News - 13.06.2019

Yves Aubin de La Messuzière - Ancien ambassadeur de France à Tunis: Profession diplomate... dans la tourmente

Yves Aubin de La Messuzière - Ancien ambassadeur de France à Tunis: Profession diplomate... dans la tourmente

A-t-on encore besoin de diplomates ? Avec l’interférence des réseaux d’influence et d’affairisme, la montée des nouvelles diplomaties, économiques, parlementaires, partisanes et des ONG, le métier d’ambassadeur s’est-il complexifié? Encore plus, avec le tout en ligne qui se sait immédiatement sur les réseaux sociaux. Et surtout les contacts directs des chefs d’Etat, sur le portable et par SMS ? L’ancien ambassadeur de France, notamment à Tunis, Yves Aubin de La Messuzière, s’emploie à y répondre dans son nouveau livre Profession Diplomate. Un ambassadeur dans la tourmente qui vient de paraître chez Plon. «Ni résolument autobiographique ni récit chargé d’anecdotes, prévient-il d’emblée, cet ouvrage est avant tout un témoignage sur le métier de diplomate tel qu’il s’exerce au Quai d’Orsay ou en ambassade. À travers plus de quatre décennies d’un parcours professionnel dans des fonctions diversifiées sur les plans géographique et fonctionnel, je m’essaie à rendre compte de la complexité du métier diplomatique, très éloigné des poncifs qui l’entourent.» Un métier qu’il a «exercé chevillé au corps, animé de passions et parfois de doutes et de colères, lorsque je côtoyais le tragique dans certaines situations.»

Arabisant de formation, dans la grande tradition d’Orient du Quai d’Orsay, il aura, au gré de ses affectations, à parfaire sa connaissance du monde arabe, dans sa complexité, de ses dirigeants et de ses crises, mais aussi à éprouver les contradictions du système diplomatique français. A peine devait-il accomplir ses premiers pas, en septembre 1970 à Amman, qu’il était accueilli, en baptême du feu, par une rafale de kalachnikov tirée par des éléments du Front populaire de libération de la Palestine, heureusement non mortelle, mais qui fera sa légende de diplomate courageux. Pris par cette passion du monde arabe et de la bande soudano-sahélienne limitrophe, il sera délocalisé depuis la Jordanie en plein Septembre noir à Beyrouth, puis il ira en poste au Yémen, en Syrie et en Libye.

Sur des fronts brûlants

Il sera nommé ambassadeur au Tchad, puis en Irak (mars 1997), mais en tant que chef (avec rang d’ambassadeur) de la Section d’intérêts français, les relations diplomatiques ayant été rompues entre les deux pays. Trois ans plus tard, il est promu à la tête de la direction Afrique du Nord-Moyen-Orient au Quai d’Orsay, un poste prestigieux, convoité mais très sensible. Il y restera trois années avant d’être pressenti par le président Jacques Chirac, en juin 2002, pour le poste d’ambassadeur en Tunisie. Ses «années Ben Ali» seront fort animées et bien éprouvantes. Dès le mois de juin 2005, il a exprimé au Quai d’Orsay son souhait de ne pas prolonger son séjour à Tunis au-delà de la troisième année et de se voir confier une mission au sein du département à Paris. La réponse ne tardera pas : oui, il quittera Tunis, mais pour être ambassadeur à Rome et devenir ainsi le locataire du magnifique palais Farnèse, résidence de France dans la capitale italienne, haut monument patrimonial et culturel. Officiellement, ce sera son dernier poste. Mais, en 2008, il sera chargé d’une «mission non gouvernementale à caractère politique» auprès du Hamas, à Gaza...

A la différence de nombre de ses homologues, l’ambassadeur de La Messuzière n’a pas accepté de siéger dans des conseils d’administration de grands groupes privés ou de servir de conseiller auprès de chefs d’Etat étrangers. Il a préféré en effet s’engager au sein de la société civile en présidant la mission de préfiguration du Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (Mucem) et en tant que président d’honneur de la Mission laïque française.

En témoin oculaire

Son livre «Profession diplomate» est intéressant à plus d’un titre.

D’abord par le rappel historique et anthropologique bien documenté des différents pays où il avait servi. Le Yémen, l’Irak, le Tchad, particulièrement, sont révélés sous des angles peu connus.

Par le portrait des dirigeants et autres personnalités «pratiqués».  C’est notamment le cas de Saddam Hussein (et ses deux fils, Ouday et Koussay), Tarek Aziz, Kadhafi (et son fils Seif El Islam), Driss Deby et son clan, et Ben Ali (et son entourage).

Par le récit de séquences significatives qu’il avait personnellement vécues à des moments tout à fait historiques. C’est le cas notamment en Irak sous l’embargo international, lors des inspections menées par l’ONU et l’Aiea et les perquisitions des palais présidentiels (l’Unscom, Hans Blix, Richard Butler, Scott Ritter, Mohamed Bradai...), dénonçant les mensonges propagés dans les capitales occidentales et à l’ONU, les frappes américaines sur Bagdad...

Tunis, des pratiques hallucinantes

Et le retour sur les «Années Ben Ali», dont nous publions quelques extraits en bonnes feuilles, ci-après. L’ambassadeur Yves Aubin de La Messuzière reprend largement dans son nouvel ouvrage les éléments qu’il avait déjà publiés dans un livre édité en 2011, chez Cérès, sous le même titre, aujourd’hui épuisé. Description détaillée d’une époque qui paraît aujourd’hui encore plus choquante, avec ses codes despotiques, ses pratiques autoritaires, son système policier répressif et ses luttes pour les droits de l’homme et la liberté. Ben Ali et nombre de ses caciques en prennent pour leur grade. En témoin oculaire, il en rapporte des séquences fort édifiantes. L’auteur n’omet pas de citer en mention spéciale Mohamed Ghannouchi, Dali Jazi, Mohamed Charfi, Faiza Kéfi, Moncer Rouissi, Mokhtar Trifi, Sana Ben Achour et autres Khadija Cherif, notamment.

«Une diplomatie forte»

L’ouvrage se termine par une série de réflexions pertinentes sur la mutation du métier d’ambassadeur et son exercice. «L’influence de l’ambassadeur, écrit l’auteur, est plus difficile à exercer sur les nouvelles diplomaties qui montent en puissance. Celles des parlementaires, des collectivités locales, des organisations non gouvernementales, qui trop souvent organisent leurs actions internationales sans chercher à se coordonner avec les ambassades.»

Et d’ajouter : «L’ambassadeur n’est plus contesté en principe dans sa fonction de coordonnateur et d’animateur de l’ensemble des services de l’État représentés dans son ambassade. Son métier s’est complexifié, si bien qu’il doit en permanence s’adapter aux nouveaux enjeux et aux nouvelles technologies. Il se trouve en formation permanente, qu’il acquiert surtout sur le terrain. En conséquence, ses responsabilités vont croissant pour décrypter le monde et assurer les intérêts de notre pays. Au total, contrairement à l’idée trop souvent reçue, le rôle des diplomates est loin d’être en déclin.» Sa conclusion plaide en faveur de ce métier, revisté. «Le chaos du monde actuel, notamment dans l’arc de crises qui s’étend des confins afghano-pakistanais jusque dans les régions sahélo-sahariennes, ainsi que l’émergence de nouvelles zones de tensions en Asie du Sud-Est justifient le maintien d’une diplomatie forte.» Reste à définir ce qu’est une diplomatie forte !

Profession diplomate
Un ambassadeur dans la tourmente

De Yves Aubin de La Messuzière
Editions Plon, 350 p. Janvier 2019
Du même auteur
• Mes années Ben Ali : un ambassadeur de France en Tunisie, Cérès, 2011.
• Monde arabe, le grand chambardement, Plon, 2016.

Bonnes feuilles

Tunisie, mes années Ben Ali

Ben Ali n’impressionne pas ses interlocuteurs étrangers qui relèvent le contraste avec Hassan II ou Bouteflika. Il s’exprime dans un langage peu sophistiqué, sans fioritures, soucieux d’aller à l’essentiel quelle que soit la langue utilisée. Il a un art de se dérober sur les sujets portant sur les libertés, les droits de l’homme, reprenant son langage habituel : «Le premier des droits de l’homme, c’est de pouvoir se nourrir, se loger et recevoir une éducation.» Une susceptibilité exacerbée marque sa personnalité. Toute atteinte, même minime, à son image est considérée comme un outrage. Je comprends ce trait de caractère lorsque j’organise régulièrement des entretiens téléphoniques entre Jacques Chirac et Ben Ali.

(...) Son regard est vif et il ne manque pas d’humour, lorsque par exemple il se moque du souverain marocain en mimant devant moi le baisemain rituel de ses sujets. Est-il populaire? Probablement pas, mais on ne peut affirmer qu’il soit impopulaire. Même dans l’hypothèse d’élections totalement libres, il aurait eu de fortes chances d’être réélu, faute d’alternative. Le Président se déplace toujours au milieu d’une foule fervente composée d’enfants des écoles et de militants du Rassemblement constitutionnel démocratique(RCD), réquisitionnés à cet effet. Le culte de la personnalité s’amplifie chaque année à travers des portraits géants, le présentant en père protecteur du peuple. Les scores des scrutins présidentiels successifs dépassent les 99%, à l’exception de celui de 2004, en baisse de cinq points. L’un des proches du Président m’affirmera sans ambages que ce score a été arrêté après de laborieuses discussions au sein du cabinet présidentiel et du clan familial. Est-ce pour compenser ce sentiment d’infériorité à l’égard de son prédécesseur qu’il est si sensible aux honneurs venus de l’étranger ? Il est féru de médailles et de distinctions attribuées par des universités et des institutions dont on ne peut dire qu’elles sont prestigieuses. L’Italie s’en est fait une spécialité. Ben Ali est fait docteur honoris causa de l’université de Trieste et de celle d’Ancona et reçoit la médaille d’or de l’université de Cagliari. Je serai approché par l’entourage de Ben Ali, qui m’interroge sur les conditions d’attribution d’une médaille de l’Académie française.

Je fais remarquer que ce n’est pas dans la tradition de l’institution de remettre des médailles à des chefs d’État, ce que me confirme Alain Decaux. J’en suis soulagé et je prends un air hypocritement contrit en donnant ma réponse à mon interlocuteur. Quelque temps plus tard, à l’occasion de la Journée nationale de la culture, Ben Ali recevra la médaille d’honneur de la Sorbonne, lors d’une cérémonie à laquelle, à mon grand soulagement, on s’abstient de m’inviter. (...)

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Les relations institutionnelles

Après la présentation de mes lettres de créance, j’entreprends la tournée classique d’un ambassadeur nouvellement arrivé. Je rencontre le Premier ministre, M. Mohamed Ghannouchi, et les principaux ministres pour avoir des échanges sur la coopération bilatérale et la relation de la Tunisie avec l’Union européenne. Je suis impressionné par la bonne qualité des ministres techniques formés pour beaucoup d’entre eux en France, parfois dans les grandes écoles : Polytechnique, Centrale, HEC. Parmi les membres du gouvernement, je garde un souvenir ému de Dali Jazi, ministre de la Défense, professeur agrégé de droit. Cet ancien de la Ligue tunisienne des droits de l’homme dont il a été secrétaire général est la seule personnalité venue de la gauche restée auprès de Ben Ali. On lui doit la modernisation de l’armée tunisienne, dont il a fait une institution républicaine. Dali Jazi est aussi l’un des seuls responsables politiques à pouvoir s’entretenir en tête à tête avec Ben Ali, jusqu’au jour où, peu de temps avant mon départ, il me confie n’avoir plus accès au Président pour évoquer avec franchise la situation du pays et de l’état de l’opinion. Ayant appris les pressions exercées sur l’ambassade et la surveillance étroite dont je suis l’objet, il me déclare lors d’une conversation furtive dans les jardins de la résidence de La Marsa : «Cher ambassadeur, maintenant j’ai honte de ce régime.»

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Les droits de l’homme bafoués

J’entreprends d’organiser des rencontres avec quelques grandes figures de la société civile, pour la majorité d’entre elles placées sous la surveillance étroite du régime. Je garde notamment un souvenir marquant de Mohamed Charfi, ancien président de la Ligue tunisienne des droits de l’homme qui fut un grand ministre de l’Éducation dans les premières années du règne de Ben Ali. Je l’avais rencontré à Tunis au milieu des années 1990, quand j’avais la responsabilité de la coopération culturelle et éducative. Il avait engagé une grande et courageuse réforme de l’Éducation nationale, jetant les bases d’un enseignement à caractère résolument laïque et moderne, sans équivalent dans le monde arabe. Quand je lui pose la question sur ce qu’il reste de sa réforme, il me répond: «Beaucoup, même s’il y a eu régression sur certains aspects, mais globalement 60 %. Ce n’est pas si mal qu’on ait maintenu les grandes lignes de cette réforme.» Cas probablement unique sous le régime de Ben Ali, Mohamed Charfi démissionna de son poste, ce qui lui valut d’affronter le ressentiment du Président.Sans s’affilier à une formation politique, il entre dans l’opposition et lance en 2001 «l’Appel des Cent», initiative qui rassemble des personnalités de la société civile pour susciter une mobilisation contre le renouvellement du mandat présidentiel de Ben Ali. Il apparaît alorscomme une alternative possible.

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Chirac, Sarkozy, de Villepin, Alliot-Marie, Raffarin et les autres

Tunis, au même titre que Rabat et Alger, est une destination régulière, voire familière, des dirigeants politiques français: le chef de l’État, les principaux ministres, les parlementaires, les responsables de collectivités locales. Il est de tradition que le Président effectue une tournée dans les trois pays du Maghreb central dans les mois qui suivent son élection. Jacques Chirac s’y est prêté au cours de ses deux mandats. J’ai organisé sa deuxième visite en décembre 2003. Sa préparation se révèle ardue, le protocole du palais de Carthage cherchant à la réduire essentiellement à des entretiens et des manifestations officielles.

Je propose à l’Élysée d’inclure dans le programme un déjeuner avec des personnalités de la société civile et une rencontre avec des lycéens tunisiens dans un établissement scolaire français, dont la majorité des élèves sont tunisiens. Dans la discrétion, j’envisage des entretiens de membres de la délégation présidentielle avec des militants des droits de l’homme. Je suggère de rendre un hommage à la mémoire du grand militant syndicaliste Hached Farhat, assassiné par la «Main rouge» en 1952, qui prendrait la forme d’un dépôt de gerbes sur son mémorial. Il me faut insister auprès des Tunisiens pour que ce geste symbolique soit inclus dans la visite. C’est avec soulagement qu’est écartée la traditionnelle remontée de la principale avenue de Tunis par les deux présidents sous les vivats des enfants des écoles et des militants du RCD. (En 2008, Nicolas Sarkozy s’y est volontiers prêté.) Le programme de Bernadette Chirac est tout aussi laborieux à élaborer. Je sens mes interlocuteurs tendus, car la visite allait se faire dans un contexte marqué par la grève de la faim, fortement médiatisée, de Radhia Nasraoui, avocate et militante des droits de l’homme, soumise à des brimades constantes.

(...) Jusqu’à aujourd’hui, l’on retient de la visite de Jacques Chirac les propos maladroits qu’il a tenus au cours d’une conférence de presse en sortant d’un strict tête‑à-tête avec Ben Ali. Interrogé sur le cas de Radhia Nasraoui, le Président confirme qu’il l’a évoqué avec son homologue, en ajoutant cette phrase autant surprenante qu’inattendue parce qu’elle ne figure pas dans ses éléments de langage: «Le premier des droits de l’homme, c’est de pouvoir se nourrir, se loger…» Jacques Chirac reprend presque mot pour mot l’antienne de Ben Ali quand on évoque devant lui les droits de l’homme. Conscients que cette affirmation allait faire immédiatement le tour des rédactions, Dominique de Villepin, Maurice Gourdault-Montagne, son conseiller diplomatique, et moi-même prenons à part le Président pour examiner le moyen de rattraper «la boulette», selon l’expression d’un membre de l’entourage.

(...) À la fin de leur séjour, Jacques Chirac et son épouse me prennent à part dans l’un des salons de la résidence des hôtes pour s’interroger sur le manque de chaleur de l’accueil du couple Ben Ali. Contrairement à ce qui était prévu, Leila Trabelsi s’est abstenue d’accompagner Bernadette Chirac dans la visite d’une association qui prend en charge des enfants autistes, soutenue par mon épouse. J’avance une explication: le palais de Carthage n’a pas apprécié le dîner avec la société civile et le choix par l’ambassade de l’association caritative, alors même que Leila Ben Ali en préside une autre, systématiquement visitée par les épouses des chefs d’État étrangers. Faisant le bilan de ces entretiens, malgré tout positifs, le Président s’est dit assuré que «le régime se perdra par la corruption qui a pris une ampleur considérable. C’est le syndrome indonésien», conclut-il.

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Le départ

Quelques jours avant mon départ, Ben Ali me reçoit pour un entretien qui se doit d’être purement protocolaire.

Je suis surpris de me trouver pour la première fois dans un pur tête‑à-tête. Il s’exprime en arabe sur un ton presque familier et me demande si je suis satisfait de mon séjour en Tunisie. Je lui réponds que j’ai suivi son conseil, donné lors de la présentation de mes lettres de créance, de rencontrer la Tunisie dans sa diversité. J’exprime le regret de n’avoir pu faire suffisamment de déplacements en province, du fait des contraintes imposées aux diplomates. Il ne relève pas cette remarque et me dit avoir apprécié mon engagement en faveur du renforcement des relations bilatérales.

Après un tour d’horizon des questions régionales, le Président me surprend en me posant une question : «Avez-vous une demande particulière à me transmettre ?» Je le surprends à mon tour en attirant son attention sur la situation d’un Franco-Tunisien, militant d’Ennahda, qui purge une longue peine de prison. Son épouse française, accompagnée de ses deux enfants, attend en vain l’autorisation de rendre visite à son mari. Les interventions répétées de l’ambassade auprès du ministère de la Justice n’aboutissent pas. Ben Ali me demande son nom et s’exclame :

«Celui-là, je ne le connais pas, mais comme il ne lui reste que deux ans à purger, vous pouvez annoncer à son épouse qu’il sera libéré demain. Voyez avec Ben Dhia les modalités de sa libération.» Le conseiller est encore plus étonné que moi et appelle le ministre de la Justice : «Le Président vous a fait un beau cadeau !» Je pense à ces centaines de prisonniers islamistes qui croupissent dans les geôles, dont la libération n’interviendra qu’après le renversement de Ben Ali, en 2001.

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Le lendemain, autre décor. Je suis invité avec mon épouse par Sana Ben Achour, une brillante universitaire, membre de l’Association des femmes démocrates. Sans nous prévenir, elle a invité plusieurs personnalités membres d’associations indépendantes et quelques responsables de formations politiques. En nous accueillant, elle me fait observer qu’à l’extérieur les membres de la sécurité sont presque aussi nombreux que ses invités. «Eux aussi souhaitent vous dire au revoir !»