News - 20.10.2018

Exclusif : Pourquoi Taboubi, Majoul et Trablesi sont allés ensemble chez le directeur général du BIT à Genève

Exclusif : Pourquoi Taboubi, Majoul et Trablesi sont allés ensemble chez le directeur général du BIT à Genève

Genève, correspondance particulière pour Leaders. « Vous retrouver ici tous ensemble, ministre des Affaires sociales, secrétaire général de l’UGTT et président de l’UTICA, est à lui seul le plus grand engagement, jusque-là inédit, de la Tunisie à accélérer les réformes indispensables. Ce n’est pas évident et j’en suis impressionné. » Il est 13 heures, ce vendredi au siège de l’Organisation internationale du Travail (OIT), lorsque Guy Ryder, accueille chaleureusement Mohamed Trabelsi, Noureddine Taboubi et Samir Majoul, en présence de Walid Doudeche, l’ambassadeur représentant permanent de Tunisie à Genève, et Khalil Ghariani, membre du bureau exécutif de l’UTICA et du conseil d’administration de l’OIT.

La réunion a été montée sur le pouce, mais bien préparée tant par la délégation tunisienne tripartite qu’avec le cabinet de Ryder, ce qui a permis d’entrer immédiatement dans le vif du sujet. Avec le gouvernement, les deux centrales, ouvrière, l’UGTT, et patronale, l’UTICA, ont voulu envoyer un message fort d’assurance au BIT et, au-delà des institutions internationales et autres bailleurs de fonds, quant à la détermination commune de faire avancer les réformes. Qu’il s’agisse des caisses sociales, de la compensation ou de l’avenir des entreprises publiques, ou encore du contrat social (appuyé par l’OIT), la rencontre qui a duré plus d’une heure et demie, devait passer en revue tous les aspects de la situation économique et sociale en Tunisie.

Noureddine Taboubi, sans cravate, était bien dans son statut de dirigeant syndicaliste, appuyant cependant des propos positivistes. Il rappelle certes que l’UGTT a lancé un préavis de grève générale, mais ne cache pas qu’il n’aime pas y être contraint, escomptant la compréhension du gouvernement pour parvenir à un accord acceptable. Il s’affirme solidaire de l’engagement tripartite pour les réformes.

Samir Majoul est plus à l’aise. L’UTICA a déjà signé les nouveaux accords salariaux pour le secteur privé, ce qui rend sa position, en apparence, plus confortable, mais il ne se laisse pas y aller. « Nous devons rester vigilant sur ce qui risque de se passer sur le front social en Tunisie, expliquera-t-il. Ce qui concerne le secteur public, impactera également celui privé, ajoutera-t-il. Tout est lié. Aujourd’hui, nous ne sommes plus, UTICA et UGTT, mais aussi gouvernement, dans un rôle classique qui a longtemps prévalu. Nous forgeons ensemble de nouvelles relations, mutuellement bénéfiques. » Majoul remontera, dans ce passage en revue de la situation en Tunisie à l’épuisement du modèle économique, fin de la première décennie précédente, soulignant les bouleversements profonds enregistrés depuis 2011 et pointant la reprise récente de la croissance. L’engagement réitéré de l’UTICA est fortement acquis, affirmera-t-il.

Mohamed Trabelsi, lui aussi sans cravate, était dans cet univers, en terrain connu. Longtemps dirigeants syndicaliste, et membre des délégations de l’UGTT aux instances de l’OIT, mais aussi haut fonctionnaire du Bureau arabe du Travail, il en détient tous les codes. Passé ministre des Affaires sociales, il change certes de statut, sans perdre ses perspectives. Tous les indicateurs doivent être améliorés par la croissance, soulignera-t-il. Avec 2.8% de points réels de croissance, cette année, ajoutera-t-il, sans les hydrocarbures et uniquement le tiers des phosphates, les signes de reprises sont effectifs. Le ministre réaffirmera d’un côté la continuité de l’Etat, c'est-à-dire le respect de tous les engagements pris par les précédents gouvernements successifs et la détermination d’agir étroitement avec l’UGTT et l’UTICA pour aplanir les difficultés et hâter la sortie de crise. 

En secrétaire général du BIT, Guy Rider ne pouvait mieux constater par lui-même d’entente, mais aussi d’engagement collectif. Son appui est précieux pour en convaincre les institutions financières et les autres bailleurs de fonds.

 
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1 Commentaire
Les Commentaires
nebbli - 20-10-2018 19:12

Peut-on s’attendre à une réunion, non la moindre et bien préparée, des premiers dirigeants de l’UGTT, de l’UTICA, du BIT et du Ministre des Affaires sociales sans pour autant aborder la question aussi critique et fondamentale qu’est la productivité ? Evidemment non. Malheureusement, il paraît que c’est précisément l’inattendu qui s’est produit. Les responsables tunisiens ont voulu montré leur engagement collectif à renforcer la reprise récente de la croissance dans l’espoir d’obtenir l’appui précieux du directeur général du BIT (Bureau International du Travail) auprès des institutions financières et les autres bailleurs de fonds. Un rendez-vous manqué pour la Tunisie. Au lieu de creuser sur les gisements, les fondements de toute croissance économique substantielle et durable, à savoir la productivité, la qualité et l’innovation managériale et technologique (le tryptique de compétitivité de toute entreprise) on continue à adpter les solutions périfériques et de surfaces (faciles et coutumières) d’un ordre financier. Une réunion avec le directeur général du BIT à Genève aurait été l’occasion de discuter et de définir ensemble une politique et un programme permettant de promouvoir la productivité des organisations (publiques et privées à but lucratif ou social ou encore administratif) tunisiennes. Faut-il préciser que laproductivité est un concept trompeur car il paraît à la fois évident et simple mais ô combien il est inaccessible, complexe et difficile d’application (lorsqu’on cherche à le mesurer et l’opérationaliser). Certains auteurs et experts, censés posséder ce concept, le confond avec d’autres indicateurs de performance tels que le rendement, la production ou la rentabilité. Le BIT est un organisme international qui possède des véritables experts en organisation du travail, qui comprennent le sens profond de la productivité, qui possèdent les techniques d’amélioration de la productivité et savent la mesurer. Personnellement, sans l’apport d’un expert du BIT, Monsieur Roger Lansley, à travers une formation professionnelle très poussée en organisation du travail, je n’aurais jamais compris le sens profond des principes et des techniques de base de la gestion de la production. Souligner le mérite fondamental de l’expert dans le processus de ma formation constitue le moindre des égards pour celui qui, sans son apport, aucune publication sur l’OT et aucune proposition d’amélioration du Système d’Enseignement supérieur de Gestion n’auraient étés envisageables. J’ai donc une grande dette à l’égard de celui qui m’a révélé notamment l’importance du SF dans le domaine du management et la nécessité de l’enseigner : il n’est pas aussi évident et simple comme on pourrait imaginer et croire en premier abord. Le bon sens et l’expérience ne sont pas suffisants pour garantir sa possession. D’ailleurs, depuis cette formation, je voyais sous un autre jour tout texte étudié précédemment et je réalisais combien des concepts et des outils de gestion, paraissant en premier abord simples d’accès et faciles d’application, sont en réalité riches et complexes en contenu et d’une extrême difficulté d’application sur le terrain. D’ailleurs, c’est uniquement à partir de cette formation que j’ai commencé réellement à saisir et à comprendre les concepts, les principes et les techniques de la gestion opérationnelle et de l’Organisation.

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