News - 13.01.2018

Traite des êtres humains en Tunisie: Des vérités difficiles à cacher

Traite des êtres humains en Tunisie: Des vérités difficiles à cacher

Dans cette maison cossue où vous êtes invité à dîner, dans ce fast-food où vous allez avaler un sandwich, dans ce café où vous sirotez un breuvage, vous êtes-vous demandé qui est cette jeune fille africaine qui vous sert? Comment est-elle arrivée en Tunisie ? Par quelle filière et serait-elle consentante du sort qu’elle y a découvert?

Qui l’aurait cru ! Premier pays arabe et musulman à avoir aboli, depuis 1846, l’esclavage, avantmême les Etats-Unis d’Amérique, la Tunisie enregistre désormais des cas avérés de traite d’êtres humains sur son territoire. Pas moins de 226 victimes avérées de la traite transnationale ont été identifiées par l’Organisation internationale des migrations (OIM), depuis 2012 jusqu’à fin novembre dernier, et ont bénéficié de l’assistance de son bureau de Tunis. Elles sont pour la plupart de la gent féminine (192 femmes, 85%), viennent essentiellement de Côte d’Ivoire (194 ressortissants, 82%) et se répartissent notamment entre Tunis et Sfax (39% et 42%), mais aussi  Sousse, Gabès et le Cap Bon.

«Ces victimes sont exploitées majoritairement dans la servitude domestique (82%) et dans le travail forcé (14%), indique l’OIM. Nous avons enregistré quatre cas d’exploitation sexuelle et un cas de servage.» Sidérant !

Les effectifs qui se déclarent au bureau de l’OIM sont en croissance surprenante. De 28 victimes en 2015, on est passé à 54 en 2016, pour atteindre 114 nouvelles victimes durant les onze premiers mois de 2017. L’adoption par la Tunisie en août 2016 d’une loi organique relative à la prévention et à la lutte contre la traite des personnes (loi n°61-2016), qui a notamment instauré une instance nationale de lutte contre la traite des personnes, créée en février 2017, a favorisé la dénonciation des cas de traite des personnes. La réalité reste encore tristement dramatique. Enquête sur un dossier brûlant!

Dossier établi par Amal Douja Dhaouadi, avec Hédi Béhi et Taoufik Habaieb

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2 Commentaires
Les Commentaires
Raouf Ellouze - 14-01-2018 15:14

Pourquoi co siderer ces travainleurs comme esclave alors qu ils sont libres de leurs mouvements et de leurs deplacementd. En plus d'un salaire decent ils sont pris en charge, logés et nourris. Y a t'il un autre moyen de pallier à la demande de main d'oeuvre là où les tunisiens n'acceptent plys de travailler. Il faut liberer l'emploi en Tunisie. Tous les secteurs de l'economie sont demandeurs et la penurie est presente. Aussi bien dans l agriculture qu'ailleurs on troyve des difficultés et le tunisien prefere les cafes ou le gain facile. Laissee ces immigres travailler. On a besoin d eux et eux de ce salaire

zitouni - 14-01-2018 15:35

Ces individus comment sont-ils arrivés en Tunisie et par quel moyen et mode de transport ??? si, ils ne veulent pas donner de repose comment à toutes ses questions, il faut les mettre au Sahara, pour se débrouiller comme ils sont arrivés,, faute de quoi c'est un appel d'air qui ne finit jamais.si on est allé les chercher il faut que ses victimes dénoncent leur bourreaux les sanctionner et rapatrier ses individus à leur pays. La Tunisie n'a pas les moyens d'accepter toute la misère du monde, elle déjà du mal avec ses citoyens origines. pour ça il faut un Etat fort dans les actes par dans les paroles.

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