Opinions - 08.01.2018

Walid Maâouia; Un silence assourdissant!

Walid Maâouia; Un silence assourdissant!

Nous sommes entrés de plain pied dans les élections municipales de Mai 2018, dans un silence assourdissant.

Les premières étapes, qui sont très souvent stratégiques, sont passées à la trappe!

Quel parti politique, quel représentant de la société civile, s’est-il penché sur la liste électorale de la circonscription où il compte présenter une candidature?

A noter, que l’enregistrement des électeurs a démarré le 19 décembre et s’est finalisé le 6 janvier 2018. 

Le deadline est passé !

A toutes fins utiles, il est utile d’offrir un petit éclairage sur les dates fatidiques à venir.

«Concernant les candidatures aux élections municipales, le calendrier électoral fixe l’ouverture des candidatures du 15 jusqu’au 22 février 2018. L’annonce des listes acceptées sera faite au plus tard le 3 mars 2018. Les listes validées définitivement pas l’ISIE après examen des recours seront annoncées au plus tard le 4 avril 2018. Quant à la campagne électorale, elle couvrira la période allant du 14 avril 2018 au 4 mai 2018. Le silence électoral sera observé le 5 mai 2018(1)

Voici pour les faits juridiques et administratifs.

Parallèlement, notre attention est happée par moult évènements nationaux et internationaux.

Soit! Ce sont des sujets stratégiques dont les conséquences peuvent être déstabilisantes pour notre beau pays. Pour autant, cela doit-il nous détourner d’une échéance électorale où notre génération a tous les atouts pour réussir le pari de gagner l’élection municipale. Pourquoi sommes-nous constamment obnubilés par les évènements contextuels? Pourquoi sommes-nous incapables de construire une stratégie de prise de pouvoir?

Certains diront qu’il nous manque un leadership politique omniprésent qui catalyse toute cette stratégie?

D’autres diront, nous n’avons pas besoin de leadership politique. La société civile se suffit à elle-même!

De toutes les manières, et, dans les deux cas, c’est une posture soit de confort intellectuel, soit de peur.

Pourtant, pensez-vous chers citoyens engagés(2), chers citoyens partisans(3) , qu’un électeur va hésiter à élire, lors des élections municipales, un candidat qui est son voisin, qui est son ami d’école, qui est son cousin?

Un candidat, que l’électeur voit vivre au quotidien, se rendant au marché,  à la poste, au café? Un candidat, que l’électeur voit chaque matin emmener ses enfants à l’école, allant au travail, à la pharmacie acheter ses médicaments, chez le médecin pour se faire soigner?

Un candidat, qui à peu de choses près, a les mêmes ambitions locales que les électeurs qui l’éliront. Un candidat qui souhaite un bien-être pour ses enfants, donc pour la communauté.  

Le grand avantage de ces élections municipales est cette proximité qui fait que le candidat n’apparaît pas aux yeux des électeurs comme un surhomme, ni comme un être différent et inaccessible ou au pire des cas un homme machiavélique.

Le grand avantage de ces élections municipales est qu’il est difficile de fourvoyer le candidat avec  des histoires virtuelles, le mal endémique des nations, car tout un chacun peut vérifier les faits sur le terrain, et, contredire l’intox dans les minutes qui suivent la diffusion de toute information.

Les électeurs auront cet avantage de la transparence et de la vérification immédiate de toute information qui concerne un candidat. Le Tunisien est éveillé. Le Tunisien a une connaissance fine de la réalité du terrain politique. 

Et, pour preuve, il a en horreur les chamailleries qu’il entend et voit dans les médias!

Lors des élections municipales, il est capable de faire le choix qu’il considère le plus approprié à son bien-être.

Certains tablent sur l’abstention et, créent ainsi la paralysie dans l’action. 

Mais avons-nous eu une implication de ces citoyens engagés, de ces citoyens partisans pour décider bien à l’avance qu’il n’y aura pas foule aux bureaux de vote? Il faut absolument tuer le défaitisme que nous portons.

Avons-nous, en tant que Tunisien, une connaissance sufisante des candidats?

On entend par ci, par là qu’il y a trop de listes! N’est-ce pas le propre de la démocratie que d’avoir plusieurs candidatures!

On entend par ci, par là qu’il ne faut pas voter pour les listes des partis politiques ? Soit ! Mais ce n’est pas parce que certains partis politiques ont été défaillants, qu'on va enterrer définitivement les partis politiques. Il ne faut pas omettre que les partis politiques ont formé des générations entières à la gestion de l’Etat, et, ceci à travers le temps et l’espace.

On entend par ci par là, qu’il faut exclusivement des représentants de la société civile! Absolument certain! La société civile à montrer une capacité à innover que le politique n’a pu offrir sur une multitude de questions institutionnelles et de la vie courante. Il est même souhaitable que les associations se regroupent en réseau, puisque la loi le favorise, pour présenter des candidats aux élections municipales.

On ne doit en aucun cas ouvrir la porte de l’exclusion car le candidat appartient à un parti politique, car le candidat appartient à telle association et non à telle autre association, car tel candidat appartient à telle structure tribale.

Il faut savoir regrouper les forces vives de la circonscription municipale pour retrouver les différentes composantes de la société, partisane et associative.

Le mode électoral qui favorise l’éparpillement des voix doit être pris à contre-courant par le déploiement au minimum de trois listes favorables au progrès.

Pour avoir ces trois listes, il ne peut y avoir que le regroupement des indépendants et des partisans.

Pourquoi ne pas réfléchir différemment. Un candidat ne peut-il être membre d’un parti politique et se présenter comme candidat sur une liste indépendante Assurément oui, car le candidat est avant tout natif de la circonscription municipale et il est reconnu avant tout comme tel.

Il sera choisi sur les critères de proximité et non sur les critères d’allégeance politique.

La démocratie a cet avantage d’offrir une réalité sociologique du terrain politique qui peut contredire les plus beaux sondages.

Un ami m’a interpellé récemment par cette phrase: «mais où est notre génération?». 

Il voulait dire :

  • Où est notre génération, porteuse de valeurs familiales et républicaines?
  • Où est notre génération, dans la solidarité intergénérationnelle?
  • Où est notre génération, dans l’agora politique?
  • Où est notre génération, dans la défense du modèle social libéral?

Elle est belle et bien présente.

Forte de ses valeurs, de sa vision mais malheureusement paralysée lors de l’action politique.

La politique noble, celle de la défense des intérêts des tunisiens a été retirée aux citoyens engagés, aux citoyens partisans par la peur instituée par Ben Ali. Ne l’oublions pas!

Depuis, on hésite même d’appeler un chat, un chat!

Au lendemain de la révolution, les citoyens engagés et les citoyens partisans se sont rencontrés dans les partis politiques sociaux-libéraux et sociaux-démocrates.Vintl’échec et les désillusions.

La plus grande des désillusions a été l’incapacité des partis politiques de s’investir dans le processus de démocratisation interne. Les débats d’idées sur les motions politiques n’ont pas eu lieu. 

Beaucoup ont déserté. 

Peut-on dire, comme me l’a dit un ami, «c’était un phénomène de mode!».

Ce fut une très belle effervescence qui a parcouru tout le pays. Mais beaucoup de dirigeants se sont crus dans une démocratie bien établie et très rapidement au lieu que le débat d’idées s’installe, et que des stratégies de rassemblement se mettent en place,ce ne fut, malheureusement que méfiances et doutes, pour ne pas dire plus, qui s’installa dans les rapports entre les partis politiques sociaux libéraux et sociaux-démocrates.

Dès lors, comment voulez-vous que le citoyen engagé, que le citoyen partisan, n’ayant pas de connaissance de la politique politicienne continue à s’impliquer dans la vie politique? 

Ce n’était pas un phénomène de mode car cette effervescence même avec les échecs, et, les désillusions a pu perdurer et se cristalliser au Bardo. Malheureusement, le coup de massue arriva très vite avec la réalpolitique «nina ».

La femme de Ras Jebel, pour ne prendre que cet exemple vivant, qui descendait chaque soir après la rupture du jeûne au Bardo ne pouvait plus surmonter cette fracture entre un idéal républicain et la réalpolitique.

On ne se rend pas compte que la politique du consensus, prônait depuis lors par le pouvoir en place, est destructrice du potentiel de mobilisation du citoyen engagé, du citoyen partisan.

On ne se rend pas compte combien le consensus est paralysant de l’action politique et associative.

Cette réalité décevante, déprimante doit-elle s’inscrire dans nos gênes? Clairement non!

Comment y remédier?

Nous sommes une génération volontaire, engagée, visionnaire, patriote, éduquée, multidisciplinaire, bilingue, ayant une compréhension des enjeux nationaux et internationaux, et, portant des valeurs héritées de nos familles et de l’école républicaine.

Doit-on accepter le diktat de la relapolitik? Clairement non!

Quel choix avons-nous?

Le seul choix que nous avons est de nous présenter aux élections municipales.

Les élections municipales permettront de provoquer un double bénéfice à la nation; consolider la transition démocratique et permettre le retour des citoyens engagés et des citoyens partisans qui ont déserté, à juste titre, l’agora politique.

Notre génération est capable d’offrir des réponses techniques à des besoins sociaux, et, d’offrir le bien être aux Tunisiennes et aux Tunisiens.

Est-il difficile de décider d’investir dans l’éclairage public solaire et d’épargner ainsi une somme astronomique du budget municipal? Est-il difficile de décider de réorienter une partie du budget vers des maisons de retraite ou des maisons de repos pour le 3éme âge alors qu’à ce jour les programmes municipaux insistent sur l’ouverture des jardins d’enfants au détriment de la réalité démographique de vieillissement de notre population ? Est-il difficile de décider de nommer le responsable de la maison de la culture au lieu d’avoir à subir des nominations intempestives de directeurs qui prônent des ateliers de travail qui n’ont aucun lien avec la réalité locale ? Est-il difficile de créer une coordination intercommunale pour la collecte des détritus ?etc.

Non!

Notre génération formée à l’école républicaine tunisienneet porteuse des valeurs républicaines est capable d’offrir les réponses qui favorisent le bien être de la tunisienne et du tunisien.

Notre génération formée à l’école républicaine tunisienne et porteuse des valeurs républicaines est capable de trouver les réponses techniques qui permettent des économies dans le budget municipal.

Notre génération formée à l’école républicaine et porteuse des valeurs républicainesest capable de créer des opportunités de travail dans la circonscription municipale.

Notre génération formée à l’école républicaine et porteuse des valeurs républicaines est capable de créer des jumelages avec des villes du bassin méditerranéen du nord et du sud où la coopération technique permettra le transfert de savoir-faire et la destruction du mur de la peur qui touche les deux rives de la méditerranée. 

Notre génération formée à l’école républicaine et porteuse des valeurs républicaines est déjà aux commandes dans le secteur privé et dans le secteur public. Elle n’a qu’à confirmer son savoir-faire dans la gestion des collectivités locales. 

Quel choix avons-nous?

Un rassemblement? Une implication?

Unrassemblement entre les forces partisanes républicaines et les citoyens engagés.

Une implication de notre génération formée à l’école républicaine et porteuse des valeurs républicaines.

Le local n’a pas besoin de politiciens.

Le local a besoin d’un citoyen engagé et d’un citoyen partisan.

Le local a besoin de la génération formée à l’école républicaine et porteuse des valeurs républicaines.

Le local offre la transparence.

Le local offre la démocratie participative.

Le local conforte l’adage populaire: «Maymouna taaref Rabi, wa Rabi yaarefMaymouna».

Le local conforte l’adage populaire: «Kallou waktechya baba nwaliou chorfa. Kallou hatta ymoutou Kbar el houma.» Or, Kbar el houma sont encore là, et, bien vivants.

C’est notre génération. 

Ainsi, ce silence assourdissant sera brisé !

Walid Maâouia

Citoyen engagé & Citoyen partisan

(1)Source : http://www.isie.tn/actualites/2017/12/28/dates-cles-elections-municipales-mai-2018/

(2)Citoyen engagé: c’est un citoyen actif dans une association.

(3)Citoyen partisan: c’est un citoyen actif dans un parti politique.

 

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