Mohamed Bouallègue, le Gafsien devenu le plus Japonais des Tunisiens
2010-05-02
Tokyo- Correspondance particulière pour Leaders - En quittant Gafsa, cet été 1975, pour aller explorer en vacances l’Europe de ses rêves, Mohamed Bouallègue ne croyait guère faire à Amsterdam une rencontre qui changera le cours de sa vie. Entre jeunes touristes du monde entier visitant la Hollande, les amitiés se nouent facilement. C’est ainsi qu’il fera la connaissance d’une étudiante japonaise qui l’invitera à visiter l’empire du soleil levant. Il s’arrangera pour payer son billet d’avion et débarquera à Tokyo pour quelques jours.
Agréable première surprise : l’accueil est chaleureux. Très peu d’arabes, à l’époque foulaient le sol nippon. Mais, la chance lui sourira encore plus, lorsqu’il découvrira que son amie est issue d’une grande famille qui donne au Japon de hauts dirigeants politiques et économiques.
La villégiature au Japon, prévue pour quelques semaines, s’éternise depuis plus de 35 ans. Lorsque la Tunisie ouvre son ambassade a Tokyo, il sera le premier ressortissant tunisien immatriculé au Japon. Il est également le premier à obtenir la nationalité japonaise. Récit d’une véritable success story.
Souvenez-vous : en 1975, le Japon commençait à s’ouvrir sur le monde, à exporter ses produits High-tech et cherchaient des spécialistes qui connaissent les pays arabes. Mohamed, ayant rapidement appris la langue japonaise et effectué quelques travaux de consultants est devenue l’oiseau rare. C’est ainsi qu’il a été immédiatement recruté par JVC, pour renforcer ses équipes marketing et ventes pour le Golfe et l’ensemble des pays arabes. Sa formation d’ingénieur et la pratiques des langues, en plus de son sérieux lui ont valu un bon salaire d’expatrié, une promotion rapide et beaucoup de considération. En très peu d’années, il montera en grade et multipliera plusieurs fois son salaire. L’obtention de la nationalité japonaise est venue en récompense bien méritée.
Investir dans la recherche & développement
Mais, des qu’il s’approcha de la cinquantaine, il commença à songer à une deuxième carrière. JVC ne le lâchera pas et lui proposera d’assurer, pour son propre compte, la représentation de la marque et la distribution de ses produits en Inde, un marché de plus de 1 milliard de clients potentiels. Pour lui, une bonne organisation avec des partenaires locaux a tout réussi. Deuxième challenge qu’il relève avec brio : créer un centre de recherche et de développement au Japon. S’appuyant sur de précieuses compétences technologiques, il investira dans l’innovation afin d’aboutir à des brevets prisés par les grandes multinationales. L’effort paye, la persévérance aussi. Nouvelles réussites.
La tête en Asie ou il développe partout nombre d’affaires, il garde le cœur à Gafsa. Dès son arrivée à l’aéroport de Tunis Carthage, il y filera directement. Retrouver la famille, les amis d’enfance et les saveurs d’antan constitue pour lui son plus grand bonheur. Maintenant que Gafsa bénéficie d’investissements soutenus et accueille dans son université plus de 17000 étudiants, songe-t-il y investir en R&D ? Sourire énigmatique de l’enfant du terroir qui a tout appris des japonais sans y perdre son âme…
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