News - 25.02.2024

L’ambassadeur Kacem Bousnina est décédé

L’ambassadeur Kacem Bousnina est décédé

Longtemps ambassadeur de Tunisie en Arabie Saoudite, secrétaire d’Etat (aux Affaires religieuses) et gouverneur dans plusieurs régions, Kacem Bousnina nous quitte. Sa courtoisie naturelle, son sens élevé de l’Etat et son engagement pour servir autrui, nous manqueront. La Tunisie perd avec sa disparition un grand patriote, un illustre diplomate et un serviteur dévoué de l’Etat.

Parti poursuivre ses études supérieures à l’Université arabe à Beyrouth, début des années 1960, ce jeune issu du Sud tunisien, forgé dans le scoutisme et le mouvement destourien, rejoindra la section de l’UGET, dans la capitale libanaise. Il fera pleine immersion dans les débats fougueux menés par différents courants politiques arabes. Avec modération, éloquence et force de conviction, il sura porter malgré les tumultes, les positons de la Tunisie édictées par Bourguiba.Son action ne passera pas inaperçue. Affable, il se liera d’amitié avec beaucoup d’étudiants de toute la région qui constitueront pour lui, au fil des années, d’excellents amis. Leurs chemins finiront par se croiser.

Kacem Bousnina décrochera sa licence en histoire géographie et rentrera à Tunis. Bourguiba était alors impatient d’incorporer les jeunes cadres de l’UGET dans l’action politique, et les préparer à assumer de hautes fonctions. C’est ainsi que Kacem Bousnina sera nommé tour-à-tour Premier Délégué à Kasserine, puis à Sfax, promu Gouverneur à Sfax, puis à Nabeul, et le Grand Tunis.

Auprès de sa Majesté

Sa réussite dans ces postes délicats, aux cours de périodes très tendues l’autorisait à briguer un poste d’ambassadeur dans une grande capitale. C’est ainsi que Kacem Bousnina a été désigné ambassadeur en Arabie Saoudite. Sa mission était de consolider les relations fraternelles entre les deux pays, de promouvoir la coopération bilatérale, notamment financière et en matière d’investissement, d’accroitre les flux de coopérants tunisiens envoyés en Arabie Saoudite et veiller aux contingents des Tunisiens se rendant dans les lieux Saints, pour le pèlerinage et la Omra.

Rapidement, l’ambassadeur Bousnina prendra ses marques avec bonheur et enthousiasme, imprimant un nouvel élan aux projets en souffrance, exhortant les deux patries à lancer des projets plus ambitieux, favorisant les rencontres continues entre les hauts dirigeants des deux pays ainsi que le opérateurs économique et les échanges entre les universitaires. Très sollicité, bien reçu partout, gagnant la confiance et l’estime du souverain saoudien et de ses proches, Kacem Bousnina se dépensait de toutes ses énergies. Chaque fois que la période de son affectation en Arabie Saoudite devait expirer, les deux parties demandaient sa prolongation, dans l’intérêt commun.

Le Doyen du corps diplomatique

Outre les relations bilatérales, l’ambassadeur était en charge également de suivre, depuis son poste, l’évolution de la situation dans la région arabe, les positions à prendre au sein de la Ligue arabe, la question palestinienne, l’Organisation de la Coopération Islamique, et autres grands dossiers. Cette riche expertise capitalisée, sa modération et son sens du respect aux autres, lui seront précieux lorsqu’il deviendra doyen du corps diplomatique étranger accrédité en Arabie Saoudite. Sa carrière épousera alors une nouvelle dimension, en fait toute conforme à sa nature et à ses valeurs, fédérer le corps diplomatique dans une excellente ambiance de collaboration, et répondre à toute sollicitation d’un confrère pour arrondir un angle, trouver un arrangement, faciliter une rencontre, accélérer l’examen d’un dossier et autres. L’Ambassadeur de Tunisie était devenu incontournable pour surmonter de grandes difficultés. C’est cet immense souvenir de bonté naturelle, de fidélité, d’amitié, de modestie et de vaste culture qu’il laisse auprès de tous ceux qui l’ont connu.

Des convictions

Jeune militant de l’UGET, premier-délégué, gouverneur, ambassadeur ou secrétaire d’Etat aux Affaires religieuses, Kacem Bousnina était avant tout un patriote. Fortement enraciné dans ses valeurs arabes, musulmanes et tunisiennes, irréductible dans son engagement en faveur de la question palestinienne, resté très populations dans les régions où il avait commencé sa carrière, gardant d’excellentes relations en Arabie Saoudite et dans la région, il a grand servi un idéal tunisien, un idéal arabe, un idéal musulman, avec tout son sens de la pondération.

Allah Yerhamou.

Taoufik Habaieb
 

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1 Commentaire
Les Commentaires
Taoufik Ouanes - 26-02-2024 18:09

C'est une grande tristesse que le décès de Si Kacem laisse dans les cœurs de tous ceux qui l'ont côtoyé. Aussi bien lors de l'accomplissement de ses fonctions en Tunisie ou à l'étranger, Si Kacem a toujours fait preuve d'un très haut sens de responsabilité et d'abnégation. Sa courtoisie et sa modestie finissaient toujours par prévaloir vis-à-vis de tout ses interlocuteurs et atteignaient toujours les nobles objectifs de ce grand commis de l'Etat tunisien. Érigé en principes et en ligne de conduite, le patriotisme de Si Kacem était sans faille, tout en finesse et probité. Allah yarhmou.

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