News - 11.06.2016

Abderraouf Najar : le mathématicien qui scelle les ralliements

Abderraouf Najar : le mathématicien qui scelle les ralliements
Esprit cartésien,  Abderraouf Najar, ce Kairouanais d’origine, né à Radès en 1966 (50 ans), a toujours été féru de mathématiques, mais aussi de belles-lettres. Son père, enseignant zeitounien, ne pouvait que lui léguer, ainsi qu’à ses six autres frères et sœurs, une tradition ancestrale de savoir et de culture islamiques, tout en encourageant sa vocation scientifique. C’est lors de ses études secondaires (Lycée technique de Radès) que débutera son parcours militant, évoluant surtout dans l’organisation régionale de Ben Arous, plutôt que dans les structures lycéennes, puis universitaires lorsqu’il ira à la faculté des Sciences. Il sera d’ailleurs porté chef de région.
 
Recherché par la police, il plongera pendant deux ans dans la clandestinité et sera condamné en 1987 à cinq ans de prison par contumace. Il refera surface avec l’éclaircie de 1989 mais sera ciblé de nouveau avec le tout premier groupe recherché en 1990. Retour à la clandestinité pour deux nouvelles autres années avant de se résoudre à s’exfiltrer à l’étranger. Abderraouf Najar empruntera en 1992 la même filière que d’autres dirigeants d’Ennahdha. Il fera partie de la dernière équipe qui arrivera en Algérie où il obtiendra un laissez-passer des Nations unies. Sa destination finale, il la fixera pour la France et décidera de s’y rendre immédiatement, en août 1992, prenant la précaution de passer par Vienne. Une fois à Paris, il commencera à enchaîner de petits boulots pour subsister et se battre afin de bénéficier du statut de réfugié politique, arguant des lourdes condamnations à la prison par contumace. 

A Paris 1 Sorbonne

Abderraouf Najar ne renoncera pas pour autant à ses études universitaires. Avec ses deux années de maths-physique réussies avec mention bien à la faculté des Sciences de Tunis, il parviendra à s’inscrire en licence maths appliquées aux sciences sociales à Paris 1 Sorbonne. Il y obtiendra également un mastère en sciences politiques (administration publique) et suivra une série de formations en management et gestion de projets. Tout en intensifiant son action militante au sein d’Ennahdha en France et, partant, à l’étranger. 
 
Le rêve de la fin de l’exil du retour au pays paraissait encore lointain pour Abderraouf Najar. Il se décidera alors à se marier et se lancer dans des travaux d’édition, avant de fonder avec des amis un institut de formation, notamment en management et informatique, qui finira par devenir une institution de renommée. Après la révolution, et cherchant à dupliquer le modèle et l’adapter à la Tunisie, il créera au Kram Espima Business School. Il découvrira alors le pénible parcours du combattant (deux ans de formalités) que doit emprunter tout promoteur de projet, bien que le ministre concerné ne fût autre à l’époque que son compagnon de lutte feu Moncef Ben Salem.

Le fond et la forme

Parmi les militants d’Ennahdha en exil, Abderraouf Najar s’est toujours distingué par un travail de fond et beaucoup d’humilité. C’est ce qui lui vaudra d’être coopté membre du groupe d’organisation du congrès de 1995, puis élu lors de ses travaux membre du bureau exécutif. La voie lui sera ouverte pour accéder à de plus hautes responsabilités. Et le voilà élu lors du congrès de 2007 (le dernier tenu en exil), président du Conseil de la choura. Il aura alors la lourde tâche d’exercer ce mandat en cette période bien difficile traversée par Ennahdha, jusqu’à la révolution en 2011. La direction rentrée à Tunis, il sera désigné responsable d’Ennahdha en France, et réélu lors du congrès de juillet 2012 à Tunis, membre du Conseil de la choura. A cheval sur Paris et Tunis, devant concilier ses activités professionnelles et ses responsabilités politiques, il fera constamment la navette. A un rythme encore plus accéléré avec la préparation du 10e congrès. 
 
C’est en effet Abderraouf Najar qui sera choisi par ses pairs président de l’importante Commission du contenu, chargée de préparer les projets de motions. On connaît la suite, avec les réunions interminables, les tournées auprès des structures de base et les régions, les travaux de synthèse et les arbitrages nécessaires. Mais aussi et surtout la recherche de compromis. A la tête de la commission, il fera montre de patience et de talent. Ses coéquipiers lui seront d’un précieux apport pour aboutir à la version finale, quasiment acceptée par tous. L’adoption par le congrès, à des scores élevés, illustrera le travail de qualité et l’effort d’entente accomplis. 
 
Une nouvelle séquence commence aujourd’hui pour Abderraouf Najar, dans son long parcours militant. Quelle que soit la position qu’il occupera dans le nouveau dispositif d’Ennahdha, il continuera à servir son parti avec les mêmes valeurs et des compétences encore plus enrichies.
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