News - 02.08.2018

Neila Mezghani, Cette spécialiste tunisienne des données biomédicales au Canada

Neila Mezghani: La spécialiste des données biomédicales
Une lettre du Premier ministre Justin Trudeau

Madame,

C’est avec grand plaisir que je vous adresse mes vives félicitations pour l’obtention d’une chaire de recherche du Canada. Cette reconnaissance de vos pairs témoigne de l’importance de vos recherches pour l’avenir du Canada.

Elle fait foi de votre rigueur intellectuelle, de votre engagement envers l’excellence dans la recherche, et de l’influence de vos travaux dans l’avancement des connaissances.

Notre gouvernement croit que le savoir scientifique doit jouer un rôle essentiel dans le choix de politiques éclairées.

Vous pouvez tirer une grande fierté de vos idées novatrices et enlevantes, qui font de vous un chef de file dans votre domaine et contribuent à rendre notre société meilleure. Cordialement, Le très hon. Justin P.J. Trudeau, C.P., député Premier ministre du Canada

Titulaire de la chaire de recherche du Canada en analyse de données biomédicales, Neila Mezghani a été vivement félicitée par le Premier ministre Justin Trudeau en personne (voir sa lettre en encadré). Elle s’intéresse à l’analyse et la classification de données en génie biomédicales et à l’élaboration d’outils basés sur des méthodes d’intelligence artificielle pour le développement de systèmes d’aide à la décision. Mezghani est professeure associée à l’École de technologie supérieure (ÉTS) et l’Institut national de recherche scientifique (Inrs-EMT). Elle est aussi chercheuse au centre de recherche du Licef, chercheuse au centre de recherche du Chum et membre du laboratoire de recherche en imagerie et orthopédie (LIO). Récit d’un parcours d’excellence.

‘’Je suis arrivée au Canada en 2000 pour réaliser mon projet de fin d’étude de DESS en technologie de l’information dans le cadre d’une collaboration entre l’Inrs Télécommunication (Inrs-Montréal) et l’Ecole supérieure de télécommunications de Tunis (Sup’Com). Étant major de ma promotion, j’ai eu  droit à une bourse offerte par le CGI. Suite à ce stage qui a duré 3 mois, mon directeur de DESS m’a offert une bourse pour réaliser un doctorat à l’Inrs. J’ai bénéficié de l’appui et de l’encouragement de mon conjoint, de mes parents et de ma grande amie pour partir étudier.

J’ai surtout rencontré des difficultés pour la reconnaissance de mon diplôme d’ingénieur par l’Ordre des ingénieurs du Québec. J’étais inscrite à un programme de doctorat et pourtant j’ai dû refaire 7 cours de base du cycle d’ingénieur pour avoir l’équivalence. Ensuite, j’ai eu une difficulté majeure pour avoir un poste de professeur à l’Ecole de technologie supérieure (ETS) de Montréal. J’étais confrontée à une controverse entre des professeurs qui ont appuyé fortement ma candidature et qui l’ont évaluée comme étant «exceptionnelle» et d’autres qui l’ont complètement refusée. Finalement, en 2013 j’ai obtenu un poste de professeure à l’université TÉLUQ. J’ai eu la reconnaissance que je méritais de mon université.

J’ouvre une parenthèse sur le fait que je sois «une femme en science, immigrée et voilée», comme me l’a dit un de mes collègues, «tu as tous les ingrédients pour ne pas réussir». Évidemment, il fallait tripler mes efforts pour surmonter ces triples contraintes.

La persévérance est la clé de ma réussite. Je n’ai jamais baissé les bras en dépit des difficultés et obstacles que j’ai rencontrés. J’ai toujours cru à la volonté de Dieu. Je me suis concentrée sur mon travail, tout le reste était pour moi du bruit en attendant un meilleur avenir. Je ne pourrais passer sous silence le soutien sans limites de mes parents.

Vous avez obtenu une chaire de recherche, qui plus est dans une spécialité très particulière. Comment y êtes-vous arrivée?

L’intelligence artificielle est un domaine qui m’a attirée depuis mon arrivée au Canada ; à ceci s’ajoute mon intérêt depuis mon jeune âge pour le domaine médical (une influence parentale). J’ai ainsi décidé de jumeler les deux pour travailler dans l’application de l’intelligence artificielle dans le domaine médical. La chaire de recherche se situe dans cette veine de recherche. Elle porte sur l’analyse de données biomédicales. La motivation, l’inspiration et l’intuition ont entraîné cette réussite.

Où en êtes-vous avec vos principales recherches?

Mes travaux de recherche avancent à grands pas. Je m’intéresse à la résolution de problématiques concrètes dans les domaines de la santé et de la santé mobile. C’est un domaine de recherche fascinant. Je m’intéresse au transfert technologique vers le milieu industriel. Mes principaux partenaires sont la compagnie Emovi Inc. qui commercialise le système d’évaluation de la biomécanique du genou auquel j’ai contribué et la compagnie Carré Technologie qui commercialise le textile intelligent Hexoskin.  

Comment tout cela peut profiter à la Tunisie?

Je suis très reconnaissante à l’École supérieure de télécommunications de Tunis (Sup’Com) qui m’a offert une très bonne formation au cycle d’ingénieurs et qui m’a ouvert l’opportunité de poursuivre des études de cycles supérieurs à l’étranger. Ainsi, je collabore continuellement avec Sup’Com. Mes professeurs en 2000 sont devenus mes collaborateurs maintenant. Je collabore avec eux sur plusieurs projets dont un portant sur le développement de semelles orthopédiques instrumentées pour l’aide au diagnostic et le suivi en temps-réel de la biomécanique du pied. J’encadre et finance annuellement le stage de trois à cinq étudiants au cycle d’ingénieurs et à la maîtrise provenant d’université tunisiennes (principalement de Sup’Com). Ces étudiants viennent pour réaliser leurs projets de fin d’études à l’Université TÉLUQ et au centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal.

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