Hommage à ... - 16.03.2018

Mohamed Sayah et la boutade Kairouanaise

Mohamed Sayah et la boutade Kairouanaise

A 85 ans, Mohamed Sayah, personnalité politique  de la Tunisie postindépendance nous a quittés.

Je me rappelle :

Quelques mois après le changement «salutaire» du 7 novembre 1987, le collègue journaliste et non moins ami, Abdelaziz Barouhi rentrait des States où il a potassé  un essai intitulé «DEMAIN LA DEMOCRATIE», sous la supervision du Massachusetts  Institue of Technology (MIT), un temple prestigieux du savoir  pluridisciplinaire.

Dans la foulée de ce changement opéré à la tête de l’Etat par l’ex premier ministre (du  6  Octobre au 6 Novembre) Zine Ben Ali, la quasi majorité des Tunisiens était sur le nuage de» l’ère nouvelle» et sa logomachie «démocratique», d’autant  qu’en dépit des signes d’essoufflement de sa santé, le combattant suprême  continuait  à marteler  jusqu’à la veille de sa destitution qu’il » continuerait à consacrer le restant de sa vie pour combattre la corruption »… L’histoire en a voulu autrement et le même mal persiste à gangrener la société…

Alors président de l’Association des journalistes tunisiens (AJT), Mohamed Ben Salah me propose d’introduire  en débat  public l’ouvrage de Barouhi.

Lieu: Le PALMARIUM, au cœur de la capitale. La salle du cinéma est archicomble. (politiciens de tout bord, des intellos, étudiants et  autres curieux …)

Feu Sayah, libre de ses mouvements était de l’assistance. C’est la première fois que je le rencontre en chair et en os bien que son nom-plutôt sa réputation de faucon – ait-été  sur toutes les lèvres depuis  que nous étions jeunes lycéens puis étudiants. Bref. N’étant ni politicien  ni affilié à aucun parti politique, le  propos ne permet pas à ce que je puisse porter un quelconque jugement sur son parcours politique ni  sur le mal qu’il a infligé aux opposants du régime Bourguibien. D’ailleurs, il avait  -de son vivant -exprimer ses remords et demander  pardon!

Toutefois, dans un bref échange avant la présentation, il nous a rapporté  avec un sourire narquois l’anecdote  du barbier de Kairouan. Ce dernier a affiché à la porte de son officine l’écriteau suivant: «DEMAIN ON RASE  GRATIS».  Si bien  que chaque fois que le crédule passager veut profiter de l’offre, le barbier le renvoie à l’enseigne.

N’as-tu pas lu ,imbécile que le rasage gratuit, c’est pour demain.

Que dalle! Dut-il faire la navette des 365 jours de l’année, le quidam  ne pouvait en vouloir qu’à …sa barbe.

Moralité: Par cette boutade, Sayah voulait-il  insinuer  subtilement que la «démocratie» et la «république de demain» promises  par «l’artisan du changement» relevaient des calendes carthaginoises?

Avec le  recul historique, les 23 ans du pouvoir de Ben Ali  n’étaient que flop et sa république de demain ne serait-elle qu’un avatar de la 2ème République post-révolution?...Dans tout cas de figure, l’essai  de

Barouhi  préfigurait la conjoncture du possible. Il devrait  s’intituler en 2018: «Aujourd’hui la démocratie». A toute fin utile, les hommes périssent ,la Tunisie  résiste et persiste.

Habib Ofakhri

 

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