Démocratiser le Jazz

2009-04-08
1471 Visites
Partager    voir les 2 commentaires       Imprimer 

Slim AbidaSlim Abida, illustre bassiste a décidé de mettre sur pied une formation musicale visant à braver les frontières qui existe entre les jeunes tunisiens et le Jazz. Longtemps considéré comme une musique élitiste, le Jazz s’est retrouvé fort loin de la jeunesse tunisienne. Chose qui n’a pas échappé à Slim.

Ouvert sur toutes les musiques, Slim Abida est un vrai caméléon musical. Jouant du métal, du reggae, du gnawi, du Jazz et bien d’autres styles, il arrive à se mouvoir dans le cercle fermé des artistes confirmés. La preuve en est qu'il collaborera avec Nabil Khmir, Habib Samandi et l’illustre Fawzi Chekili: « je vois dans toutes ces expériences que ce soit le métal, le jazz ou autres des nouvelles perspectives musicales, de nouvelles techniques à acquérir, de nouveaux sons. Et je m’en nourris. »

 Précurseur en matière de rock, il a été l’un des premiers fondateurs de groupe de black métal en Tunisie. En 97, il piochera dans les œuvres de Stephen King et nommera son groupe « Gorthol ».  Quelques années après, il montera un autre groupe, toujours dans le même genre qui se fera connaitre sous le nom de Melmoth. Cette formation sera l’un des groupes les plus connus de la scène black métal tunisienne et sera également le premier groupe tunisien à jouer hors des frontières locales à savoir au Maroc et en Algérie. La qualité musicale de ce groupe fit l’unanimité parmi les experts en la matière mais il finira par être dissout. C’est là que Slim pourra se donner à 100% dans un autre projet créé avec Halim Yousfi qui portera le nom de « Soul Bowl Vibration » avant de porter le nom sous lequel tout le monde le connait aujourd'hui: « Gul trah sound system ». Cette formation n’aura rien à voir avec les précédentes.

Une fusion  de Gnawi, de Chaabi, de Dub et de reggae

Au sein de ce groupe Slim jouera une musique tout à fait différente ; une fusion de Gnawi, de châabi, de dub et de reggae.  Le groupe rencontrera un franc succès auprès du public tunisien et multipliera les apparitions sur scène un peu partout en Tunisie.

Mais le nouveau-né parmi les projets de ce bassiste hors pair, c’est « Jazz Oil ». Après 13 ans de basse, Slim Abida ne s’est toujours pas résolu au fait que la basse n'est qu’un instrument d’accompagnement. « Iil s’agit ici d’une nouvelle mise en évidence de la basse pour montrer un autre visage de cet instrument ». Partant du principe que la basse est un instrument à part entière, un instrument de composition, un instrument qui puisse jouer les premiers  plans, il monte ce « Ce projet qui tourne, certes, autour de la basse, mais qui ne dénigre pas pour autant les autres instruments. ». Il tentera donc de tirer le public vers le Jazz, d’aller le chercher là ou il est, car « c’est à l’artiste d’aller vers le public et non pas le contraire ». 

C’est également dans l’optique de pousser les novices, les jeunes apprentis bassistes à découvrir leur instrument sous un nouveau jour et à en repousser les limites à leur tour.

Une révolution musicale?

C’est donc avec des amis qu’il mettra sur pied ce qui pourrait être une révolution musicale. Entouré d’une brochette de musiciens très talentueux et d’univers différents, il compte démocratiser le Jazz, qui a longtemps été loin des jeunes. Jihed à la guitare, Tarek à la batterie, Nidhal au Kanoun, Paco aux percussions, et Wissem au clavier, constituent, avec Slim, le noyau dur du groupe. Noyau dur autour duquel gravitent des invités comme la chanteuse Amira Chebli. 

« Nous faisons du Jazz fusion… dans notre musique, on incorpore des touches tunisiennes, du funk et plusieurs autres sonorités musicales diverses. » et c’est cette musique qui figurera dans l’album en cours d’enregistrement et qui apparaîtra sous le titre de « Humanity ». Le choix de ce titre n’est pas dû au hasard, car la thématique de l’album est l’être humain dans tous ces états. La musique dresse donc un portrait de l’humain dans différents états d’âmes. L’album comportera 7 titres exclusivement instrumentaux. Les titres oscilleront entre Heavy Jazz et funk. « La musique est une pâte à modeler, c’est à l’artiste d’en faire ce qu’il souhaite. Il faut juste casser les frontières entre les différents styles et arriver à les concilier. » Bien que les paroles soient absentes des titres présents sur l’album, on arrive à ressentir le message qu’elle véhicule. Le titre « stranger » est le portrait d’un Homme étranger dans son propre monde, dans son propre quotidien. « Crazy » est plus moraliste, il montre au monde que les fous ne sont pas ceux que l’on croit, mais ceux qui ont oublié les plaisirs de la vie et qui se laissent engloutir par la superficialité.  Tous les titres de l’album sont un cri, non pas un cri de détresse mais un cri d’espoir.

Une fois l’album enregistré, le groupe partira dans une tournée promotionnelle locale, visant à élargir le public et à toucher un grand nombre de personnes. « Notre but n’est pas lucratif, ce qu’on veut dans un premier temps c’est démocratiser cette musique et faire passer un message. » L’album sera, certes, vendu mais il sera en téléchargement gratuit sur le site : www.myspace.com/jazzoilmastergroove. Avis aux amateurs!




Partager    voir les 2 commentaires       Imprimer 
Les plus lus
les plus commentés

Les Commentaires
fattnassi 2009-06-26 04:52:00

c'est trés professionel bon chance

salah belhareth 2009-04-12 11:14:00

à lire l'article on crorait que Slim Abida est le messie qui a apporté la musique en tunisie...connaissez vous les frères Mekkaoui, le Marhaba Band, tarak derouiche et bien d'autres...salut quand même

Ajouter un commentaire
Captcha Image
La rupture avec la Syrie : était-ce la bonne solution ? 06/02/2012
Irréfléchie, dangereuse, précipitée : l’opposition, comme les syndicats n’ont ...
La contribution des régions au mouvement national : un rôle occulté 07/02/2012
Quand nous nous sommes engagé, depuis déjà deux décennies, à contribuer à ...
Diplômés chômeurs : Comment revaloriser leurs connaissances et optimiser leurs chances 07/02/2012
Le problème des diplômés au chômage est le talon d’Achille de notre économie. ...
Relancer l'UMA : le défi herculéen de Moncef Marzouki 07/02/2012
Le président Moncef  Marzouki  entreprend, à partir de mercredi 8 février une ...
Le Système financier Tunisien : Un nouveau mode de gouvernance 02/02/2012
Le Gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie, M. Mustapha Kamel Nabli a présidé le jeudi 2 ...
La Wilaya entourée de barbelés 05/02/2012
Ce texte a été écrit en mars2011, lors de la première visite effectuée par la ...
Le ressenti d’un entrepreneur tunisien exprimé devant Christine Lagarde 04/02/2012
S’adressant au directeur général du FMI, Christine Lagarde, lors de sa rencontre vendredi 3 ...
La révolution tunisienne un premier bilan très contrasté 04/02/2012
La révolution tunisienne fête son premier anniversaire. Que de chemin parcouru depuis le 14 Janvier 2011, ...
Habib Bourguiba, Un si long règne 1957-1989 06/02/2012
La biographie d’Habib Bourguiba qui est à nouveau disponible aujourd’hui a été ...
Sortir du marasme actuel n’est pas qu’affaire de financement !!! 01/02/2012
D’un côté, une situation économique et sociale inouïe. De l’autre, un débat ...
Pour l’inscription du Droit à la Santé dans la Constitution 01/02/2012
La révolution du 14 janvier 2011 et les événements qui se sont succédé depuis, ont ...
Quelle solution? 01/02/2012
La révolution risque-t-elle de conduire le pays à la catastrophe ? Le désordre politique, ...
Une constituante démocratique à l’ombre de l’islamisme? 29/01/2012
Si le parti vainqueur du scrutin du 23 octobre avait été un parti de type ordinaire dans la droite ligne ...
Une politique de Stop and Go serait-elle la solution ? 24/01/2012
Face au marasme économique que vit actuellement la Tunisie, il n’y a pas de solutions magiques pour ...
L’Islam n’est pas l’islamisme 24/01/2012
Ce qui triomphe aujourd’hui en islam, c’est la politique. Or il s’agit de la partie la plus pauvre et ...
Démocratie, mode d’emploi 16/01/2012
Finalement, la seconde grande nouvelle de la fin de l’année 2011 aura été la naissance ...
Le décès des SICAF tunisiennes 19/01/2012
Les sociétés d’investissement à capital fixe SICAF ont vu le jour en 1988 suite à la ...
Situation économique et sociale: Un cri d'alarme 19/01/2012
Face à la déterioration de la situation économique et sociale, un an après le 14 Janvier, ...
Conjoncture économique 2012 : Compter un peu plus sur soi ! 19/01/2012
Faut-il s’inquiéter de la relative mais perceptible dégradation de la conjoncture économique ...
Mohamed Lamjed Gdhami 25/01/2012
Ingénieur informaticien, Mohamed Lamjed Gdhami, 31 ans, est féru de nouvelles technologies de la ...