Opinions - 13.03.2014

Faut-il interdire les jardins d'enfants coraniques?

Il est des combats nobles, mais dont l'engagement se retourne contre leur motivation, en faisant pour le moins un combat perdu d'avance. Sans parler du tort qu'il fait à la cause défendue. Ainsi en est-il de l'appel de Madame Faouzia Charfi, dont  Leaders s'est fait l'écho de fermeture des jardins d'enfants coraniques.

Il est vrai, ces jardins d'associations échappent à tout contrôle et inspection de la part des ministères compétents, que ce soit celui de la femme et de la famille ou celui de l'éducation nationale. Il est encore plus vrai qu'on y inculque aux enfants de très mauvaises habitudes, séparant les sexes, assurant un lavage de cerveau systématique consistant à leur inculquer une vision manichéenne du monde, haineuse et agressive.

Toutefois, et Madame Charfi le reconnaît bien, ces jardins redent service et répondent à une demande sociale avérée. De plus, c'est encore plus important, ils répondent à une demande culturelle non moins avérée, la connaissance de sa religion étant estimée essentielle. Et c'est bien vrai, non seulement pour les considérations spirituelles, mais aussi du fait qu’étudier et connaître le Coran, c'est apprendre et maîtriser sa langue arabe, le livre sacré étant la meilleure introduction à cette langue.

Alors, que faire? Accepter les abus? Bien sûr que non; mais ne pas engager un combat perdu d'avance qui renforce la position de ceux qui font de ces jardins des casernes d'embrigadement.Ce qu'il faut, c'est exiger un contrôle sérieux et efficace sur le contenu de l'enseignement et sa pratique, en rappelant les règles devant s'appliquer en matière d'égalité des sexes, de leur mixité, de la liberté vestimentaire et de la nécessité de plages récréatives, par exemple.

Ainsi, on appelle du même coup à l'application à la loi tout en mettant le doigt sur le nœud du problème qui est justement que les autorités concernées prennent des libertés avec ces lois en cherchant sinon à les violer délibérément, du moins à ne pas les appliquer correctement.

Il ne nous faut donc pas tomber dans le piège consistant à nous montrer à tort comme étant contre l'identité de ce pays, même si elle est mal interprétée et mal instrumentée. Et c'est justement pour ces raisons qu'on doit rappeler qu'on est encore plus attaché à cette identité, mais la vraie, non celle qu'on caricature et qu'on viole.
Donc, il ne s'agit pas de fermer les jardins coraniques, mais d'en conformer le programme, l'activité et le comportement de leur encadrement aux lois de la République et aux valeurs de tolérance et de respect de l'autre, si évidentes en islam authentique.

Alors, il sera loisible de voir à quel point nos autorités ne sont pas si pressées d'imposer une légalité qu'elles refusent et qu'ellesont loisir de ne pas appliquer au prétexte qu'on agit contre l'identité du pays en voulant interdire l'enseignement du Coran. Contrarions donc ce machiavélisme en disant oui à cet enseignement, mais non pas un enseignement intégriste qui n'a rien d'islamique, mais bien un enseignement conforme aux valeurs humanitaires universelles consacrées par notre religion et que même nos autorités officielles ne veulent reconnaître.     

F.O.

 

Tags : Faouzia Charfi   Leaders  
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10 Commentaires
Les Commentaires
radhia - 13-03-2014 19:48

voici un article que son auteur ,sans arrogance, cherche à rassembler surtout et ne communique ni haine ni phobie

T.B. - 14-03-2014 01:29

L´ état comme vous le dites peut intervener et résoudre beaucoup de problèmes. A mon avis le probleme qui revient souvent est la question de la¨pudeur. La question de la separation des sexes relève de la pudeur; en réalité à y regarder de près c´est un faut probleme, et s´il existe c´est à cause d´une étroitesse d´esprit, Car en Europe il ya aussi le probleme de pudeur, par ex. la mixité n´est pas permise dans les déshabilloir en Europe et pour cause. donc où est le probleme? il n´y en a pas. Dans les deux cas il ya un probleme de pudeur. Si on y refléchi bien on verrait qu´étant musulmant je pourrait m ´asseoir à l´école à coté d´une femme mais habillée sans probleme.

fadhel - 14-03-2014 13:17

je crois que c'est à cause de la faiblesse de notre enseignement actuel,qu'on s'attache encore, à tort ou à raison je ne sais pas,au kouteb, à l'enseignement zeitounien ,qui a donné il est vrai de grand noms en fikh et en arabe...,jeune alors que je préparais ma leçon de science naturelle,mon père enseignant zeitounien ,me parla alors de ses leçons de sciences naturelles, de son livre,écrit avec le concours de ma mère pour les dessins, sur les plantes ??????? ?? ???? ?????? , qu'il utilisé déja à cette époque des diapositifs pour expliquer ses leçons, je garde toujours en mémoire ses paroles,et le sentiment d'une grande injustice à leurs égards.

l.m - 14-03-2014 14:13

la grande mode du moment c'est défendre l'indéfendable pour se valoriser et se mettre en avant ..pire encore pour faire passer des messages sournois.Moi je signerais si on me démontre comment un de ces élèves pourra relever dans un futur proche des défis technologiques

Nour - 14-03-2014 16:05

Les enfants innocents subissent une éducation qui déplaît à Mme Charfi et elle veut arrêter ça en se proposant de sauver cette enfance innocente soit... Mais de quel droit Mme Charfi veut-elle imposer son choix à des parents aussi sinon plus lucides et conscients qu'elle qui optent pour ce genre d'institutions ? Je croyais qu'on était entré dans une ère de liberté

Sami - 15-03-2014 09:09

A vous lire nous avons l'impression que vous accordez une faveur aux tunisiens pour avoir des jardins d'enfants coraniques ou ce que nous avons toujours eu des " KOTTEB". Questions, si un incident avait lieu dans un jardin d'enfants "normal" devrions nous tous les fermer ? Es ce que tous les jardins d'enfants coraniques véhiculent ce dont certains ont peur; je pense que ceux qui véhiculent cette phobie n'ont jamais mis les pieds dans ces locaux pour pouvoir faire une évaluation de la situation. l'analyse n'est donc que superficielle et pleine d'aprioris et j'espère que ce n'est que ca et pas une manière détournée de vouloir imposer a toute la société une manière de voire les choses, exactement comme le font certains "salafistes" extrémistes,... vouloir imposer leur vision à tous. Autres question si, devant un débit d'alcool, bar, ou autre lieu ou drogues et dépravation aurait libre cours, auriez vous le courage d'écrire un article similaire pour les fermer et les interdire ???? j'en doute ce n'est guère a la mode ni dans l'air du temps.

FBF - 15-03-2014 19:52

M. TOUHAMI parle des écoles , coraniques et même d'autres, qui se sont établies comme ces marchands ambulants sans aucune autorisation ni un contrôle des programmes. Des citoyens libres et démocrates se doivent tout d'abord de respecter la loi, même si l'Etat passe par un mauvais quart d'heure. l'avenir d'une nation se dessine à partir de la qualité de son enseignement. La Tunisie ne figure pas dans le classement des 1000 premières universités du monde. Elle se classe dans le pool des quatre derniers pays au niveau de la qualité scientifique de cet enseignement. Il faudrait donc une refont de cet enseignement en incluant un enseignement religieux étudié et évolutif et non obscurantiste.

Lee - 17-03-2014 07:07

Bonjour Pour ce qui est de "l'embrigadement" comme dit l'auteur de ce papier , toute éducation est un embrigadement et je préfère cet "embrigadement coranique" à un certain embrigadement dit "laïc" quand on voit cette jeunesse PER DUE de la banlieue Nord dite bourgeoise entre alcool et zatla et inconsistance culturelle. Si ces jardins coraniques que madame Charfi aille se plaindre au ministère de tutel et ne fasse pas de PROCÈS PARTISAN

Montygolikely - 17-03-2014 09:09

Quelle question, vous ne voyez pas les dégâts causés par les "madrasas" au Pakistan ? Un enseignement religieux proféré par des ignares ne peut avoir que des conséquences catastrophiques sur les jeunes générations

Béchir Toukabri - 17-03-2014 09:10

Ne chercez pas midi à 14 heures.Le problème essentiel est simple: Ou nous voulons vivre dans un pays avec un etat organisé, ou nous voulons la pagaille. Il n' ya pas de democratie et de liberté absolue sans des limites précises...

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