Notes & Docs - 06.04.2010

ADIEU SI HASSOUNA

ZmerliEncore un autre « père » de la Médecine Tunisienne nous quitte. En effet, Si Hassouna Ben Ayed, l’un des « pères fondateurs », comme je les ai nommé lors du 30ème anniversaire de la Faculté de Médecine de Tunis, a rejoint Si Zouhair (Essafi et Kallel), Si Ali (Boujnah et Belkahia), Si Béchir (Hamza), Si Mongi (Ben Hamida), Si Mahmoud (Yaacoub), Si Abdelaziz (Ghachem) … et sa femme à laquelle il était très attaché.

C’était un maitre, un libre penseur, un serviteur de l’Etat et un fondateur.

D’autres plus qualifiés que moi ne manqueront pas de témoigner pour rappeler ses nombreuses réalisations en Médecine Interne et en Néphrologie (dont la greffe rénale) ainsi qu’en Réanimation, en Rhumatologie et en Endocrinologie… pour ne citer que les plus connues d’entre elles car il sera certainement très difficile d’en dresser un inventaire exhaustif.

Je témoignerai plutôt sur ses qualités.

Il était un MAITRE, dans tous les sens du terme, c'est-à-dire qu’il guidait ses jeunes collègues et les aidait à entreprendre des actions communautaires, dans l’intérêt de tous. C’était cela sa force : par l’intermédiaire d’actions individuelles, il rendait service à la communauté nationale, à la santé publique et par conséquent au citoyen.

Pour ne citer que mon exemple :

  • C’est lui qui, Doyen, m’avait fait confiance et chargé, par intérim, des fonctions de « Chef de Département de Pharmacologie » après le départ du Pr Maurice Riotte, alors que je venais seulement de finir ma 3ème année d’A.H.U et ma 5ème année d’enseignement en Pharmacologie.
  • C’est lui qui, avec l’accord et l’appui de Si Saadoun Zmerli, avait suggéré ma candidature de chef de service de Biochimie Clinique à l’Hôpital Charles Nicolle, à Monsieur Le Ministre de la Santé Publique, Si Rachid Sfar.

C’était un homme plein d’HUMOUR, un humour fin qu’il distillait à raison de phrases concises et d’anecdotes succulentes, pleines de bon sens et qu’il fallait décrypter pour en retenir les leçons. Ceux qui, comme moi, ont en le privilège d’assister aux séminaires de Pédagogie à Jerba et à Zarzis et aux déjeuners à Grombalia organisés par feu Si Ali Boujneh, le savent et peuvent en témoigner.

C’était également un homme FIDELE, fidèle à ses amis, à ses élèves et aux membres de sa large famille Jerbienne, quelle que soit leur appartenance sociale ou leur niveau intellectuel.

C’était un homme FIER, libre et courageux… un SEIGNEUR qui a toujours su donner, en prenant peu pour lui : on peut dire de lui qu’il était « Serviteur mais pas Servile, loyal mais pas courtisan».

Le bon sens populaire veut que « l’on ne meurt pas quand on vous enterre, on meurt quand on vous oublie».

Personne ne vous oubliera, ADIEU SI HASSOUNA.

Le Doyen Chalbi BELKAHIA

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