Abderrazek Kéfi: Le patriotisme toujours en bandoulière
Quatre associations se joignent à la famille du défunt Abderrazek Kéfi pour commémorer ce mercredi 22 avril 2026 le 40ème jour de son décès. La cérémonie aura lieu à partir de 17 h au siège de l’amicale des anciens diplômés du cycle supérieur de l’ENA, El Menzah 6, qui l’organise en étroite collaboration avec l’Amicale des gouverneurs, l’Association des anciens de la Radio-Télévision tunisienne, et l’Association Béchir Salem Belkhiria pour la culture et les sciences.
Hommage.
Par Fethi Houidi - L'ancien ministre Abderrazek Kefi n'est plus et la Tunisie vient de perdre l'un de ses plus valeureux enfants et, de l'avis de la plupart de ses amis et connaissances, une personnalité peu commune. Tunisien jusqu'au bout des ongles, homme d'État au patriotisme toujours en bandoulière, homme d'honneur, de principes et de conviction, il était, comme on dit, «franc du collier», d'une franchise à la limite de la témérité, d'une probité et d'une rectitude morales qui frisaient l'ascèse, d'un courage et d'une résilience face aux épreuves et aux traversées du désert, qui forçaient le respect. Et d'un humour décapant qui faisait le charme de sa personnalité.
Fin politique et haut dirigeant avisé, il plaçait le respect de l'État et le souci de l'intérêt général au-dessus de toute considération, ne transigeait pas avec ce qu'il tenait pour vrai et juste. Doté d'une mémoire phénoménale (en bon Kairouanais, il récitait par cœur le Saint Coran en entier) et d'une vaste culture, rien ne lui échappait lorsque, à la tête de plusieurs ministères (Information, Transports, Tourisme), postes diplomatiques (Madrid, Rabat), institutions (le Conseil économique et social, la Radio-Télévision tunisienne ou les gouvernorats régionaux (Béja, Jendouba), il était amené à maîtriser, avec rigueur, exigence et efficacité, des situations délicates, des dossiers complexes et à gérer, en meneur d'hommes expérimenté, des collaborateurs et personnels d'horizons divers.
Dans l'exercice de ses charges, remplies comme un sacerdoce, il portait toujours beau, avec sobriété et goût, non seulement parce qu'il était élégant de nature et altier d'allure mais aussi parce que c'était, à ses yeux, une manière respectueuse d'honorer l'État et le peuple qu'il servait avec dévouement et les hautes fonctions dont il était investi. Ouvert et généreux, Abderrazek Kefi portait, derrière une carapace qui pouvait, à certains égards, paraître rigoriste, une sensibilité aux autres aussi pudique qu'empathique. Homme simple et d'abord jovial, il détestait les mondanités, le clinquant des breloques et des colifichets, les ors et les lambris, professait la fidélité en amitié et possédait un flair particulier qui lui permettait de soupeser avec bienveillance ses interlocuteurs et de faire le tri de ses amis sans jamais éprouver ni cultiver d'inimitié envers quiconque.
Un grand monsieur vient de nous quitter pour rejoindre son Créateur, mais sa mémoire restera toujours vivante. Que la terre lui soit légère et qu'Allah le Tout-Puissant lui accorde Son infinie miséricorde et l'accueille en Son vaste Paradis.
À son épouse, ses filles, à toute sa famille et ses nombreux amis, les plus sincères condoléances...
Fethi Houidi
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