News - 26.01.2013

Tunisie : Pas de remaniement, Jebali s'en remet à l'Assemblée

Pas de remaniement ministériel en Tunisie comme devait être annoncé samedi, à l'issue de longues tractations. Hamadi Jebali a reconnu lors d'une conférence de presse que les concertations menées pour l’élargissement de la base politique de son gouvernement et son enrichissement par des compétences nationales indépendantes n’ont pu aboutir jusqu’à la dernière minute. Faute de consensus minimum réalisé, surtout avec les deux partenaires d’Ennhadha, à savoir le CPR et Ettakatol, sans les mentionner spécifiquement, il a décidé de s’en remettre à l’Assemblée nationale constituante en soumettant dans les prochains jours à son investiture, la nouvelle composition de son gouvernement.

Attendu depuis six mois et reporté à d’innombrables reprises depuis juillet dernier mais annoncé pour ce samedi avec conférence de presse au programme, le remaniement ministériel n’a finalement pas eu lieu.
Les journalistes étaient au rendez-vous, au Dar Al-Dhiafa à Carthage, malgré quelques appels au boycottage. Le Chef du gouvernement aussi. Mais au lieu d’annoncer la composition de la nouvelle équipe gouvernementale, Hamadi Jebali s’est borné à expliquer pourquoi elle n’a pas pu être mise sur pied. Il a avancé une foule de justifications et développé un long argumentaire pour enfin dire que, « si les divergences persistent au sein de la Troïka à ce sujet, je prendrai sur moi de proposer une équipe gouvernementale à l’Assemblée nationale constituante en sa qualité de dépositaire, en dernier ressort, de la légitimité populaire et politique » si une solution n’est pas trouvée par consensus.

La formation du gouvernement échapperait de ce fait aux états-majors des partis et tournerait au cavalier seul  d’un chef de gouvernement que ne rebuterait pas l’épreuve de force, y compris contre certaines composantes de son propre parti.

Le Chef du gouvernement a rappelé les efforts consentis au cours des derniers mois et les nombreuses concertations menées avec les différentes parties prenantes politiques en vue d’élargir le champ de la coalition au pouvoir, de conférer au gouvernement plus d’efficacité, une année après sa prise de fonction, d’accélérer le rythme de réalisation des objectifs de la Révolution, et surtout de réunir les conditions permettant de finir « au plus vite » la période transitoire. Il a, dans ce contexte, avancé « début septembre » comme date probable des prochaines élections. « J’ai dit plusieurs fois et je le redis encore que notre objectif est d’avoir des élections libres, transparentes et crédibles d’ici cet été, peut-être début septembre, pour passer de l’étape transitoire à celle d’un gouvernement stable et doté d’institutions légitimes », a-t-il dit.

Confirmant la véracité des fuites distillées depuis samedi matin sur les réseaux sociaux, le Chef du gouvernement a indiqué qu’une ultime réunion de la Coordination de la Troïka, tenue vendredi dans la soirée, n’avait pas permis de se mettre d’accord sur la répartition des portefeuilles ministériels, « malgré un consensus autour de la plateforme politique qui avait emporté l’adhésion des partis et personnalités nouvellement ralliés à la coalition ».

D’après Jebali, la volonté de remanier le gouvernement après l’évaluation de l’apport de chacun et l’identification des lacunes répond à l’impératif de passer au plus vite aux élections, d’une part, et de se donner les moyens de réaliser les objectifs de réaliser les objectifs de la révolution et donc les attentes des Tunisiens en termes d’emploi, de sécurité, de lutte contre la corruption et la pauvreté, de dédommagement des victimes et de développement, y compris et surtout de développement régional.

Il est impératif, a-t-il, de parvenir au plus large consensus possible des acteurs de la vie nationale pour mener à son terme la mission consistant à doter le pays d’une Constitution démocratique garantissant le caractère civil de l’Etat et d’instances légitimes sans lesquelles il ne saurait y avoir une vraie transition démocratique. Nous devons tous œuvrer en faveur de l’avènement de l’Etat protecteur des libertés afin de barrer la voie à quiconque s’aviserait de se substituer à l’Etat sur ce terrain. C’est en agissant de la sorte que nous mettrons fin à la violence politique, sociale ou religieuse, d’autant qu’il n’y a pas de conflit identitaire dans notre pays et que les extrémismes n’ont pas de raison d’être.

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Tags : cpr   Ettakatol   gouvernement   jebali   remaniement   Tunisie  
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1 Commentaire
Les Commentaires
Ben m'rad noureddine - 26-01-2013 22:58

le discours du premier ministre est positif et rassurant à plus d'un titre .Espérons que tout cela puisse se traduire dans les faits.L'heure est à la conjugaison des efforts de tous les tunisiens. On vous fait confiance Monsieur le Premier Ministre. Que Dieu vous aide et procure à la Tunisie ,la paix et la prospérité tant convoités.

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