News - 11.03.2010

Trois ans après, Dali Jazi continue à nous rassembler et à nous inciter à produire

Dali JaziChédli Klibi, Béji Caïd Essebsi, Brahim Gharbi, Mahmoud Maamouri, Hatem Ben Salem, Afif Hendaoui, Habib Ayadi, Lazhar Karoui Chebbi, Abbès Mohsen, Fadhel Jaziri, Abdessalem Ben Ayed et des centaines de figures tunisiennes, célèbres et moins célèbres, des mondes de l’université, du droit, de la culture et de la société civile. Rarement, une réunion organisée en hommage à une personnalité aura réuni une assistance aussi nombreuse et de grande qualité que celle organisée ce mercredi après midi, à la Faculté des sciences juridiques, politiques et de sociales de Tunis. Certains, empêchés, se sont fait représenter : tels les ministres Ridha Grira, et Béchir Takkari, ou envoyé un message, notamment le Pr Sadok Chaabane, Président du Conseil Economique et Social et Mme Faiza Kéfi, présidente de la Cour des Comptes.

Dali JaziD’autres étaint venus de Paris, tels Férid Memmiche et le Dr Gabriel Kabla, d’autres de Nabeul, Sousse et de Sfax. Tous avaient répondu à l’invitation du Doyen, Fadhel Moussa, pour célébrer le troisième anniversaire, jour pour jour, de la disparition de leur ami commun, Dali Jazi. Mais aussi, marquer cette célébration par la présentation d’un ouvrage collectif, intitulé «Mélanges», publié à sa mémoire.

«Dali» avait légué toute sa bibliothèque à la Faculté. En échange, ce jour-là, sa veuve, Zeineb, recevait un exemplaire de «Mélanges». Magnifique récompense.

"Charmeur,  séducteur et politique, comme toujours"

Dali JaziTour-à-tour, Fadhel Moussa, Sadok Belaid, Yadh Ben Achour et Soukeina Bouraoui, chacun avec sa sensibilité, ont salué sa mémoire, souligné ses qualités et évoqué leurs souvenirs communs . Sa veuve, émue, n’arrivait pas à s’exprimer, se contentant de citer quelques "scène ". "Un jour Dali Jazi était rentré à la maison bien secoué, raconte-t-elle. Tu te rends compte lui dit-elle. Aujourd’hui, je recevais, en séance de travail, parmi les invités, mon ami et collègue, le Professeur Untel.  S’adressant à moi, il me servit du M. le Ministre. Tu t’en rends compte !"dit-il fort troublé. Moi, je suis toujours Dali ! Monsieur le Ministre, c’est pour les autres "

Dali JaziSoukeina Bouraoui, l’ami d’enfance rappelle la prime jeunesse au lycée de Carthage: «Charmeur, séducteur, ambitieux et politique, depuis toujours». Elle raconte comment il l’amène un après-midi pas loin du Palais de Carthage pour lui dire : «un jour je serais là !». Incrédule, elle lui demande: «tu prendra la place de Bourguiba ?». «Non ! répond-il, mais je serai Ministre!» A 15 ans, déjà.

Dali JaziA la faculté de droit, la bande ne fait que s’élargir et s’affirmer, lançant un journal estudantin: "Vous êtes des nuls!" se prononcera leur maître, Si Habib Ayadi. Quelques mois plus tard, il se ravisera et dira: «pas aussi nuls que je ne le craignais, finira-t-il par avouer». La salle est hilare, le professeur Ayadi, présent, au côté de Kalthoum Meziou, se tord de rire.

Soukeina revient sur un geste marquant. Le jour où Dali Jazi quitta le ministère de l’Enseignement supérieur, il l'a appelée d’urgence alors qu’elle était à Sousse pour lui demander de passer d’urgence pour se faire remettre sa Médaille de l’Ordre du Mérite de l’Education, avant la passation avec son successeur.

«Je suis loin et je ne pourrais peut-être pas arriver d’ici là, répondra-t-elle avant de lui demander, taquine: va-t-on me retirer la Médaille si je ne viens pas la chercher tout de suite?»Mais devant son insistance, elle fonce, arrive juste au moment où il s’apprêtait à terminer son discours. L’apercevant fondre la foule, il adjure l’assistance : accordez-moi une minute supplémentaire, pour m’acquitter d’un devoir de reconnaissance et de fidélité. C’était pour lui remettra la Médaille et le diplôme. Le seul qu’elle encadrera et gardera à ce jour dans son bureau.

Tel a été Dali. Ecouter les hommages qui lui furent rendus, cet après-midi, passer en revue l’assistance, lire sur les visages, tant de signes forts suffisent pour comprendre ce qu’il demeurera pour tous. Témoignages.

Lire aussi «Mélanges»: Un livre à la mémoire de Dali Jazi

 

 

 

 

 

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1 Commentaire
Les Commentaires
Z.Allagui - 12-03-2010 15:26

Oui cet Homme généreux et fidèle fut un grand rassembleur des énergies,des compétences ,des hommes et des femmes.Il avait ce don de vous valoriser avec cette amabilité légendère et cet humour toujours élégant comme l'était Dali Jazi.Homme de goût,de culture,de Convictions et de Principes immuables avec cette formidable ouverture sur le Monde.Rien de ce qui est humain ne lui était étranger.Le sens de la Famille,de la Dignité,de l'Amitié réelle,du Sacrifice et de la Solidarité ...guidait sa Vie et le Sens de sa vie.Il est accompagné d'une épouse extraordinaire discrète,volontaire,organisatrice des réunions familiales et amicales avec simplicité et éléganceZeyneb.Fille Bakir-Zouiten,elle nourrie par des principes de Liberté,Authenticité et du Savoir.Des enfants et des petits enfants adorables et affectueux.Dali Jazi était heureux d'être Grand Père et ce baume d'amour l'a entouré jusqu'à son départ.Il est l'Ami de Toujours,le Frère complice qui savait partager et offrir le Bonheur aux autres.Cette Cérémonie bien organisée et bien menée en présence d'amis deTunisie et d'ailleurs,parfois de très loin,venus le célébrer dans une atmosphère légère et digne qui convient tout à fait à la grandeur,de cet Homme d'Honneur,ce Patriote de grand élan,ce militant acharné au service du Progrès et des Lumières.Paix à son Ame.Il est toujours admirablement présent.

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