Lu pour vous - 13.02.2015

Leaders au 21e édition du SIEL de Casablanca

Leaders au 21e édition du SIEL de Casablanca
Le Salon  International de l'Édition et du Livre (SIEL) a ouvert jeudi officiellement ses portes à Casablanca (vendredi au public) et se tiendra jusqu'au 22 février. 
Comme l'année dernière, Leaders est présent à cet important rendez-vous international par l'intermédiaire de notre collaborateur Farhat Othman qui, fidèle à son habitude, publie cette année deux nouveaux livres chez son éditeur marocain Afrique Orient.
 
Après les deux premiers tomes de sa série sur le Renouvellement du Lien indéfectible consacrés à l'apostasie et en islam, en arabe et traduits en français, il vient d'éditer un roman historique en français et un essai en arabe.
 
Le premier lève le voile sur une période charnière de l'histoire arabo-musulmane, nécessaire pour comprendre l'état de l'islam aujourd'hui, celle qui a suivis la mort du prophète et a donné lieu notamment aux guerres d'apostasie, à l'expansion fulgurante de l'islam ainsi que sa première guerre civile. 
 
Le second prolonge l'essai de l'auteur sur ce qu'il qualifie de «soi-disant maladie d'Alzheimer» déjà paru chez l'Harmattan, démontrant qu'on peut guérir de l'Alzheimer (c'et le titre de l'essai en français) et ce par la méthode qu'il préconise et développe ici, la bécothérapie ou thérapie des bisous et de la culture des sentiments. 
 
Cet essai, pour des raisons techniques, ne sera toutefois pas exposé au salon mais quelques jours après. Par contre, la fresque historique y est bel et bien Intitulée : Aux origines de l'Islam. Succession du prophète, ombres et lumière, nous en offrons à nos lecteurs la préface. 

Préface des Origines de l'islam

L’histoire arabe est encore à explorer pour le large public populaire— mais pas seulement — et les jeunes générations, notamment, chez les Arabes eux-mêmes. Il en va de même pour ceux qui s’intéressent de près ou de loin aux choses du monde arabe, particulièrement à la gloire passée ainsi qu’au déclin subséquent qui dure encore avec ses soubresauts tantôt tragiques tantôt grotesques. Or, la richesse, surtout manuscrite du fastueux temps jadis arabo-musulman, et l’indigeste présent culturel et politique,cruel de vacuité, mandent pareille exploration; la commandent même !
 
Pourtant, si patent que soit ce besoin, intimement voulu tôt ou tard par tout Arabe musulman, durablement ou fugacement épris de libre pensée, sa concrétisation relève encore de la quadrature du cercle. Cela tient aux réalités sociologiques et politiques ainsi qu’aux contingences économiques et géostratégiques alimentant des freins idéologiques, desimpératifs moraux, des diktats théologiques. Sans parler d’un imaginaire réticent.
 
Malgré la téméraire dimension de cette mission quasi impossible en les temps présents faits de fallacieuses inimitiés culturelles, doutes, anathèmes et suspicions, l’auteur a essayé de relever le défi avec un groupe de jeunes scolaires. Animés par la saine fougue de l’adolescence, la force du rêve et cette ardeur indomptable de la liberté d’imaginer un avenir meilleur, ils ont osé revisiter un beau passé terni par le passage du temps et l’oeuvre d’humains au large horizon subitement rétréci en des intérêts communautaires mesquins. Et ils l’ont fait avec la seule devise de n’avoir comme seule perspective que la vérité conçue en un horizon vers lequel l’on s’oriente, qu’il est hors de propos de croire atteindre, mais sur la voie duquel on doit cheminer pour progresser dans toute création humaine se voulant véridique.
 
Tout a commencé avec un légitime besoin irrépressible de retour aux sources d’une étendue commune d’eau vitale, tantôt rivière aux ondes claires, à la luxuriance de la vie, tantôt mare marécageuse aux odeurs nauséabondes. On voulait y quêter une renaissance à la véracité, une vérité toute vraie, rien qu’authentique en un monde de plus en plus d’illusion,où simulacre et faux-semblants en sont devenus le sceau distinctif. 
 
Hétérogène et fondamentalement pluraliste dans les convictions idéologiques et les orientations philosophiques de ses membres venant des horizons divers et bigarrés de l’ère culturelle arabe lato sensu, c’était une équipe de lycéens avides du savoir et passionnés par l’histoire, soudée par une homogénéité de libre pensée, de curiosité scientifique et d’une saine volonté d’être utiles, faire oeuvre bénéfique.
 
Réunie autour de l’auteur lors de séances de travaux pratiques en parallèle à leur cours de civilisation islamique, cette dizaine de lycéens aux origines variées, baignant pour le moins dans une tradition familiale arabe musulmane, a imaginé donc cette fresque. Ils l’ont fait en puisant dans l’histoire sans rejeter les atours de la fiction, découvrant autant que faisant découvrir les événements d’un passé, fondateurs d’une identité réclamée ou contestée par les uns, mais ignorée ou confuse chez d’autres, bien que souvent magnifiée ou même mythifiée.
 
L’encadrement fut particulièrement attentif au respect de la liberté de chacun à s’exprimer dans le total respect de sa sensibilité autant qu’à l’obtention de la synthèse la plus harmonieuse des positions. Souvent radicalement opposées au départ, celles-ci finissaient par converger vers des nuances et des formules de compromis, moyennant une franche discussion et une permanente bonne foi issue d’un esprit se voulant le plus scientifique possible. Avec pour objectif de refléter l’ensemble descroyances ou ne les négligeant point, le groupe a réussi à imaginer une romance d’un temps évanoui, et pourtant si présent dans les esprits.
 
L’auteur s’est attaché à en rendre compte d’une manière structurée, respectant la vérité historique et les canons du genre littéraire adopté, sans que personne au groupe n’ait eu à renier ses convictions différentes, parfois divergentes, en les mariant judicieusement dans un récit éclectique à l’image de leur culture — de la vraie vie, tout simplement, respectueuse de tous. Aussi, la fresque historique se veut-elle une ouverture dans le sens de cette modernité-là (on dit désormais postmodernité) qui n’est que la garantie de toutes les différences fondées sur le droit de tout un chacun à une liberté déférente et respectée dans un vivre-ensemble paisible.
 
Introduction à une histoire méconnue, oubliée ou tue, c’est une oeuvre de vulgarisation en ce temps de négation ou de confusion des valeurs encore plus qu’un essai d’analyse ou de synthèse. Il s’agit, tout d’abord, d’un récit romancé, sans exclusion de la liberté et de la fantaisie inhérentes à ce genre de littérature, ne nourrissant pas la prétention de faire objet de science ou d’histoire. Pour autant, il n’est pas irrespectueux, quant à l’essentiel, des faits et des événements passés, méticuleusementrecensés.
 
Comme pour toute introduction dans un domaine ayant souvent revêtu les oripeaux des passions, se saisissant avec la liberté de la romance de faits dont la relation est parfois variable et dont l’appréhension peut relever du tabou pour d’aucuns, cette oeuvre ne manquera pas toutefois de susciter des réactions. Aussi, le souhait ayant continuellement animé le groupe est qu’elle contribue à ouvrir la voie à une littérature féconde en l’objet, amenant aux débats fructueux — comme il y en eut en son sein — et que la raison y domine toujours la passion et la canalise ou en triomphe en cas extrême de rupture !
 
Dans ce travail, par un choix délibéré et de principe, il n’a pas été fait recours dans toutes les sources ayant servi de référence au corpus, bien riche pourtant, à des orientalistes et des chercheurs extérieurs au monde arabe musulman et ce pour la simple raison que, d’une part, ces derniers se sont simplement basés dans leurs travaux sur les mêmes sources de référence que nous avons sélectionnées et que, d’autre part, ils n’ont fait qu’interpréter ces sources selon leurs propres vues et critères.
 
Aussi, notre souci d’authenticité, dans le cadre bien défini de la romance bien entendu, nous commanda-t-il de revenir aux textes d’origine et de négliger ce à quoi ils ont donné naissance, quel que soit son intérêt, car ceux-ci ne sont, par rapport à ces sources, que des effluents. Ainsi, nous nous sommes situés bien à l’opposé de ce que d’aucuns, parmi nos contemporains, y ont pris habitude, ignorant les textes d’origine, faisant recours à des oeuvres ultérieures, demeurant secondes et bien grosses d’interprétations dont le grand tort est de laisser peu de place à la libre réflexion, en conditionnant d’office la libre découverte des faits consignés par les textes originels, y compris dans leur possible fantaisie propre à leur époque, faisant leur charme et celui d’une fresque romancée.
 
Chaque groupe s’était chargé de la lecture, de l’analyse et du commentaire d’ouvrages sélectionnés parmi les incunables de l’histoire arabo-musulmane, plusieurs groupes pouvant se charger des ouvrages volumineux dont les tomes étaient alors répartis entre eux, dont les notes de lecture établies et les résumés élaborés étaient confrontés, discutés et harmonisés lors de séances plénières de débat, de compréhension et d’échange de vues qui donnaient lieu à une synthèse générale utilisée dans la mise en forme ultérieure du travail final romancé. De telle sorte que si la fiction gardait son rôle majeur, elle se greffait sur un socle de véridicité nourri des références les plus sérieuses et les moins sujettes à caution. Car l’histoire romancée dont il s’agit était voulue une lecture dans le texte, mais une lecture critique et éclairée.
 
À titre d’exemple, furent notamment sollicités les ouvrages suivants cités par ordre alphabétique et non d’importance, d’usage ou d’inspiration et dont le lecteur attentif retrouvera l’esprit et la trace dans l’oeuvre finale, nuancés par l’éclectisme de la méthode choisie se voulant la moins dogmatique, la plus rationnelle avec le zeste de la romance : Abou Al Faraj AI Isfahani (Aghani), Balladhouri (Généalogies des nobles, Conquêtes des pays), Chahrestani (Milal et Nihal), Ibn Abd Rabbih (Le collier), Ibn Al Athir (Tarikh), Ibn Asakir (Tarikh Dimashq), Ibn Habib (Muhabbar), Ibn Hajar (Isaba), Ibn Hisham (Sira), Ibn Kahldoun (Prolégomènes), Ibn Saad (Tabaqat), Tabari (Annales, Exégèse), Yakout (Udaba), Yaqubi (Tarikh), Wakidi (Maghazi), etc.
 
Voulant magnifier symboliquement leur travail commun, les membres du groupe, sous la méticuleuse orientation de leur mentor, ont fini par se mettre unanimement d’accord pour retenir, comme une sorte d’exergue de leur création, mais discrètement placé en fin de présentation du travail, la pensée suivante de Maxime Rodinson, extraite de sa postface à l’ouvrage de Bernard LEWIS : Comment l’islam a découvert l’Europe.
 
Ce choix est hautement symbolique dans sa signification eu égard aux réserves inspirées à certains par la personnalité de l’auteur américain et l’adhésion d’autres aux travaux du Français au-delà de toute nouvelle évaluation critique de l’oeuvre orientaliste désormais exhaustive avec sa pertinente analyse menée par l’universitaire américano-palestinien Edward Saïd.
 
Il n’est pas de peuple qui soit toujours et partout innocent...
Les délires des uns sont souvent conditionnés par les erreurs ou les crimes passés des autres.      
 
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