News - 14.01.2018

Traite des êtres humains en Tunisie: Tout n’est pas aussi sombre, mais...

Traite des êtres humains en Tunisie: Tout n’est pas  aussi sombre, mais...

Du personnel de maison étranger heureux ? Oui, ça existe! Même si... faut-il le préciser, à certaines conditions. De plus en plus de familles «sérieuses» à la recherche d’aide-ménagère peinent à trouver de bonnes candidates qu’elles sont prêtes à traiter convenablement et bien les payer. Elles souffrent cependant de leur nomadisme avec un turnover très fréquent, de leurs chapardages -  petits et grands - et de la loi de leurs intermédiaires. De fameux «samsar» font en effet régner leur loi sur ce «marché», embauchant les unes, débauchant les autres pour les replacer ailleurs, prélevant au passage d’importantes sommes. Le recours à des étrangères est alors très prisé. Mais guère facile à légaliser.

Les aide-ménagères étrangères ivoiriennes n’ont pas besoin de visa pour entrer en Tunisie et peuvent y séjourner en tant que touristes jusqu’à trois mois au plus. Faute de régulariser leur situation, ou de quitter le territoire à l’expiration de ce délai, elles seront soumises à une lourde amende le jour de leur départ. Pour obtenir une carte de séjour, elles doivent justifier d’un contrat de travail dûment validé par les Services de la main-d’œuvre étrangère au ministère de la Formation professionnelle et de l’Emploi et d’un permis de travail. Or, le ministère s’y refuse.

Déjà très récalcitrant pour tout recrutement d’étrangers en Tunisie, ne délivrant les permis de travail qu’au compte-gouttes et selon la nécessité absolue et pour des entreprises jugées prioritaires, il oppose un niet catégorique pour ce qui est des gens de maison. «C’est impossible, tranche catégoriquement un haut responsable du ministère contacté par Leaders. Non seulement, cela ne représente aucune nécessité face à une main-d’œuvre abondante livrée au chômage, mais aussi il est difficile d’assurer le moindre contrôle sur les conditions de travail garanties. Et avec toutes ces dénonciations de cas de traite d’êtres humains, nous ne pouvons prendre le moindre risque.»

Du coup, pas de permis. L’illégalité est totale pour ceux qui veulent se conformer à la loi. Certains prennent le risque d’embaucher ces jeunes filles étrangères et de prendre à leur charge le montant de l’amende à payer le jour de leur départ. D’autres essayent de leur obtenir, pour les bachelières, une inscription dans une université privée. Du bricolage.

Se voiler la face et tourner le dos à une situation bien réelle ne résout pas le problème. L’offre et la demande existent. Autant l’organiser, en balisant les filières, en établissant de vrais contrats de travail, en clarifiant les rapports professionnels dûment formalisés, en garantissant des conditions convenables d’hébergement et de travail, en offrant assurance maladie et cotisations sociales et en assurant un droit de visite à domicile et de recours auprès des services de l’emploi. Il y va de la dignité humaine et de la réputation de la Tunisie.

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