News - 17.07.2017

Youssef Chahed formera-t-il son propre gouvernement ou cèdera-t-il aux quotas imposés par les partis ?

Youssef Chahed formera-t-il son propre gouvernement ou cèdera-t-il aux quotas imposé par les partis

Si, un an après la formation du gouvernement Youssef Chahed le 26 août 2016, un remaniement s’impose, c’est pour y apporter les ajustements nécessaires et le blinder pour faire face aux nouvelles échéances. Youssef Chahed en est conscient. Rodage effectué à la Kasbah, premières épreuves surmontées, il doit passer à la vitesse supérieure en privilégiant la performance. Le temps est court et les défis énormes. Les mandats, présidentiel et législatif, ont épuisé fin juin dernier leur première moitié. La seconde partie, d’ici à fin 2019, sera accélérée pour rattraper les accomplissements non-encore réalisés.

Déjà, les élections municipales, qu’elles se tiennent le 17 décembre 2017, comme confirmé, ou en 2018, accapareront beaucoup de temps et d’énergie. Quant à l’année 2019, elle focalisera la classe politique sur les scrutins pour Carthage et pour le Bardo. L’appareil de l’Etat doit cependant continuer à fonctionner. Plus encore, à réussir ces échéances et « bien tenir la maison » en atteignant les objectifs de sécurité, de réformes et de croissance. D’où l’importance d’un gouvernement super solide, super efficace.

Subir ou choisir

On est loin, malheureusement de l’hypertrophie des égos et des ambitions démesurées : chacun veut être ministre, chaque parti veut occuper le maximum de portefeuilles possibles. Qui se soucie de la performance, indispensable. Youssef Chahed risque de se retrouver face à un grand dilemme.

Finira-t-il par se résigner, au nom de la sacrosainte union nationale au diktat des partis, leur accordant des quotas et les sollicitant pour lui soumettre leurs candidats ? Ou, sera-t-il plus rationnel en plaidant en faveur d’une conception mieux appropriée de cette union nationale ? Dans cette option, il se fixera des objectifs précis pour son gouvernement, dressera des descriptions de postes, établira des profils recherchés, et identifiera « les meilleurs et les plus brillants » pour les occuper, sans se soucier ni de leur obédience. Mettant dans la balance toute sa garantie, rehaussée aujourd’hui par un plébiscite de sa politique anti-corruption, et par son avancée dans la lutte contre le terrorisme, il en fera une exigence non-négociable. Quitte à rendre le tablier.

Accepter les oukases des partis, « subir » leurs candidats en se consolant de faire croire qu’il garde toute la latitude de choisir ses ministres parmi ceux qui lui sont proposés, et rééditer la formule de coalition gouvernementale risque de s’avérer périlleux pour Youssef Chahed, comme pour la Tunisie. Les signataires de l’Accord de Carthage doivent s’en convaincre.

Si les Tunisiens veulent qu’il remplisse son contrat, ils doivent lui laisser la liberté, mais aussi la lourde responsabilité de choisir ses co-équipiers et d’obtenir le label et le soutien effectif nécessaires à un gouvernement d’union nationale. Le contrôle de l’ARP, mais aussi des médias, de la société civile et autres contre-pouvoirs s’exerceront en continu pour dénoncer tout dérapage.

Le contexte général s’y prête. Si Youssef Chahed ne s’y engage pas ou ne parvient pas à faire valider son choix et arracher à l'ARP l'investiture de son gouvernement, il n’aura plus qu’à prendre en témoin, les Tunisiens qui soutiennent son action. 

T.H

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