News - 20.06.2018

«La Saison Bleue» ou comment mettre en valeur l’exceptionnel potentiel maritime de la Tunisie

Présentation saison Bleue

« La Saison Bleue » : Née en Tunisie, cette initiative de la société civile est partagée par quelques passionnés du sujet maritime et soutenue par un certain nombre de partenaires des deux rives de la Méditerranée : associations, entreprises,  festivals,  clubs ou fédérations sportives, chercheurs ou créateurs. Elle a pour objectif  de rassembler de la mi-juin à la mi-octobre sous un même label, celui de « La Saison Bleue », de nombreuses initiatives ou manifestations mettant en valeur l’exceptionnel  potentiel maritime de la Tunisie. 

Née en Tunisie, La Saison Bleue reçoit déjà le concours des pouvoirs publics, de nombreuses missions diplomatiques en Tunisie, de médias et de mécènes.Tournez-vous vers la mer! La mer comme enjeu stratégique, comme une source de l'histoire mais aussi d'avenir!

Jacques Attali, Janvier 2018, Tunis

Développer une économie bleue, solide et durable pour la région méditerranéenne dépendra fortement de notre capacité à conserver notre mer, nos littoraux et nos écosystèmes marins sains et, où cela est possible, de réparer les écosystèmes dégradés. Nous ne pouvons pas continuer à éroder le patrimoine sur lequel cultures et économies méditerranéennes reposent.

Karmenu Vella, Commissaire européen pour l'environnement, les affaires maritimes et la pêche

L'objectif est simple : rassembler de la mi-juin à la mi-octobre sous un même label, celui de la Saison Bleue, de nombreuses initiatives ou manifestations mettant en valeur l'exceptionnel potentiel maritime de la Tunisie. En fédérant ces activités déjà existantes, et en suscitant de nouvelles, en les rapprochant les unes des autres dans un même calendrier, dans un même festival, et en disposant d'un fort levier de communication en Tunisie comme à l'international, la Saison Bleue souhaite:

  • Faire prendre conscience à tous de l'importance de ce patrimoine maritime et du développement possible de l'économie bleue en Tunisie tout en attirant l'attention sur la vulnérabilité du littoral et de la mer.
  • Proposer une nouvelle image, en pleine saison touristique, à celles et ceux qui visitent par millions la Tunisie et les inciter à respecter un écosystème d'une inestimable valeur.
  • Encourager tous les acteurs de la mer, en Tunisie comme à l’international, à travailler de concert et à construire ensemble une véritable conscience citoyenne.

Une cinquantaine de sites ont été identifiés, soit parce qu'ils disposent déjà de manifestations aptes à être présentées sous le label Saison Bleue, soit parce que des activités pourraient y être proposées. Ces sites seront placés dans les 13 Gouvernorats du littoral tunisien: Jendouba, Béja, Bizerte, L’Ariana, Tunis, Ben Arous, Nabeul, Sousse, Monastir, Mahdia, Sfax, Gabès, Médenine.

Le site Internet de la Saison Bleue permet à tous les partenaires potentiels de proposer leurs projets et manifestations à la labellisation sous la Saison Bleue.

L'agenda des manifestations retenues sera publié mi-juin.

L'opérateur principal est l'Alliance française de Tunisie, en partenariat, entre autres, avec l’Institut tunisien des études stratégiques (ITES), l'association Notre Grand Bleu (Monastir) et la Fédération tunisienne de l’hôtellerie (FTH). 

Comité d'organisation

- Mohamed Aissaoui (Président, Alliance française) Jacques Attali (Economiste, écrivain)

- Rym Bourguiba (CEO, Image &Action)

- Mourad Fradi (Fondateur de Yacht Med Festival) Syhem Belkodja (Directrice, Ness el Fen)

- Olivier Poivre d'Arvor (Président, Musée national de la Marine, France)

Nous contacter: contact@lasaisonbleue.tn

Sur les vingt-quatre gouvernorats que compte la Tunisie, treize d'entre eux ont une façade maritime. Avec plus de 1300 kilomètres de littoral allongé sur cinq parallèles, ces régions côtières, avec leurs cités maritimes, leurs sites antiques riches de mosaïques marines, leurs ports de commerce, de pêche, de plaisance et leurs marinas, leurs plages, leurs îles nous rappellent que la Tunisie possède un très important potentiel de développement de son économie maritime. Mais, également si elle souhaite miser dans les années à venir sur l'économie bleue, qu'elle se doit de protéger ce territoire vulnérable par une action forte et concertée de l'Etat. Une stratégie nationale pour la mer et le littoral tunisiens à partir d'une dynamique de gestion intégrée des zones côtières.

Carthage, fondée par les Phéniciens, peuple de navigateurs par excellence, doit sa grandeur et son universalité à sa maîtrise de la mer et aux trois cents comptoirs dont elle disposait en Méditerranée. Une thassalocratie, seule capitale au monde fondée par une femme, venue par la mer de Tyr en 814 avant JC. Trois siècles plus tard, les Carthaginois construisaient les meilleurs bateaux au monde et leurs grandes expéditions maritimes sur des trirèmes, celles d'Hannon ou d'Hamilcon, ouvraient de nouvelles routes. Lieu de brassage des cultures phénico-punique, romaine, amazigh, paléochrétienne et arabe, cette métropole et ses ports ont écrit l'un des plus grands chapitres de l'histoire du monde. Un monde de marins que les invasions normandes, les vikings, les corsaires et pirates, les armateurs, la relation étroite avec la rive Nord de la Méditerranée ont contribué, à  travers le temps, à illustrer. Même si riche d'une position géographique très privilégiée, à la pointe septentrionale de l'Afrique avec le cap Angela, la Tunisie pourrait mieux capitaliser sur cet avantage maritime. Car la mer ne résume pas à une «façade maritime ». Ce sont de ses profondeurs que naîtra la croissance bleue.

La globalisation est d'abord une maritimisation. Le maritime représente  à l'échelle mondiale plus de revenus (1500 milliards d'euros) que les télécommunications et internet (800 milliards) et l'aéronautique (620 milliards) réunis. Alors qu'en 2018, 60% de la population mondiale vit à moins de 150 kilomètres d'une mer ou d'un océan contre 30% un siècle plus tôt et que 90% des marchandises transitent par les flots, la Tunisie, pays bien doté en la matière, ne saurait négliger cet extraordinaire eldorado bleu qui l'ouvre pourtant depuis l'Antiquité au monde. « Comment se peut-il qu'un territoire qui a marqué l'histoire des Baléares, de la Corse, de la Sardaigne, de Malte et, surtout, de la Sicile, un territoire qui a entretenu des rapports suivis avec la mer, cette mer Méditerranée qui a tellement influencé sa civilisation et sa culture, soit devenu un pays terrien replié sur ses oasis, ses oliveraies et ses plaines céréalières? », écrit ainsi Habib Boularès. Soufiane Ben Farhat insiste: «Nous faisons carrément fi de de notre géographie au profit d'une politique isolationniste, nous tournons le dos à la mer Méditerranée, la couveuse par excellence, au fil des siècles, des civilisations, des brassages et des échanges, même si son rôle se déprécie depuis peu. Même la Constitution de 2014 ignore le statut et l'ancrage méditerranéen de la Tunisie ». La création prochaine à Monastir d'un centre des métiers de la mer et les réflexions proposées par l'ITES sur une stratégie maritime nationale sont certainement le signe d'une nouvelle prise de conscience.

La Méditerranée, traversée aujourd'hui par les drames de la migration, est pourtant une chance pour la Tunisie, au croisement des bassins oriental et occidental de cette Mare Nostrum. Une chance, un moteur de développement économique, humain et politique, un moteur de l'Histoire, de prédominance, de rayonnement et d'échanges. Avec la reprise du tourisme de croisière, de la plaisance et du nautisme, l'augmentation des revenus de la pêche et des chantiers navals, mais évidemment avec la très nette remontée du tourisme, principalement balnéaire, les enjeux économiques de la mer s'imposent à la Tunisie. Reste certainement à repenser un tourisme plus durable, tourné vers la préservation du littoral, à imaginer les infrastructures portuaires du futur, capable de faire de la Tunisie un point central du commerce maritime méditerranéen qui lui permettra, à l'instar du Maroc, de relier l'Europe, mais plus encore les grands ports d'Afrique sub- saharienne où se trouve la croissance du futur.

Parmi les 17 objectifs de développement durable de l'agenda 2030 des Nations Unies, deux d'entre eux disent l'importance des enjeux maritimes pour la Tunisie : la conservation et l'exploitation de manière durable des océans et des mers (ODD14) et la lutte contre les changements climatiques et leurs répercussions. Alors que 70% de la population tunisienne et respectivement 87% et 76% des unités industrielles et touristiques sont sur le littoral, la lutte contre la recrudescence des sécheresses et des inondations et l'élévation du niveau de la mer s'avèrent de plus en plus prioritaires. La pollution du littoral sud tunisien (côte de Sfax, îles Kerkennah, golfe de Gabès ...) due largement à l'industrie pétrolière et à la transformation du phosphate préoccupe de nombreux citoyens et associations. Erosion galopante du littoral, urbanisation, bétonnage, surpêche, pollutions telluriques et marines menacent pareillement le golfe de Tunis. Très lourdes sont les répercussions sur la biodiversité, la faune, la flore, les ressources halieutiques, l'écosystème marin, l'emploi, le tourisme et évidemment la santé des habitants.

Enfin, fin 2017 à Naples, dix pays de l'Ouest de la Méditerranée (Algérie, France, Maroc, Italie, Lybie, Malte, Mauritanie, Portugal, Tunisie, Espagne) ont adopté une déclaration pour le développement durable de l'économie bleue en Méditerranée occidentale (dite initiative OuestMED). La France assurera en 2018 et 2019 la coprésidence de cette initiative qui a pour but de rappeler que la mer, la Méditerranée en l'occurrence, représente autant d'opportunités que de défis ou de risques et qu'elle constitue un extraordinaire levier de croissance.

Du 15 juin au 15 octobre 2018, la Saison Bleue, née d'échanges avec de très nombreux acteurs économiques, touristiques, universitaires, scientifiques, sportifs et culturels, des partenaires publics et privés, tunisiens comme internationaux, mais aussi avec des représentants engagés de la société civile et associative et des ONG, promet ainsi d'être l'évènement qui fera vivre le littoral tunisien bien au-delà des frontières d'un pays pour qui la mer est à la fois source de richesses, d'ouverture au monde et un enjeu stratégique majeur.

Portée par l'Alliance française (dont 4 implantations sur les 6 prévues sont «littorales»: Djerba, Gabès, Tunis et Bizerte) et par B&D et I&A, la Saison Bleue proposera en quatre mois un véritable circuit culturel, scientifique, économique, touristique, qui s'adressera directement à plusieurs centaines de milliers de participants. Ce sont près de 200 manifestations de toute nature qui feront vivre cette Saison Bleue, tout au long des 1300 kilomètres de façade maritime, de Tabarka à Zarzis, en passant par les ports, les marinas, les cités maritimes, les festivals, les plages et les îles de la Tunisie bleue. De nombreux partenaires et ambassades apporteront leur concours à ce programme.

Tous les sujets portés par la mer et l'économie bleue y seront abordés, sous toutes les formes, y compris les plus festives, pour faire de cet été bleu jasmin un évènement à forte valeur ajoutée de communication: tourisme, loisirs balnéaires et sports nautiques, culture, défense et sécurité maritime, environnement, ingénierie et recherche scientifique, transport et commerce maritime, construction navale, infrastructures portuaires, pêche et aquaculture, énergies marines renouvelables, biotechnologie, éolien offshore, forages, dessalement d'eau de mer à grande échelle dans le Sud, industries pharmaceutiques et cosmétiques, transfert de gaz, de pétrole, câbles sous- marins pour transport de télécommunications ou d'énergie électrique ...

La Saison Bleue trouvera son point d'orgue début octobre 2018 en organisant à Bizerte la première édition du "Forum méditerranéen de la Mer", destiné à présenter les enjeux de la mer sous toutes ses composantes et à devenir le grand rendez-vous international récurrent qui fait aujourd'hui défaut sur le sujet.

Charte de la saison bleue

  • Considérant les 3000 ans d'histoire maritime qui ont fait des Phéniciens puis des Carthaginois l'un des plus grands peuples de la mer du monde;
  • Considérant cet exceptionnel patrimoine qui inscrit aujourd'hui les 1300 kilomètres du littoral tunisien, ses ports, ses plages et ses îles au cœur de la Méditerranée comme à la pointe la plus septentrionale du continent africain;
  • Considérant cette façade littorale qui ouvre, depuis toujours, la Tunisie au monde et le monde à la Tunisie et qui favorise le commerce, l'activité touristique, l'échange au sens le plus large, la mobilité;
  • Considérant le rôle géostratégique de la Tunisie sur le canal de Sicile, à 150 kilomètres de l'Europe, aux confins des bassins oriental et occidental de la Méditerranée; considérant les enjeux et défis majeurs actuels du commerce et du transport maritimes pour la Tunisie;
  • Considérant les 8 millions de citoyens tunisiens vivant et travaillant à proximité du littoral et les 8 millions de touristes qui chaque année visitent la côte tunisienne; soucieux de la qualité de la rencontre entre habitants et visiteurs;
  • Considérant la contribution de l'économie bleue en Tunisie, représentant 12% du PIB et génératrice de plus de 600.000 emplois directs, qu'elle agisse à travers le transport et le commerce maritimes, la pêche et l'aquaculture, le tourisme, l'hôtellerie et la restauration, le nautisme, la recherche scientifique...;
  • Considérant cependant la vulnérabilité d'un patrimoine naturel, fragilisé par la pression démographique, le changement climatique, l'érosion marine, l'élévation du niveau marin, les pollutions industrielles les plus diverses et le comportement humain;

Je m'engage, comme Ambassadeur de la Saison Bleue, du 15 juin au 15 octobre 2018

  • A aider à la conscience auprès de tous de la valeur économique, environnementale, culturelle et esthétique de la façade maritime tunisienne; de l'importance de la faune et de la flore, des écosystèmes littoraux
  • à veiller, là où je le pourrais, au respect de ce littoral, des aires maritimes côtières protégées, de la pêche responsable et de la préservation des ressources naturelles, de la biodiversité, de la qualité des eaux et de la propreté des plages mais également de l'urbanisme et de l'aménagement du territoire;
  • à favoriser autant que de besoin la protection du milieu marin, la conservation des traditions culturelles du littoral, de l'artisanat, des techniques anciennes de pêche comme de l'habitat traditionnel, des sites archéologiques, des fêtes et festivals;
  • à prendre toutes les initiatives, pendant la Saison Bleue, pour éveiller la conscience de la ressource comme de la fragilité maritime auprès de toutes celles et tous ceux qui vivent ou séjournent sur le littoral tunisien;
  • à contribuer à l'échelle associative, entrepreneuriale, scientifique, économique, éducative, sur le plan national comme international, à la protection de la planète Mer.

 

 

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