Opinions - 22.01.2019

Mahsouna Sellami : De la nécessité de la culture des sens, pour résister à la culture de la mort

Mahsouna Sellami : De la nécessité de la culture des sens, pour résister à la culture de la mort

Etat de l’art en Tunisie

Comment expliquer l’inertie et l’indifférence de certaines personnes face à des drames ou à des actions criminelles quotidiennes alors même que leur indignation est redoutable et parfois démesurée  face à certaines productions artistiques contemporaines engagées(1)  ? Comment expliquer qu’un individu analphabète ou hautement diplômé puisse être capable d’atrocité, d’immoralité ainsi que d’actes inhumains et violents (harcèlement, torture, viol, vol, radicalisme et terrorisme)? Pouvons-nous l’expliquer par l’abondance de références traditionnelles, dogmatiques et de  connaissances immuables (la vérité unique) au détriment de la culture du sensuel, de l’émotionnel et des repères en relation avec les valeurs humaines ? Bref le désarroi de cet individu serait-il l’interprétation d’une ignorance aveuglante, dont l’antidote serait l’art(2) et la culture en général ?

De nos jours, les disciplines telles que la technologie et les sciences exactes sont plus favorisées que celles des sciences humaines qui permettent la culture et la mobilisation des sens. C’est depuis des décennies que notre système politique et éducatif considère ces dernières comme étant des champs secondaires.

La présence insuffisante pour ne pas dire l’absence de ces champs dans les cursus scolaires, ne peut pas se justifier par des raisons économiques et matérielles, puisque l’enseignement de certaines disciplines peut être assuré sans le recours à d’importants financements. Les seuls arguments possibles seraient soit l’ignorance des décideurs soit leur fanatisme et leur volonté de manipulation. 

Les conséquences de l’état de délabrement de la culture et des arts, dans la société tunisienne aujourd’hui, sont là, visibles et catastrophiques.  L’expérience de l’art dans l’existence du citoyen se limite souvent à la séance de dessin ou d’expression plastique programmée dans certaines institutions éducatives.

La vitesse de disparition des lieux culturels permettant l’accès à la connaissance, à la critique, à la réflexion et au dialogue, est spectaculaire (disparition de ciné-clubs, de maisons de jeunes et de culture,…). Ce désert culturel est incontestablement l’une des principales causes du désespoir de l’individu-citoyen, de son désarroi et de sa démotivation ; ces états de l’être le rendent fragile, vulnérable et ainsi plus perméable à la culture de la mort, sous toutes ses formes (mort du plaisir, mort de la curiosité, mort de la tolérance...). Le développement personnel d’un jeune est tributaire de la qualité de son encadrement. En effet, le développement de ses ressources évolue selon son environnement éducatif et culturel où les repères spirituels et culturels des parents, des éducateurs et des amis sont y sont déterminants.

Des études en neurosciences ont confirmé l’influence extraordinaire des sens sur le raisonnement et la cognition. L’art est par excellence la discipline  qui stimule, sollicite et développe le plus nos sens. Ainsi, ne devrait-il pas interpeler l’ensemble des dimensions humaines et les champs de connaissance qu’elles investissent ? Nous essayons d’interroger alors la dimension de la sensibilité et son impact sur l'épanouissement de l'individu. Un épanouissement en relation avec sa productivité et son progrès ainsi qu’avec son éducation morale et ses capacités cognitives et créatrices.

La politique scolaire a développé un contexte social propice à l’inertie des sens. Elle a réussi à détourner l'envie de réfléchir et de créer, chez les citoyens. Ceux-ci sont devenus fidèles à un système unique dont ils sont les très bons consommateurs de la pensée et des produits. Ainsi occultée et écartée, la sensibilité personnelle risque de renfermer l’individu dans un isolement qui le fragilise.
Il va sans dire que la valeur des sciences exactes est incontestable et que la maîtrise de la technologie et des techniques est nécessaire mais leurs vertus ne peut être que décuplées par l’éducation culturelle et artistique. L’art  instaure en nous une attitude de passionné(e) qui avance en aimant la vie. Il favorise l’accroissement de l’observation et de la curiosité intellectuelle, le pouvoir d’ouverture au nouveau, la capacité de créativité, le désir d’apprendre. Ces attitudes préparent à la vie démocratique et à la transgression de toutes sortes de dogmes, ce qui est loin de réconforter les dictateurs et leurs fanatismes.

Enseigner et éduquer par l’art

Dans son ouvrage La crise de l’éducation Thomas De Koninck nous dit « Le but de l’éducation, c’est le bonheur. C’est de donner un sens à la vie de chacun, d’élever vers une vie proprement humaine. D’où le beau mot d’élève, justement(3) » . L’élève(4), l’étudiant ou l’apprenant en général, est ainsi au centre de l’enseignement. 

Pouvons-nous concevoir le processus éducatif et culturel comme une sorte de pratique artistique qui stimule les sens à la recherche du bonheur dans tous ses états? Dans ce cas, les matériaux seront les dimensions intellectuelles cognitives, physiques et émotionnelles de l’être-étudiant. Ils seront approchés de façon globale et plus ou moins égale.  Nous essayons ainsi de réfléchir sur la question de la pluridisciplinarité dans les contenus pédagogiques et les conditions du transfert de la connaissance(5). Nous pourrions alors assurer de meilleures acquisitions, en progression perpétuelle et en relation avec l’émergence et la capacité d’accueil du nouveau.

En se plaçant au centre de la formation générale, la culture du sensible dans la vie humaine devient-elle alors un processus pédagogique pour résister à la culture de la mort ? Ainsi, l’ignorance se transformerait plus facilement en connaissance, l’accumulation du savoir et la spéculation intellectuelle en intelligence, la banalité en singularité, la léthargie en énergie et vitalité, la haine en amour, l’angoisse en bonheur, le désarroi en sérénité et en sagesse, l’habituel en problématique, la vérité en des vérités, la dépendance en autonomie, bref la mort en amour de la vie. « Exister est un fait, vivre est un art. Tout le chemin de la vie, c'est passer de l'ignorance à la connaissance, de la peur à l'amour(6) ».

Eduquer, ce n’est pas remplir un vase, c'est allumer un feu(7)  en stimulant le sensible et l’émotionnel. C’est enseigner par l’art et user d’approches, d’attitudes et de stratégies communicatives qui lui sont spécifiques. C’est-à-dire emprunter son chemin balisé par des aptitudes qui sont éducables et peu couteuses. Ce type de capital culturel ne se transmet ni par les gènes, ni de la même façon que le capital financier(8) .  Ces aptitudes sont telles que :

  • l’amour (de l’humain, de la vie…de soi et de l’autre)
  • le désir (attitude de quête, l’état d’éveil, mobilisation des sens, la curiosité, la patience,  l’accueil du nouveau, la fuite des sentiers battus, la transgression des dogmes)
  • l’intelligence (l’accroissement de la créativité, le meilleur comportement face à des situations inhabituelles aux aléas imprévisibles, la capacité de changement de cap et de l’acquis de savoir et de pouvoir) 
  • la résistance (la persévérance, le refus de l’oppression, regarder et raisonner par soi-même).

En chacun de nous, existent naturellement et culturellement des sentiments à la fois de peur, de dégoût et aussi d’amour, de bonheur et de compassion. C’est l’articulation mesurée et démesurée de ces sentiments, qui guiderait notre perpétuelle lutte pour la liberté, l’égalité et la dignité ainsi que pour la résistance à la dictature et au dogmatisme. La culture des sens  ou la dimension émotionnelle semble être de plus en plus une nécessité. Ceci exige l’implication complémentaire de l’ensemble des médiateurs ou acteurs dans l’éducation et la culture : les institutions scolaires(9), les organismes sociaux, politiques et culturels par leurs soutiens ainsi que la famille par l’amour inconditionnel de ses membres.
En grandissant dans une approche éducative globale et transgressive(10), l’individu apprend à connaître le monde, à se connaître, à tirer le mieux de lui-même. Il s’agit d’un processus vital, dynamique et créatif qui réduit en tout cas l’espace-temps de l’ennui et du vide chaotique, source de naissance des idées destructrices des valeurs humaines(11).     

Quelle que soit la discipline, il est possible de concevoir un système pédagogique qui approche la connaissance en engageant l’individu dans sa globalité. Dans ce cas, les stratégies de communication seront étudiées de façon à réaliser une fluidité et une interdépendance entre les différentes matières et spécialités que le système actuel a tendance à fragmenter. Ce nouveau système serait une manière de vouloir atteindre l’objectif du développement de l’être dans une globalité qui touche aussi bien les champs de la sensibilité, que celui de l’aptitude physique et celui du comportement morale, bref celui du bonheur humain. Il va sans dire que sensibilité et moralité entretiennent des liens insoupçonnés, dont il serait temps de prendre conscience.

La fonction de l’enseignement ne devrait pas se limiter à la production de compétences adaptées au marché économique et aux performances qu’il demande. Autrement la formation deviendrait instruction-séduction en réponse aux besoins de la société de consommation et en conformité avec ses principes. Par conséquent, La sélection des matières à enseigner répondrait, aux exigences de cette formation en un temps très court. Ne seraient alors retenues que celles jugées utiles à la demande immédiate du système.

Dans ce cas, les indicateurs de la réussite dans une institution seront classés selon la quantité (nombre d’inscription et de diplômés, employabilité…) plutôt que la qualité (savoir, savoir-faire et savoir être). Or les deux qualificatifs devraient être aussi importants l’un que l’autre pour mesurer la performance d’une formation institutionnelle.

L’éducation par l’art ne s’accomplira pas sans l’engagement de l’apprenant et sans son implication réelle et efficiente. Cependant celui-ci qui a souvent peur d’exposer son authenticité, craint sa vulnérabilité, l’aléatoire ou le rejet d’autrui. Ainsi il se cantonne dans la conformité demandée par son éducateur(12)

L’éducation par l’art n’est pas juste un espace-temps de divertissement et de loisir. Son importance dépasse ces idées reçues. Il s’agit d’user de démarches ou d’approches pédagogiques et artistiques qui garantissent et multiplient les occasions pour stimuler la sensibilité, accéder à la singularité et cultiver l’efficience physique ainsi que les capacités nécessaires à l’employabilité et à la vie morale et citoyenne. Dans ce cas, il se constitue une interrelation et une dialectique entre ces approches empruntées à l’art et la didactique adéquate à chaque discipline. L’enseignement ainsi conçu permettrait à tout apprenant l’accessibilité à la culture de sa sensibilité pour ne plus être dans la vie, seulement dans l’attitude d’un simple consommateur et spectateur passif, mais aussi dans celle de l’acteur.

Par ailleurs, il faut dénoncer la pression sociale ou familiale, subie souvent plus par les garçons que par les filles, concernant la pratique de certains arts. En effet, en général, la danse, le théâtre, le chant et bien d’autres pratiques artistiques restent souvent désapprouvés socialement(13) . Encore une raison pour entamer au plus vite, un processus de réforme globale et de fond en vue de changer ces comportements discriminatoires ainsi que certaines mentalités et habitudes traditionnelles culturelles, inhibitrices du développement personnel(14).

Conclusion

Quand chez une personne un dégoût, un désarroi ou simplement un mal-être s’installe, ses relations avec autrui et avec la moralité deviennent envenimées et fragilisées. Cette personne cherchera un champ d’action et d’existence pour camoufler ou vaincre ses faiblesses et pour se sentir forte avec des pouvoirs. La voie la plus facile et la plus rapide c’est d’intégrer un groupe, de répondre aveuglement à ses demandes pour obtenir refuge et protection. Une dépendance où la sensibilité et la subjectivité, se trouvent vulnérable et remplacée par une cécité morale, menant cette personne droit à l’instabilité, à la drogue, à l’endoctrinement et peut-être, par la suite au fanatisme, au radicalisme, à la violence et probablement à la mort.

Les pouvoirs de la culture des sens apparaissent dans la résistance à la délinquance et à cette cécité morale. Aujourd’hui cette résistance est une arme pour combattre des ennemis multiples dont l’ignorance reste la caractéristique commune et partagée par tous. Cette ignorance est nourrie par l’inhibition de la subjectivité, de l’émotionnel et tout ce qui s’en suit. 

L’éducation et la culture sont des projets d’investissements dont les vertus ne sont pas immédiates. Elles favorisent les libertés et l’élévation de l’âme, ce qui n’avantage pas la dictature, mais prépare plutôt à la vie en démocratie(15).

Les médiateurs de l’éducation, de l’art et de la culture sont redevables de faire redécouvrir aux personnes perdues et englouties, par le courant du rationnel et de la vérité unique, le monde sensible et ses enjeux émotionnels. Ce qui est pointé là c’est la dimension thérapeutique de l’art qui permet la réconciliation de l’individu avec lui-même et qui l’aide à se débarrasser du mal-être, de la souffrance et de bien d’autres maux. La vie est vouée à la mort. Pour qu’elle ne devienne pas un abime de malheurs et de laideurs il faut la doter de rêves, de désirs, de jouissances, bref d’humanité et d’amour(16)

Mahsouna Sellami
Professeure à l’Université de Carthage
"Art et vie", actes de colloque de l'ATEP, Sunomed éditions, 2017

(1) Le cas de l’exposition d’El Abdellya, Tunis 2012.
(2) L’art est une activité qui a presque l’âge de l’homme. Il a été le compagnon de l’être, son moyen de résister à l’instabilité des choses et sa nourriture spirituellel, depuis la préhistoire jusqu’à nos jours, c’est dire qu’il reste, malgré tout un besoin vital et non un luxe pour lui.
(3) Thomas De Koninck, La crise de l’éducation, Les éditions Fides, Québec 2007
(4) Étymologiquement le terme vient de élever « porter plus haut »; au  XIIIème : « amener un enfant à son plein développement ». Au XVIIIème  Le terme désigne alors «une personne qui reçoit ou suit l'enseignement d'un maître dans un art ou une science». Le mot quitte ensuite le domaine spécialisé des arts et des sciences pour s'étendre à la formation générale. L'élève est alors une personne, souvent un enfant, dont l'éducation tout entière est placée sous la responsabilité d'un percepteur.
http://www.cornelsen.de/erw/1.c.2152956.de
(5) « La mission essentielle de l’enseignement est de nous préparer à vivre ! Or il manque à l’enseignement, du primaire à l’université de fournir des connaissances vitales. Ainsi, on n’enseigne pas ce qu’est être humain : les savoirs sont dispersés et compartimentés dans les sciences humaines et les sciences biologiques. On enseigne le cerveau en biologie et l’esprit en psychologie, alors qu’ils n’en font qu’un…On donne des connaissances sans enseigner ce qu’est la connaissance. Toute connaissance est une traduction suivie d’une reconstruction cérébrale, qui subit le risque d'erreur et d'illusion. » E. Morin, http://www.revue-entre.fr/?q=content/edgar-morin-pour-moi-resister-est-un-mot-tres-actuel.
(6) Frédéric Lenoir http://www.fredericlenoir.com/essais/petit-traite-de-vie-interieure-2/
(7) Aristophane.
(8) « Je ne crois pas que le capital culturel se transmette comme le capital fric » Edgar Morin
(9) Qu’attendez-vous que l’école offre ou apporte à vos enfants ? Posée ainsi, la question susciterait des réponses constituées de termes comme l’acquisition de connaissances et de compétences, le sens du travail, l'habitude de passer des examens, la discipline et la réussite ainsi que le bonheur, la confiance en soi, l'épanouissement, une conduite équilibrée et une vie pleine de sens. Ces termes définissent un champ lexical permettant la transversalité entre les domaines du savoir, du savoir-faire et du savoir-être. En référence à l’étude et aux deux questions : « Que désirez-vous le plus, pour vos enfants ? » « Qu'enseigne-t-on à l'école ? » posées par Martin Seligman « L'un des fondateurs de la « psychologie positive » (selon laquelle, pour s'épanouir dans l'existence, il ne suffit pas de neutraliser les émotions négatives et perturbatrices, il faut aussi favoriser l'éclosion d'émotions positives) »  http://ici-et-maintenant-ici-maintenant.blogspot.com/2013/11/une-education-eclairee.html
(10) En effet, ce n’est qu’en se faisant violence, en persévérant et en se transgressant philosophiquement et artistiquement, qu’une personne pourra percevoir les vérités des choses et non uniquement leurs ombres ou leurs interprétations et acquérir ainsi, le savoir constructeur
(11) L’allégorie de la caverne de Platon qui est encore d’actualité est un bon exemple pour aborder et introduire les notions de la connaissance, de la représentation et de la perception des vérités.
(12) Le pire c’est que ce dernier lui-même, dans certains cas, s’y désintéresse et arrête de lutter pour améliorer cette situation destructrice.
(13) Nous entendons souvent des pensées telles que : les garçons ne dansent pas c’est exclusif aux filles, le danseur est forcément homosexuel. Même pour celui qui est moins homophobe, il essaie d’éviter l’étiquette au détriment de son épanouissement.
(14) Sans cela la dictature des systèmes continue à exister et les dogmes persisteront et développeront davantage la culture de la mort plutôt que celle de la vie.
(15) Ce n’est pas par hasard que ce sont les pays les plus démocratiques qui respectent le plus les valeurs humaines et où les arts et la culture en général y sont les plus développés.
(16) L’œuvre d’art est souvent perçu, à tort, comme étant un besoin secondaire et non existentiel. Qu’elle soit Sous forme de musique, de film, de danse de spectacle de sculpture ou autres, l’œuvre artistique est consommée par tous, même par ceux qui vivent dans des milieux défavorisés. Elle est une sorte d’oxygénation du cerveau, de parenthèse vitale pour ne pas s’étouffer. Les besoins qui se rattachent à la subsistance ne sont pas les seuls utiles dans la vie humaine.

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2 Commentaires
Les Commentaires
Denis Lesage - 03-02-2019 09:55

la liberté d'expression née de la révolution de 2011 a produit des flots d'individualismes antagonistes.Sur cet océan de particularismes flotte une mince couche de culture qui constitue le lien detoute la Tunisie.Des chanteurs, Hédi Jouini et d'autres, des plasticiens, Gorgi et d'autres, constituent le bien commun des tunisiens, toutes catégories sociales confondues.La culture "vieille comme le monde" appelle un investissement massif, pour l'avenir.

Abdelkader Maalej - 03-02-2019 11:27

Quelle clairvoyance! Mais où sont les maîtres qui pensent qu'une tête bien faite vaut mieux qu'une tête bien pleine. Est ce qu'il existe encore des maîtres de la trempe de feu Tahar Charia. Professeur de lettres au Collège de de garçons de Sfax au cours des années cinquante du vingtième siècle M Tahar fondateur du ciné club en Tunisie nous exhortait de temps en temps nous ses élèves à aller voir un film projeté dans l'une des salles de cinéma de la cité. Le jour suivant notre vénéré professeur consacrait le cours à un débat tournant autour du film concerné Tout le monde devait y participer.Quelle classe.Quel amour pour l'art? Je ne t'oublierai jamais mon professeur. Que ton âme repose en paix

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