News - 26.04.2011

Béji Caïd Essebsi : oui à la parité 50/50 et à l'inégibilité des ex-RCD, ayant exercé depuis 10 ans et sur la base d'une liste nominative

Annonçant la position du gouvernement sur les propositions avancée par la Conseil Supérieur de la Haute Instance, pour la loi électorale, le premier Ministre, M. Béji Caïd Essebsi a salué la parité 50/50 qui constitue à ses yeux « une avancée révolutionnaire historique » et retenu le principe de la non-candidature des dirigeants de l’ex-RCD, mais en ramenant la période aux dix dernières années et non à 23 ans et sur la base d’une liste nominative qui sera fixée par décret. Cette liste s’élargira aux membres de l’ex-Cabinet présidentiel (Ministres-Conseillers, Conseillers, Attachés, etc.).

Pour M. Caid Essebsi, cette position, mue uniquement par l’intérêt général au-delà de tout calcul ou engagement partiel, est fondée sur une série d’arguments clairs (en substance) :

  • D’abord, la Haute Instance a un rôle consultatif et non décisionnaire et c’est au gouvernement d’examiner ses propositions et de prendre l’ultime décision, en son âme et conscience.
  • L’exclusion totale et depuis 1987, objet de controverses, n’est pas conforme au principe d’innocence et aux droits fondamentaux, jetant l’anathème sur tous, y compris ceux qui au lendemain du changement y avaient vu délivrance avant de s’apercevoir de ses leurres et de prendre leurs distances à son encontre. Les cas de Mohamed Charfi, Saadeddine Zmerli, Dali Jazi et d’autres peuvent en témoigner.
  • La période de 23 ans dépasse largement les délais de prescription légale. La rupture avec le passé et le RCD, déjà engagée, est irrévocable, mais elle ne saurait se convertir en rupture avec le futur, source de divisions profondes et d’exclusion totale d’une large frange de la population. D’où, la logique d’une période de 10 ans. L’adopter, c’est reconnaître la responsabilité du RCD dans ce qui s’est passé durant cette décennie et le condamner, sans esprit de revanche ou de main mise sur l’avenir du pays.
  • Les plus impliqués sont les proches collaborateurs du président déchu, ce qui ont fait partie du cabinet présidentiel. Parce qu’en fait, il y a avait deux gouvernements, celui de la Kasbah, sans réel grand pouvoir et celui de Carthage où s’exerce le vrai pouvoir. Les membres du cabinet, au fait des décisions et participant à leur confection doivent être concernés.
  • Par souci d’équité et de justice, et en évitant toute justice collective totalitaire, il convient donc d’établir une liste nominative des personnes concernées par cette disposition, selon leur niveau et degré de responsabilité, de manière objective et de la fixer par décret.
  • Le gouvernement prône l’apaisement des esprits, la réconciliation nationale, la cohésion de tous les Tunisiens, dans une grande unité, pour réaliser les ambitions de la révolution, loin des règlements de comptes et du lynchage, afin de faire triompher l’esprit de tolérance et de concorde. Il y va de l’avenir de la Tunisie. C’est qui illustrera la révolution tunisienne et en fera une belle référence internationale.

Le premier ministre insistera beaucoup, lors de la conférence de presse qu’il a donnée mardi matin à, la Kasbah, sur la réussite de la transition nationale, l’aboutissement du processus électoral, à sa date fixée au 24 juillet et l’impératif de la restauration de la sécurité et de la paix sociale, n’hésitant pas à lancer un véritable cri d’alarme quant aux menaces pressantes qui s’exercent sur la Tunisie à cause de ces dérapages.

Lire aussi : Le cri d’alarme de Béji Caïd Essebsi : C’est au peuple d’assumer ses responsabilités et de dénoncer la surenchère et la violence
 

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7 Commentaires
Les Commentaires
Imed - 26-04-2011 15:51

Ce sont des paroles justes et responsables : on doit finir avec la chasse aux sorcières. Parmi les acteurs de l'ancien régime, il y en avait qui était au service de la Tunisie. Pourquoi les condamnés injustement ? Surtout par ceux qui crient aujourd'hui 'Venge'. Mais où étaient-ils durant les 23 dernières années ? Il y a ceux qui ont bougé pour servir positivement l'Etat. Au moins, ils ont le mérite d'avoir bougé et joué un rôle.

Majd - 27-04-2011 11:39

Ecrivez juste SVP ..............''pendant dix ans et non ''depuis dix ans

Adel Mothéré - 27-04-2011 12:59

Premier Ministre d'un gouvernement de transition, Caïd essebsi utilise Un langage simple et un discours direct que le Peuple comprend pour mieux assimiler les choses, n'en déplaise à M. Ben Brik qui tire sur tout le Monde. A l'écouter sur une antenne publique, tout le monde est mauvais, incompétent, ambitieux... dans un langage presque vulgaire, diffamatoire, et prétentieux. Lui sait tout, et connaît tout sur tout le monde. Définitivement convaincu, je ne voterai pas pour Lui. Aggressif, violent, ce n'est pas lui qui présiderait à la destinée de la Tunisie. Alors que les Autres travaillent discrètement par amour à cette Grande Patrie, il nous gave de ses diatribes et discours négatifs. Il veut être toujours "Hors la loi" ou en marge de... mais ne sera jamais comme tous "les tunisiens, des animaux politiques" comme il le déclare le 27/4 sur RTCI.

Mounir Ouakel - 27-04-2011 13:23

Tous les anciens du RCD ont soutenu l’ancien régime, les responsables doivent être jugés pour leurs actes devant la justice, et les autres qui suivaient le mouvement ils n’ont qu’à se retirer de la politique et laisser leurs places à des gens plus honnêtes et plus compétents. Donc pas de sélection pas de pistons.

Hager CHERIF - 27-04-2011 13:26

J’ai travaillé au parti durant les 2 dernières années et je refuse catégoriquement que l'on me mette dans le sac des exclus ....je n’ai rien à me reprocher comme peuvent en témoigner tous ceux qui m'ont connue ou approchée. J’ai toujours refusé de cautionner le régime de Ben Ali qui était déjà aux abois quand j'ai intégré le parti, je me suis dévouée avec toute la force que je possède pour être utile et apporter un nouveau souffle et je n'ai pas épargné le moindre effort pour servir ma patrie et mes concitoyens partout je me suis trouvée, alors que d'autres préféraient l’hibernation pour s'éveiller aujourd'hui en donneurs de leçons de patriotisme. Par cette exclusion trop injuste à mon égard, voila comment j’ai récolté le fruit de mes sacrifices et de mon dévouement au service de ma patrie et de mes concitoyens est ce bien ça la leçon que je donnerai à mes enfants!!!!!!!

Dr Farouk Ben Ammar - 27-04-2011 19:56

La parité 50/50, ou ce qu'on appelle par "euphemisme", discrimination positive ne ferait que exacerber les extremistes et renforcer les courants ultra-conservateurs ! Je crois que c'est unje grosse bourde voire un delit d'initié, c'est la politique de Ben Ali finalement ! J'éspère que le législateur s'en rendrait compte, mais s'il le fait sciemment "c'est grave" ! Aux USA, la discrmination positive ou "Affirmative Action" pour faciliter l'accés des afro-americains aux grandes universités americaines n'a fait que renforcer le courant Néo-Nazi aux USA, et a été finalement abondonné récemment ! Attention, pas de délits d'initiés SVP ! Tirons des lecons des grands, "errore humanun est peseverare diabolicum est" !

Adel - 27-04-2011 21:02

Pourquoi Mr Beji Caïd Essebsi a revenu sur sa proposition sur la parité à 30% pour les régions intérieures qui étaient à l'origine de la révolution. Malheureusement, la réalisation des élections avec cette méthode entrainera une mauvaise représentativité de ces régions.

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