Opinions - 15.05.2017

Hassen Zargouni - Attention à la désindustrialisation de notre économie, exemple: le marché des pneumatiques

Attention à la désindustrialisation de notre économie, exemple: le marché des pneumatiques

L'évolution des importations tunisiennes en pneumatiques en provenance de Turquie entre l'an 2010 où elles étaient à hauteur de 1.31 million de dinars à 19.68 millions de dinars en 2016, est trop élevée pour ne pas y prêter attention, car les conséquences en sont très graves pour l'économie nationale.

Que disent les chiffres?

La Tunisie importait des pneus à raison de 27 millions de dinars en 2010 au total, ce chiffre a grimpé à 40 millions de dinars en 2015, pour connaître une progression de 78% en 2016 et atteindre les 78.8 millions de dinars.

En 2016, la part de marché de l'importation de pneumatiques de la Turquie était de 25%, alors qu'elle n'était que de 4.8% en 2010. Les importations chinoises ont, quant à elle, doublé de 2010 à 2016, où elles ont représenté 19.5% de l'ensemble des achats Tunisiens de pneus de l'étranger.

Pendant ce temps, la compagnie nationale, la STIP a vu ses performances baisser tous les ans depuis 2010, année où elle exportait pour 39 millions de dinars, contre une importation de 27 millions de dinars, et où les ventes locales représentaient 61.8 millions de dinars. Aujourd'hui, les exportations ne représentent plus que 7.3 millions de dinars et les ventes locales sont passées de 60 millions de dinars en 2015 à seulement 34.6 millions de dinars en 2016, soit une baisse de 42%.

Les prémisses de 2017 confirment la même tendance. La Tunisie vient d'importer sur les deux premiers mois, janvier et février, de 2017 pour 7.9 millions de dinars de pneus en provenance de Turquie, soit 40% de part des importations totales, contre 3 millions importés de Chine et une part de 15%.

De là à dire qu'on est en phase de désindustrialisation en faveur de "partenaires" privilégiés comme la Turquie ou la Chine, par manque de compétitivité, productivité, c'est peut-être exagéré, le temps nous le dira.

Ce qui est certain, c'est que ni la Tunisie, ni son industrie, ni les Tunisiens ne sortent gagnant de cette évolution néfaste à l'économie du pays et à l'emploi.
Il faut agir et vite avant que l'hémorragie tue un fleuron de notre arsenal industriel et avant que cette endémie se propage et contaminé d'autres industries, seules garantes de création d'emplois massifs et durables.

Le contrôle de la qualité des pneus importés est très important, le renseignement sur un quelconque dumping social ou financier de la part des pays d'importation est primordial.
Il est temps de se protéger, de protéger notre industrie et nos emplis industriels et technologiques.

D'autres l'ont fait et sont phase de gagner la bataille mondiale, à nous de réagir. Non, il ne s'agit pas de se renfermer, non, il s'agit juste d'équilibrer la balance commerciale par branche d'activité et de maintenir nos usines en marche, avec davantage de compétitivité et beaucoup d'innovation.

Hassen Zargouni

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1 Commentaire
Les Commentaires
miledi samira - 15-05-2017 23:25

السلام هذا المقال تنقصه احصاءيات السوق الموازية #الكنتر# هل تعلم سيدي ان السوق التونسية الى غاية اواخر 2015 تتزود بنسبة 75% من احتياجاتها في العجلات المطاطية من السوق الموازية وليس من عند الموردين المعتمدين او من المنتوج المحلي هل تعلم سيدي ان اكبر الصفقات العمومية للعجلات المطاطية تجد نفسها مجبرة على شراء بضاعة المهربين لانها تعرض ارخص ثمنا من المنتجات الاخرى وكله في اطار القانون و بالقانون فالاولوية هي مراجعة كراسات الشروط العمومية اولا فاءن لنا منتوج تونسي في العجلات المطاطية مصنف عالميا و مطابق للمواصفات الاوروبية وبنوعية ممتازة جدامع ضمان لا يقل عن الاربعة سنوات ونحن نفخر به ونفخر بان في تونس لدينا هذه التكنولوجية

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