Blogs - 03.08.2017

Tunisie : comment l'arabisation a fait le lit de l'extrêmisme religieux

Tunisie : comment l'arabisation a fait le lit de l'extrêmisme religieux

Au-delà de la polémique qui s’est développée autour du discours du gouverneur de Sousse le 14 juillet dernier à Nice, à l’occasion de la commémoration de l’attentat au camion bélier sur la Promenade des Anglais, c’est tout le problème de la maîtrise des langues étrangères et notamment le français qui s’en trouve posé, une fois de plus. A entendre ce malheureux  gouverneur ânnoner son texte, Il me revient en mémoire cette scène surréaliste d'un ministre de la Troïka en train de discuter avec son homologue français par interprète interposé. Et du coup, je me dis que, décidément, le temps est révolu où les Tunisiens savaient voyager entre les langues.

La coexistence pacifique entre le français et l’arabe classique, inaugurée à l'orée du XXe siècle, a pratiquement cessé dans les années 70 avec la calamiteuse campagne d’arabisation qui allait se répandre comme une traînée de poudre dans tout le Maghreb. Pour donner le change, on s'est paré des oripeaux de l’identité nationale, alors qu'il s'agissait surtout de lutter contre les courants extrémistes de gauche qui avaient alors le vent en poupe tant à l’université que dans certains lycées comme a fini par le reconnaître le ministre de l'éducation de l'époque :«catéchisme pour catéchisme, il vaut mieux imprégner les jeunes des valeurs morales islamiques que de la doctrine de la lutte des classes et du matérialisme historique prônées par Marx et Lénine». En quelques années, le courant marxiste a certes disparu de nos établissements secondaires et supérieurs. Mais on a troqué le totalitarisme communiste pour un autre totalitarisme, sans doute plus dangereux parce que fondé sur l'instrumentalisation de la religion. Le ministre n'avait certainement pas voulu cela. Mais les faits sont têtus:  l'arabisation a impacté doublement l'enseignement en Tunisie: elle a été la voie royale vers le fondamentalisme et a contribué pour une large part à la baisse de niveau de notre enseignement.

On a commencé par ôter à la langue française son caractère véhiculaire et à réduire sa place à la portion congrue dans les écoles primaires et les lycées avant de partir à l’assaut des universités, avec l’arabisation des sciences humaines: philosophie, sociologie, viviers de la mouvance gauchiste - ce qui confirme le soubassement politique de cette mesure - avant de s’attaquer à l’histoire, la géographie, aux sciences naturelles. Et ce qui devait arriver, arriva: faute d'ouvrages de référence en arabe et d'enseignants qualifiés, ces disciplines n'ont pas tardé à sombrer dans les abysses de la médiocrité. Par voie de conséquence, le niveau des élèves en français et même en anglais a considérablement baissé. A preuve, 7 000 candidats au bac 2017 ont obtenu un zéro pointé à l’épreuve de français, alors que 5000 candidats à la même session du baccalauréat ont obtenu zéro à l'épreuve d'anglais. Paradoxalement, l'arabisation n’a pas non plus profité à la langue arabe: nos diplômés ne sont même plus capables de rédiger une demande d’emploi en arabe et a fortiori en français. 

Il est temps de faire justice de certaines idées reçues. On oppose volontiers l’arabe, «vecteur de l’identité nationale», au français, «instrument d’aliénation». J"entends déjà les cris d'orfraie des tenants de l'arabisation à outrance contre un «nostalgique de la France coloniale». Je ne suis pas un gallomane, mais je m'insurge contre les conditions dans lesquelles a été instaurée cette arabisation alors que rien ne pressait. La langue française est très compliquée. Elle est en net recul dans le monde et même chez elle, cédant partout du terrain au profit de l'anglais. Mais elle fait partie de notre patrimoine. Pour reprendre la formule de Kateb Yacine, c'est notre butin de guerre. Nos aînés dont on ne peut pas douter de leur patriotisme ont été bien inspirés qui ont su en faire leur profit. C'est par le biais de la langue de Molière qu’une bonne part de nos élites s’est éveillée à la conscience politique, que leur sentiment d’appartenance à la communauté nationale s’est affermi, que leur esprit s’est formé au contact des écrits des philosophes des Lumières. Loin d'être un vecteur d'acculturation, elle a été une source d’enrichissement culturel, une ouverture sur le monde, d'autant plus qu'en face, on avait une langue arabe momifiée, prise en otage par les courants les plus rétrogrades,  Pour Jacques Berque, la langue arabe n’a pas les peuples qu’elle mérite. Langue des sciences par excellence jusqu’au IVe siècle de l’hégire, elle a été confinée depuis dans la poésie, l'étude du patrimoine et dans son statut de langue sacrée de l’islam. Ce n'est pas un hasard si les idées les plus rétrogrades passent mieux en arabe que dans aucune autre langue, si les islamistes se sentent plus à l'aise dans cette langue arabe qu'ils ont tranformée en forteresse inexpugnable à l'intérieur de laquelle ils se retranchaient pour garder intacte leur foi. Malgré des dizaines d’années d’exil en Angleterre ou en France, ils n’ont jamais cherché à apprendre la langue des pays d’accueil de crainte d'être pervertis par les idées qu'elle véhiculait ou même d'y perdre leur âme, leur identité arabo-musulmane, la fameuse (هوية) dont ils se gargarisent. Le cas de Hamadi Jebali est particulièrement parlant à cet égard: malgré ses huit années d’exil en France, il est incapable de construire une phrase en français et en est encore à se demander «comment on dit en français, le ras el mal est jaban». La même remarque vaut pour Ghannouchi comme pour la plupart des fondamentalistes tunisiens qui étaient en exil à l'étranger.

Involontairement, le gouverneur de Sousse a remis sur le tapis la question de l'apprentissage des langues.Le bilinguisme étant dépassé, il est temps temps de passer au trilinguisme, avec le développement de l'enseignement de l'anglais, et pourquoi pas au multilinguisme. Malheureusement, sous l'effet des grèves à répétition des syndicats, l'école de la république, celle qui a favorisé la mobilité sociale au lendemain de l'indépendance et donné naissance à une classe moyenne, comparable à celle qui existe dans les pays développés, n'est plus en mesure de mener à bien cette tâche. Reste le secteur privé. En plein boom, il peut, en partie, suppléer les défaillances du secteur public à condition de savoir concilier entre l'aspect commercial et sa mission pédagogique et surtout de recourir à des enseignants qualifiés. Nous avons d'ailleurs un premier indice du dynamisme de ce secteur: les excellents résultats de ses élèves aux concours d'entrée aux écoles pilotes. En tout cas, une plus grande ouverture de l'école tunisienne sur les autres cultures est  la seule qui vaille à l’heure de la globalisation. L'attachement à notre authenticité (açala) ne doit en aucun cas conduire à un repli identitaire. Nous avons déjà raté tant de rendez-vous avec l'histoire. Persévérer dans la même voie, reviendrait tout simplement à sortir irrémédiablement de l'histoire.

Hédi Béhi

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27 Commentaires
Les Commentaires
hassen zenati - 03-08-2017 08:28

Atterré par ce ramassis de clichés sur la langue arabe. L'offensive contre l'arabe au Maghre, menée tambour battant par les centres culturels et les lycées français, bat son plein. Elle commence à prendre. Ce n'est que la reprise d'une autre campagne qui avait été menée dans les année 40/50. Il faut arrêter ces dérives d'acculturés. Les Lumières ont aidé les Russes, les Prussiens, les Allemands, les Espagnols - et pas seulement les Tunisiens -- a prendre conscience de leur identité politique en Europe. Mais aucun de ces peuples à nos jours n'a jamais renoncé à sa langue nationale. Il faut s'interroger plutôt sur l'inconstance des politiques d'éducation, sous la pression de cette francophonie politique qui a déjà démoli des centaines de langues locales en Afrique et qui s'attaque avec obstination à la langue arabe au Maghreb. Feu Mohammed M'Zali -- un homme de culture, comme tous nos dirigeants de sa génération sortis de Sadikia -- s'était heurté dans son audacieuse et si intelligente réforme de l'enseignement à l'opposition rampante des francophiles du triangle tunisois (Carthage, El Marsa, Halq El Oued) en "affaires" avec la France. Il voulait faire de l'arabe le socle de l'enseignement primaire et secondaire, en prenant l'anglais comme principale langue d'ouverture -- comme disait Bourguiba -- et non le français. Ce une occasion manquée pour se débarrasser totalement de la tutelle culturelle français. Je crois que c'est par là qu'il faut recommencer. Pour ce qui est du gouverneur de Sousse, il a été victime de cette pression sociale du paraître francophone et francophile qui s'exerce désormais sur les Tunisiens. Elle est alimentée par les parvenus de la double nationalité qu'on laisse faire au sein des institutions de l'état. Ils feraient mieux de se réveiller de leur aliénation pour servir leur pays et leur société.

nasser - 03-08-2017 09:16

L'arabe a évacué le français et est en train de causer une baisse de niveau de toutes les compétences faute d'ouvrages de référence en arabe.

Moez - 03-08-2017 10:36

Monsieur, s'approprier et défendre sa propre langue n'est en aucune manière incompatible avec l'ouverture et l'apprentissage des langues étrangères. Plus encore, l'histoire nous apprend que toutes les nations qui se sont développées au cours des deux derniers siècles, l'ont fait en leur propre langue maternelle avec des efforts scientifiques considérables de modernisation linguistique et de traduction (Japon, Corée du Sud, Chine...), parfois même en ressuscitant des langues mortes comme c'est le cas pour l'entité sioniste. Par contre, tous les pays qui se sont aliénés et emprisonnés dans la langue du colonisateur surtout français ont, tous et sans exception, raté le rendez-vous du développement. Le cas des pays francophones de l'Afrique subsaharienne et de la "France-Afrique" est un exemple édifiant à cet égard. La langue Arabe a été le véhicule international des arts, des sciences et des lettres pendant 8 siècles de civilisation, ayant influencé la renaissance européenne. Ensuite, s'il faut aujourd'hui imposer impérativement une langue étrangère comme deuxième langue, ça ne sera pas forcément le français, mais plutôt l'anglais, la langue internationale de la mondialisation économique et technologique. Mais bon! C’est trop demandé là à notre "élite" francophone éduquée dans le précepte de "nos ancêtres les gaulois"!

Kh. Mrabet - 03-08-2017 11:37

Trop de clichés si Behi. Nos jeunes eleves et étudiants ne maitrisent aucune langue écrite, ils ne sont impreignés d'aucune littérature, les classiques litteraires arabes et internationaux leurs sont passés completement par dessus la tete. Il suffit de voir l'état d'indigence des filières littéraires dans nos lycées. Nous n'avons pas les moyens de continuer à former des générations d'analphabetes trilingues. Il y va de l'avenir de cette nation. Concentrons nous à former des jeunes qui refléchissent dans leur langue maternelle déja. Et ce malheureux wali qu'a t il à utiliser une langue qu'il ne maitrise pas. Il n'avait qu'à déclamer ce qu'il avait dire en arabe voire biddarja... En France une grande partie des facs enseignent en Anglais... L'arabe d'abord, l'anglais pour des niveaux supérieurs et les autres langues ensuite. Toute la question est: la Tunisie est-elle libre de ses choix ???

Chokri FENDRI - 03-08-2017 11:46

le comble est que leur (le "cheikh" ou les autres membres) façon de parler (en arabe littéraire) vous fait hair ta langue. عربية ركيكة

Hydro - 03-08-2017 12:13

Je trouve lamentable que l'auteur de cet article considère comme rétrograde le fait que des personnalités politiques tunisiennes n'arrivent pas à s'exprimer parfaitement en français. Est-ce que ce bounty a la même réaction quand un ministre français ne sache pas maîtriser la langue des anciennes colonies ?? Cet auteur, est-il choqué par l'influence MASSIVE occidentale dans les pays arabes et notamment en Tunisie ? Bien sûr que non ! Il fait partie malheureusement d'une caste qui au nom de la liberté d'opinion crache sa haine de l'Islam. Je ne suis pas Maghrébin, je suis un Européen de France qui a un profond mépris vis à vis des gens qui cherchent par tous les moyens à faire tout leur possible pour nous ressembler, ressembler à un Occident décadent et pervers. Le peuple tunisien est un peuple servile et soumis, nous l'avons parfaitement compris en France et plus particulièrement dans les milieux de la finance.

ProudtobeTunisian - 03-08-2017 13:31

نكبة أم نخبة!!! و شوف عاد الجملة هذي :"C’est par le biais de la langue de Molière qu’une bonne part de nos élites s’est éveillée à la conscience politique, que leur sentiment d’appartenance à la communauté nationale s’est affermi, que leur esprit s’est formé au contact des écrits des philosophes des Lumières". رجّعولنا فرنسا خير. ملّا حكاية. تحبّ على اللّغات الأجنبيّة عندك الإنقليزية تقضي و بالزّائد. إختفاء الفرنسيّة من تونس مسألة وقت.. عادي جدّا..و تراجع إستعمالها ظاهرة عالميّة.

Med - 03-08-2017 14:43

"Langue des sciences par excellence jusqu’au IVe siècle de l’hégire, elle a été confinée depuis dans la poésie, l'étude du patrimoine et dans son statut de langue sacrée de l’islam." En effet, sachant en outre que, d'apres ce fameux rapport de l"ONU de 2002 sur le Developpement humain dans le monde arabe, "l'ensemble du monde arabe traduit environ 300 livres par an, soit le cinquième de ce que traduit la Grèce (11 millions d'habitants). Le nombre total de livres traduits depuis le calife Ma'Moun (VIIIe siècle) est d'environ 100 000 - ce que l'Espagne traduit chaque année." Alors, oui à l'arabisation, mais encore faut-il que cela soit accompagne d'un effort considerable de traduction des ouvrages culturels, scientiques et techniques, des langues occidentales vers l'arabe. Un effort considerable que la Tunisie ne peut realiser seule. En attendant, mes enfants resteront à l'école francaise, et je continuerai, en outre, à leur enseigner personnellement la langue et la civilisation arabes.

Mustapha - 03-08-2017 15:46

C'est plutot l'enfermement intellectuel et culturel qui fait le lit des extremisme Lire dans sa langue maternelle les ecrits des plus grands penseurs permet de relativiser sa vision du monde

Jamoussi Habib - 03-08-2017 16:14

Je veux juste rappeler que lorsque j'ai passé mon BAC Lettres en 1974 toutes les matières étaient enseignées en français (Philo, Histoire Géo, Sciences Naturelles...), sauf l'Arabe, la Pensée islamique et l'Education Islamique. Pour les scientifiques toutes les matières sans exception, étaient en français; l'examen portait, également, sur l'écrit et l'oral. Cette génération, a terminé ses études supérieures en français et dans des langues étrangères, et je n'est nulle doute qu'elle pratique à la perfection, aussi bien l'arabe et le français, si ce n'est l'anglais, l'italien, l'espagnol et l'allemand. je sais pertinemment, du moins dans ma spécialité (histoire), que le corps enseignant, au niveau de l'université tunisienne, appartenant à cette génération, est pratiquement, je ne veux pas dire, le seul capable d'enseigner, de communiquer, d'écrire et de publier, aisément dans les deux langues: arabe et français. Ils n'ont point renié à leur identité arabo-musulmane et vous les trouvez tenir le podium de la recherche scientifique nationale et internationale. La langue était, en fin de compte, pour eux et pour les dirigeants politiques en ce moment, un outil d'enseignement et de recherche. Je voudrais bien savoir qu'est ce qu'on ajouté à la recherche scientifique, depuis que "feu Mohamed Mzali", afin de diriger le pays vers les Pétro-dollards, a institué "la politique d'arabisation". Au niveau des mathématiques et des physiques, retenez bien, que l'élève commence à les étudier en arabe au niveau du primaire et du collège et d'un coup, il fait un volte face de 180° pour les étudier en français au niveau du secondaire et universitaire. Et même s'il perce au niveau de la recherche il est envoyé en Europe ou bien Aux US, pour les étudier dans des langues étrangères. Qu'est ce qu'on ajouté à "l'identité arabe" et au "nationalisme" en traduisant "X" par "X" et "segment" par "قطعة مستقيم", on ne fait que reprendre les sciences "à l'occidentale" par une arabisation parfois boiteuse. Que les Chinois, les japonais, les Allemands, les Espagnols... enseignent dans leurs langues maternelles, certes: ils produisent la science, ils ne la mâchent pas, ils n'ont jamais fait recours aux autres langues et le jours où ils le font, ils n'ont point de complexe, rien ne les en empêche, surtout pas des voix que je dirais "rétrogrades" qui scandent "واه يا عروبتاه ", et qu'est ce qu'on a gagné? tomber, effectivement dans l’extrémisme aveugle, dont une branche veut nous engloutir par tous les moyens dans l’obscurantisme et nous tirer en arrière pour revivre comme "nos ancêtres", s'ils le sont véritablement, il 15 siècles... A vous de choisir...!

mcm1985 - 03-08-2017 16:39

Alors là Mr en lisant le titre, on dirait du Alain Finkielkraut, du Eric Zemmour ou encore un militant sorti d'un meeting FN commentant la décision d'enseigner l'arabe comme langue optionnelle depuis la primaire. Mais réveillez vous monsieur, on parle de Tunisie là, constitutionnellement la langue officielle est l'arabe, et puis concernant le ministre qui parlait avec son homologue français interprète interposé il s'agit de quelqu'un qui représente l'état donc il est sensé s'exprimer en utilisant la langue officielle de l'état qu'il représente...

Selmi Hamza - 03-08-2017 17:50

Je suis tout à fait d'accord avec les idées véhiculées par l'article de monsieur Hédi Béhi.Rien qu'à voir le niveau de nos bacheliers étudiants et diplômés sup en langues(français arabe et/ou anglais etc...) ceci prouve la faute commise en arabisant le système éducatif en Education nationale depuis les années 1970.Tous les parents aisés et une bonne partie des familles à pouvoir financier moyen fuient l'enseignement public et optent pour le privé.Le peu( à comparer avec le grand nombre des années 1960-1980) qui excelle part à l'étranger en décrochant le Bac.La Tunisie se vide de son potentiel humain formé intelligent et expérimenté et nos dirigeants politiques s'entretuent par la critique et la course pour les postes et les privilèges personnels et familiaux.Pauvre Tunisie!

Mehdi Jughurtha - 03-08-2017 18:26

Pourquoi toujours se rabaisser à l'ancien colonisateur Français en enseignant avec sa langue comme vous le suggérer et en prenant pour référence les "philosophes des Lumières" ? N'a t-on pas déjà une langue Arabe ainsi qu'une langue Berbère ? N'as t-on pas non plus dans notre patrimoine d'innombrable penseurs, poètes, ecrivains et philosophes ? Au diable tous ces traitres occidentalisés et aliéné à l'Occident ( ainsi qu'à l'Arabie Saoudite au passage) qui désirent détruire notre identité arabo-berbère, en nous occidentalisant et en nous salafisant. Oui le français doit etre banni de la Tunisie et de toute l'Afrique du Nord tout comme le salafisme. La Tunisie c'est la terre de Jughurtha, de Massinissa, de Ibn Khaldoun,de la Dynastie Hafside, de El Chebbi, de Lazhar Chraiti, des Jlassi, Ferchichi, Melliti, Khrmiri, ! Ce n'est pas la terre de ces aliénés à l'occident et/ou au Qatar/Arabie Saoudite NI OCCIDENTALISME NI SALAFISME ! VIVE LA TUNISIE ARABO-BERBERE, DE RELIGION ISLAMIQUE SUNNITE ET IBADITE NON A LA TUNISIE OCCIDENTALISEE ET SALAFISEE !

Ridha Ben Slama - 03-08-2017 19:06

Tentative d'analyse biaisée, sommaire et stéréotypée.

NOUR - 03-08-2017 20:01

Il faut cesser d'invoquer le temps des colonies, je le laisse pour les nostalgiques. Le titre de cet article est comment l'arabisation a fait le lit de l'extrêmisme religieux, et les nationalistes sont sur leurs ergots ( et s'exprimant en bon Français ) Alors revenant au titre, après les indépendances-la preuve que le colonialisme fait résolument partie du passé- Il y avait pénurie d'enseignants en arabe, on fit venir des gens du moyen orient pour enseigner l'arabe, c'est ainsi, insidieusement que le religieux s'est invité à la table des écoliers...et dans les cerveaux de certains, vous avez dit colonialisme ?

Adnène - 04-08-2017 00:21

Article effleurant la destruction systématique, voulue de la personnalité du tunisien qui s'est construite sur des siècles. En effet des l'aube de l'indépendance Mzali a fait de l'arabisation totale son emblème politique, dès qu'il a pris la direction des sports, puis la radio....Messadi, pourtant professeur d'Arabe ne le laissait pas mettre le nez dans le système éducatif. Une fois Mazali à l'éducation nationale, il a eu le champ libre pour appliquer ces fantasmes sur les programmes scolaires ....sans mettre les manuels en conformité avec des programmes d'enseignements eux même plus ou moins médiocres. Un fois premier ministre il arabise l'administration et si ce n'est la sagesse de nos hauts-clercs de l'état la pagaille aurait bloqué la pays ....on vit encore ce problème avec un journal officiel ou la version française en plus de fautes d'orthographes et de français sur chaque ligne, les traductions créent de sérieux équivoques ....dans la continuité de l'arabisation Mzali est l'artisan du rapprochement des islamistes de façon informelle avec les sphères du gouvernement et de l'UGTT. Ce qui fait que ce créneau de l'arabisation n'a rien ç voir avec la transmission des connaissance ou une forme de rapprochement des peuples arabophones ( qui d'ailleurs se démarquent les uns des autres dès qu'ils en ont l'occasion) mais c'est un slogan et une rengaine qui ressort à chaque fois qu'un gouvernement tunisien se trouve désolidarisé de sa base populaire, par une mauvaise gestion des affaires du pays. Et c'est un slogan qui marche bien, tout le monde applaudi ...

Chouikha - 04-08-2017 19:00

Au supérieur, plusieurs branches sont enseignées en français. Quand on veut tuer son chier, on l'accuse de la rage ?

Amri Tahar - 04-08-2017 23:10

En lisant l'article de M.Hedi Bahi , on ne peut manquer de relever que son titre est vraiment tendancieux . Tout est mis sur le dos de l'arabisation en tant que langue, alors que le fond du problème est ailleurs . Je me rappelle bien de ce changement de cap opéré dans les années quatre-vingt ,sous la houlette de feu Mohamed Mzali . En réalité l'arabisation a été utilisée juste comme couverture pour effectuer les changements de contenus ; et la vraie intention de Mzali était de créer un mouvement se prévalant de l'arabisation pour contrecarrer l'opposition de la gauche, dominante à l'époque . Pour ceux qui s'en rappellent encore , Mzali avait fait , une tournée dans les pays du golfe comme pour obtenir leur bénédiction . Tout ceci ,prouve ,qu'il y avait bien une autre politique derrière l'arabisation . Pour ceux qui croient encore que le français est notre porte vers l'universalité, je voudrais juste donner l'exemple de l'Italie et l'Espagne qui avaient le français comme deuxième langue , mais n'ont pas hésité à le changer par l'anglais dans les récentes décades. Enfin , maîtriser la langue arabe , n'a jamais empêché de maîtriser une autre langue , le pire c'est de ne rien parler correctement et c'est ça le vrai problème ! Tahar Amri

Mohamed Sadok Lejri - 04-08-2017 23:37

J'y adhère entièrement et sans la moindre réserve. D’aucuns me reprochent d’être plus royaliste que le roi en lisant mes statuts et me voyant défendre la langue française avec autant d’acharnement. Ils doivent comprendre que la langue de Hugo nous appartient autant qu’aux Français. Personnellement, c’est une langue que je pratique depuis l’âge de 6/7 ans et, quand je l’utilise, je n’ai pas l’impression de l’emprunter aux Français. J’ai toujours revendiqué la fin du complexe coloniale, un complexe qui nous empoisonne la vie, car je ne vis pas le français comme une langue subie, mais comme une langue désirée, savourée et aimée. Donc, oui, n’en déplaise à d’aucuns, je n’hésite pas à exprimer, sans honte ni vergogne, mon amour pour la langue française et à être encore plus royaliste que Louis XIV lui-même. En outre, d'aucuns citent l'Allemagne, le Japon, la Chine etc. en exemple en arguant que ces derniers recourent à leurs langues nationales pour enseigner. Il faut savoir que dans ces pays que je viens de citer, l’anglais y est omniprésent, notamment à l’école et à l’université. On peut recourir à d’autres modèles pour faire l’apologie des langues nationales, en prenant, par exemple, l’hébreu et le coréen pour démontrer que les langues nationales ne constituent en aucun cas un frein à la croissance et au progrès. Mais, contrairement à la langue arabe dont les règles grammaticales et les principes directeurs datent du Moyen Age, les Israéliens utilisent un hébreu qui n’est pas ancien. 60% de l'hébreux qui est en usage actuellement vient de l'anglais. Il en est de même pour les Coréens qui ont modernisé leur langue. Et, dans ces deux pays, l’anglais y est aussi omniprésent. Enfin, notre langue maternelle, ce n’est pas l’arabe. La langue arabe est une langue traditionnelle qui véhicule le religieux, un peu de littérature et, dans une moindre mesure, quelques bribes de sciences exactes qui, aujourd’hui, sont frappées de caducité. L’arabe est la langue des pays les plus arriérés au monde, nos écoles et nos universités sont parmi les moins compétitives au monde. Nous allons enraciner davantage une langue qui, pour l’instant, n’a pas de place dans ce monde ; c’est désormais une langue morte.

Mohamed - 05-08-2017 21:47

Est-ce que l'auteur de l'article, en tenant de tels propos, ignore que les textes fondateurs de la modernité politique tunisienne sont écrits en langue nationale ( Kheireddine, Ibn Abi Dhiaf, Tahar Haddad etc..) ? Que la littérature moderne tunisienne est exprimée essentiellement en arabe ( Chebbi, Messaadi, etc.)? Est-ce n'est pas une insulte à ceux là que de dire que la langue nationale est responsable de l'extrémisme? Qui a persécuté Tahar Haddad (qui ne connaissait que sa langue nationale) ? Les islamistes ne sont en fait qu'une "sous-élite" ( Hichem Djaït) et ne représentent qu'une minorité en Tunisie . Enfin : ce sont, entre autres, des experts français qui ont conseillé aux autorités tunisiennes d'enseigner la philosophie dans la langue nationale , selon les dires du grand chercheur et penseur Prof. Abdelwahab Bouhdiba ( qui n'a rien à voir avec les islamistes apparemment !).

Said - 06-08-2017 00:10

A mon avis, toutes les nations qui se respectent enseignent les sciences dans leur langues nationales- Allemands, Japonais, Chinois, Turques etc-, et je me demande pourquoi la Tunisie serait-elle une exception. A mon sens, le problème a commencé le jour ou le choix de la langue n'était plus dicté par des impératifs pédagogiques mais justement par des prises de position idéologiques. Je termine en disant que les recherches sociologiques prouvent que l'apprentissage est plus efficace s'il est fait par la langue maternelle que par une langue étrangère. Justement, il y a une bibliographie très intéressante qui semblait nécessaire de consulter avant de se lancer dans un tels pamphlet; mais justement c'est cela qui différencie le scientifique de l’idéologique.

Najib Gouiaa - 06-08-2017 14:37

Juste une question : En quel langue Ibn Ibn Rochd a influencé les philosophes médiévaux latins et juifs dits averroïstes, comme Siger de Brabant, Boèce de Dacie, Isaac Albalag et Moïse Narboni. En quel langue, sa philosophie a été étudiée à Padoue et partout en Europe. Si on avait enseigné la langue arabe correctement en Tunisie, on aurait échappé à toutes formes d’intégrismes, et on aurait pu acquérir la maitrise d’autre langues plus facilement. Car à la base, c’est une question de rigueur dans l’enseignement. La langue arabe dans sa richesse est tout à fait égale à n’importe quel autre langue en tant que vecteur de culture et de science, autant que la langue hébraïque, à travers laquelle les israéliens apprennent et enseignent dans leurs écoles et universités , leur savoir et leur expertise , qui leur a permis d’être à la pointe du progrés dans le monde. Alors de grâce arrêtons de se défausser de notre déficit culturel, politique , identitaire, sur une langue que nous n’avons pas enseignée correctement.

Benn - 08-08-2017 14:22

"La langue arabe n'a pas le peuple qu'elle mérite" c'est l'argument le plus fort. De nos jours ce sont les chrétiens arabes, qui défendent la langue arabe, des penseurs libanais, comme Amine Maalouf, le membre de l'Académie française, et d'autres ne cessent de défendre la neutralité et les capacités de cette langue arabe. Les terroristes nés en France, en Angleterre, en Tchétchénie, en Afghanistan, au Nigéria ou Sud Est asiatique, ne parlent pas un seul mot arabe. Ils récitent le Coran sans le comprendre et c'est pour cela qu'ils sont des terroristes... Arrêtons d'incriminer une langue innocente. Le retour au français en Tunisie c'est comme le retour d'une répudiée à son ex mari. La seule alternative c'est la langue anglaise .

zribi zouhir - 09-08-2017 15:02

Excellent Si Hedi, comme toujours tu excelles quand tu veux et quand le sujet te touche au fonds et vous acharne !!! L'éducation était notre ascenseur social et nous a permis d'avoir une reconnaissance internationale Mais aujourd'hui après cette révolution à laquelle on a cru nous ne voyons rien se passer. J'estime que ce genre d'article devra être lu par nos politiciens novice et nos syndicalistes soit disant révolutionnaires.......... L’éducation c'est L' Avenir de notre jeunesse et de notre pays. Nous n'avons pas de richesse naturelle mais nous devons avoir la fraîcheur mentale et les excellents techniciens de renommée internationale ton ancien ami Zouhir ZRIBI

rached mahbouli - 10-08-2017 02:56

Que les tunisiens voyagent donc pour se rendre compte combien il est dangereux de ne pas posséder l'anglais, une langue qui, vaille que vaille, pourrait les tirer d'affaire. De nos jours, en dehors des aires francophones, point de langue française, et les piliers du français, belle langue certes, regretteront tout leur temps perdu à apprendre le genre des objets, des plantes et des animaux. Le monde a évolué. Il n'y a plus de doute que nous devons maîtriser notre langue nationale en premier, l'anglais en second, et si nous avons le temps (en aurons-nous avec internet?) pour nous intéresser à une troisième langue, ce ne sera pas forcément la langue de Molière. Cette "impression-conviction-endoctrinement" qu'il n'y a que cette dernière qui peut nous sauver et nous sortir de l'ignorance, est une maladie contagieuse dangereuse: autant dire que, paradoxalement, si nous suivons les suggestions de cet article, ce sont des générations de tunisiens qui deviendront la "prise de guerre du colonialisme".

carthaginois - 10-08-2017 10:43

l'arabe est la langue la plus merdique du monde, et pratiquement n'apporte rien à ceux et celles qui la pratiquent. c'est même une langue dangereuse, puisque elle permet à ces fans de trouver de quoi devenir fanatique. la solution la plus simple, est de réduire à néant cette langue, et s'integrer dans le monde le plus ouvert, et accepter un chagement en douceur avant qu'il nous soit imposé par la force.

EZZEDDINE dhaOU - 10-08-2017 15:47

.COMMEVOUS VENEZ DE LE CONSTATER douloureusement que 7000 postulants au bac ont eu une note nulle en français et 5000 onnt eu preillement la meme note nul en anglais ce denote que ces bacheliers pourraient a l'universite demunis du materiel de base de communication en particulier le français qui etait reconnu comme langue de base de communication et au bac nous rivalisons dignement avec les français de souche et a l'heure actuelle l'accent devrait etre mis en parallele sur l'anglais car la majorite des references et des publications en anglais d'ou le defi de l'anonement de notre gouverneur de sousse en france.le pays devrait mettre l'accent sur les langues entant que materiel ultime de communication.

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