradins, le public mexicain ne ménageait point ses encouragements aux joueurs, comme si le souvenir de Tunisie-Mexique (3-1) du 2 juin 1978, à Rosario (Argentine), était encore dans certains esprits.

L'entame de la seconde mi-temps confirme la volonté des Tunisiens à rattraper leur retard. Un tir piqué à distance de Mejbri est un premier avertissement (50’). Le changement de rythme manquait toutefois à l’approche des buts adverses, et le bloc suédois veillait au grain. Mais à l’entrejeu, les hésitations ou les duels manqués occasionnaient des frissons à la défense.   Le contre suédois devenait même une épée de Damoclès avec un Isak rapide et entreprenant. Mais c’est une erreur partagée de Chamakh et Skhiri qui offre un but à la Suède signé Gyokeres (59’). Le spectre de la lourde défaite ressurgit alors en raison de la fragilité psychologique de l’équipe. Deux autres alertes aux 65’ et 68’ minutes mettent Lamouchi devant la nécessité d’opérer des changements. Il opte alors pour un triple remplacement pour booster l’équipe à la 71ème minute, Skhiri étant affecté mentalement.

A la 84ème minute, la défense cafouille sur une balle arrêtée et permet à la suède d’ajouter un but validé par la VAR. Izak pouvait même alourdir la note peu après sans la parade de Chamakh (88’).

Le match devient crispant, et le score sévère. Le but est même évité de justesse tant les boulevards dans la défenses criards (89’). Achouri tente de son côté un tir puissant pour réduire le score (92’). La dernière velléité du match est à l’actif du Suédois Yassine Ayari aux arrêts de jeu (90’-6) pour enfoncer sans état d’âme une équipe psychologiquement effondrée.

Cette défaite devant une équipe miraculée aux éliminatoires inquiète. Le manque de métier est évident. Et le prochain match dans ce même cadre face au Japon se présente comme celui de la réhabilitation et du rachat. Les Nippons avaient alterné le bon et le moins bons face aux Néerlandais six heures auparavant, mais avec des ressources mentales pour revenir deux fois au score. Aux Tunisiens de jouer leur carte, quasiment décisive, face à un adversaire qui n’est pas hors de portée, avec en outre la recherche d’une revanche en souvenir d’une défaite en Coupe du monde (0-2), le 14 juin 2002 à Osaka, synonyme alors d’élimination.

La mémorable victoire tunisienne par 3-0 à nouveau à Osaka même, le 14 juin 2022 lors de la Kirin Cup, sera-telle d’un secours psychologique pour les joueurs qui y ont concouru? 

Un dossier complet qui vous servira de guide, à télécharger.

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