Mon 1er patron - 05.01.2009

Pr Saaddedine Zmerli

Pour l'avoir côtoyé et bénéficié de son expérience, le Dr Chadli Dziri voue un respect particulier à son "Maître", le Professeur Saaddedine Zmerli, comme il nous le confie.

Celui qui a beaucoup influencé ma carrière?                                                                                                      Chadli Dziri
Dans la famille des universitaires, il y a des professeurs parmi lesquels certains deviennent patrons, mais rares ceux qui sont reconnus comme maîtres. Un universitaire peut être les trois à la fois : professeur, patron et maître. Je partage l’avis de Jean Marie Hay, mentionné dans son éditorial paru dans le « Journal de Chirurgie », de décembre 1998, qui dit que le maître n’est pas simplement un instituteur. Le maître, comme chez l’artiste ou l’artisan, c’est le créateur, le compositeur, alors que le patron est plutôt l’interprète, l’organisateur. Le maître vous arme l’intellect pour penser l’avenir et le créer, c’est un véritable coach. Le patron insiste sur les réalisations immédiates et a tendance à figer l’avenir. Le maître a des rapports affectifs avec ses élèves, le patron a des rapports de « maître » à esclave. Se fâcher avec son patron, c’est une faute grave car on risque de mettre en péril sa carrière.
Le professeur Saadeddine Zmerli est un maître…. notre maître.
                                                                                                                
Je ne ferai pas au Professeur Saadeddine Zmerli un hommage traditionnel en disant qu’il fut un grand patron, un grand maître dont la notoriété est nationale, maghrébine et internationale, qu’il avait l’habileté chirurgicale, qu’il a introduit en Algérie et en Tunisie l’endoscopie urologique et l’urodynamique, qu’Il fut avec ses collègues maghrébins l’un des fondateurs des premières journées médicales maghrébines qui eurent lieu à Casablanca en mai 1965 ou qu’il a réalisé le 6 juin 1986, la première greffe rénale qui a ouvert la porte à toutes les autres greffes d’organe. Tout cela est vrai, mais je voudrais mettre en exergue certains points forts qui ont retenu mon attention.

Comme étudiant sur les bancs de la faculté de Médecine de Tunis et avec tous mes amis, nous étions subjugués par ses cours magistraux où le message pédagogique était toujours pertinent, précis et clair, il passait avec élégance, charme et humour. L’amphithéâtre était plein, c’était un spectacle pédagogique animé par des anecdotes des sketches des scénarios certes fictifs mais ils servaient comme support pédagogique.

Je ne peux pas ne pas rappeler certaines comme l’histoire de Marius écrasé par une charrette qui lui a causé une contusion du rein avec hémorragie interne qui a été contrôlée par l’ablation chirurgicale du rein, Marius était sauvé de son hémorragie interne mais décéda trois jours après, l’autopsie avait révélé que Marius n’avait qu’un seul rein d’où il faut toujours vérifier la présence d’un deuxième rein fonctionnel.

Et l’histoire du néphrologue qui a suspecté un cancer du rein et s’est mis à demander des artériographies pour confirmer le diagnostic alors qu’il suffisait de faire une radiographie du thorax qui devait arrêter les frais car elle a montré des métastases pulmonaires en lâcher de ballon,  ces anecdotes datent de 1974…


Dans mon cursus de chirurgien généraliste, j’ai fait un stage comme résident, du 1er octobre 1981 au 31 mars 1982, dans le service d’urologie qu’il dirigeait à l’hôpital Charles Nicolle. J’ai pu apprécier le professeur en salle d’opération quand il montrait une grande patience en nous aidant à acquérir de la dextérité manuelle. Je me rappelle toujours, notamment, de l’opération où il me tenait la main pour mener à bien l’ablation d’un adénome de la prostate.

Ses staffs étaient un lieu de rencontres scientifiques où les dossiers étaient analysés avec minutie et rigueur, le résident devait présenter l’observation oralement. Ses staffs offraient aux assistants qui se présentaient au concours d’agrégation l’occasion d’apprendre l’art de la communication orale. C’est ainsi qu’on voyait passer des Assistants Hospitalo-universitaires de différentes spécialités urologues, chirurgiens, anesthésistes réanimateurs voire cardiologues, quant à nous résidents, on apprenait  l’art de transmettre un message pédagogique pertinent.

En septembre 1984, soit deux ans et demi après avoir quitté le service d’urologie, j’ai été assistant hospitalo-universitaire en chirurgie générale à l’hôpital universitaire de Menzel Bourguiba et je m’apprêtais à partir en France pour un stage de perfectionnement. Il a appris la nouvelle, il m’a convoqué dans son bureau et m’a remis une lettre de recommandation sans l’avoir sollicité au préalable car il connaissait le chef de service de mon terrain de stage (service de chirurgie générale de l’hôpital Henri Mondor Créteil – France). Cette lettre n’était que sa carte visite sur laquelle il a inscrit des mots, me concernant, que je n’ai jamais pu connaître jusqu’à ce jour. Cette lettre était de petite taille mais elle avait un effet important car je débarquais pour la 1ère fois dans un service parisien de chirurgie, je ne connaissais  personne.

Le professeur Michel Julien, chef de service, certes m’a bien reçu, mais quand il a lu la lettre son accueil est devenu très chaleureux et s’est mis à se rappeler les bons souvenirs lorsqu’il était interne des hôpitaux de Paris avec son ami tunisien qu’il a appelé «Saadoun ». Il m’a dit «c’est bien, vous êtes l’élève de Zmerli » puis ajouta «  Ah! C’était le bon vieux temps ». Ainsi, j’ai pu au cours de ce stage  côtoyer les internes et les chefs de clinique du service et c’est alors que j’ai compris la qualité de la formation que nos maîtres de la faculté de médecine de Tunis nous ont réservée.

Qu’elles sont les trois choses essentielles qu’il vous a enseignées?
1.La rigueur
2.La dextérité manuelle
3.L’art de communiquer et d’enseigner

Quelles sont les qualités que vous recherchez dans votre équipe?

•  Discipline
•  Disponibilité
•  Rigueur

Quelles sont les trois qualités principales que tout Patron devrait avoir?
1.Il doit être toujours à l’écoute
2.Il doit agir en tant MANAGER - COACH
3.Il doit être PRAGMATIQUE «Intérêt du malade prime»

En quelques mots, quels conseils avez-vous à donner pour un Patron afin qu’il soit une source d'inspiration pour ses disciples?
Il doit se comporter en tant que MAITRE.
Les Prises de décision médicale doivent toujours, quand cela est disponible,  tenir compte des règles de  la médecine basée sur les niveaux de preuves.

Chadli DZIRI, MD, FACS,
Professor in General Surgery
President of National College of General Surgery
Editor-in-Chief of Tunisie Médicale
Editorial Board Member of World Journal of Surgery
Past Editor-in-Chief of Tunisie Chirurgicale
Head department B of General Surgery
Charles Nicolle’s Hospital
1006 Tunis – Tunisia


Un Homme de l’Art
Portrait dressé par Mohamed Bergaoui

Lire aussi Who's who Pr Saaddedine Zmerli

« Douze ans en France, dix en Algérie et dix huit en Tunisie, soit au total 40 années de vie professionnelle », c’est en ces termes que Sâadeddine Zmerli résume sa carrière de médecin urologue. Mais les chiffres sont têtus et ne laissent quasiment rien transparaître. Ce bref bilan est, en effet, loin de traduire tout un itinéraire, riche en actions et fertile en événements, marqué par sa pugnacité et sa longue lutte pour la vie de ses patients, la défense des libertés et des droits d’autrui.

Sâadeddine Zmerli est né, le 7 janvier 1930, à Sidi Bou Saïd, son village, où il poursuit ses études primaires à l’école franco-arabe. C’est à l’annexe du lycée Carnot, logé à l’actuel emplacement de l’Institut Océanographique  de Douar Chott, qu’il effectue ses études secondaires, avant d’aller au lycée Carnot de Tunis où il décroche son baccalauréat en juin 1948. Pour lui, « le chemin de la faculté était celui des études en médecine. Il ne pouvait en être autrement ». 

Son père qui était notamment Chef de Cabinet du ministre des habous (les biens de mainmorte au lendemain de l’indépendance) et Directeur du Protocole du Bey de Tunis n’est autre que Sadok Zmerli. Il l’encouragea et l’envoya à la faculté de médecine de Paris après son succès à l’année préparatoire à l’Institut des Hautes Etudes à Tunis (section  Physique, Chimie, Biologie –PCB-). C’était en 1949. Trois années plus tard, il est nommé externe des hôpitaux de Paris et en octobre 1955, il est admis sur concours en qualité d’interne des hôpitaux de Paris.
 
C’est alors qu’a lieu la rencontre avec le professeur Roger Couvelaire qui « avait non seulement réussi à me détourner de la chirurgie cardio-vasculaire à laquelle j’avais choisi de me consacrer mais m’a fait aimer l’urologie », dit-il amusé et étonné lui-même par ce revirement qui est loin de constituer un trait essentiel de sa personnalité. Mieux. Pour lui, c’était une chance inespérée que de tomber sur cet éminent professeur qui est considéré comme « le pionnier de l’urologie moderne », ajoute-t-il admiratif, précisant que « grâce à ses recherches, le champ de l’urologie s’est élargi et le remplacement de la vessie par un greffon iléal, sa découverte a donné naissance à la chirurgie fonctionnelle des voies urinaires ».
 
« Au moment où j’achevais mes études médicales à Paris, je voulais rentrer au pays en qualité de professeur agrégé. La Tunisie n’avait pas encore de faculté en cette année 1962 et ses hôpitaux n’avaient pas de services d’urologie, ma spécialité », se souvient-il. Il précise avoir expliqué au ministre de l’Education de l’époque que la Tunisie pouvait solliciter de la France l’ouverture d’un concours d’agrégation dans certaines disciplines pour la future faculté de Médecine à Tunis. « Ma suggestion a recueilli l’aval du Ministre mais, curieusement, la discipline urologique n’a pas été retenue. Jusqu’à ce jour j’ignore les motifs de ce refus », révèle-t-il. De guerre lasse, il finit par choisir l’Algérie, pays demandeur de compétences en médecine et plus précisément en urologie. Hasard ou Signe du destin ? il revenait au pays de sa mère d’origine algérienne.
Le Pr  S.Zmerli & Jean Paul2
 
Confortablement installé dans son salon, couleur orange se détachant du blanc immaculé des murs et d’une bibliothèque où les classiques de la littérature française constituent une partie non négligeable, Sâadeddine Zmerli en bras de chemise à carreaux aux couleurs printanières, lunettes de presbyte posées au bout du nez, cherche dans des dossiers jaunis et autres revues médicales récentes quelques éléments de biographie professionnelle.
 
Tenant bien en main « Les Annales Algériennes de Chirurgie », il l’ouvre puis le referme aussitôt pour répondre à la question de savoir comment s’était déroulée la passation entre médecins Français et Algériens. « Si au niveau politique, la rupture fut brutale, au niveau médical plusieurs professeurs français restèrent en Algérie bien au delà de la date de l’indépendance », affirme-t-il ému et fier de « ses années algériennes » qui lui ont permis de mener, avec ses collègues, un véritable combat pour une « médecine de qualité et de solidarité » et de payer son tribut à sa famille algérienne.
 
Maniant aussi bien le verbe que le bistouri , Sâadeddine Zmerli « habité par le sentiment convivial et stimulant d’avoir participé à l’édification d’une institution et d’avoir fondé une école d’urologie » s’exclama en ces termes devant un parterre de médecins et autres officiels à la séance inaugurale du 15ème Congrès National (Algérien) de Chirurgie (13 mai 2005) : « Quel travail immense, quelle ambiance compréhensive et chaleureuse, et quelle satisfaction à la lumière des résultats obtenus ! notamment l’algérianisation de l’hôpital universitaire de Mustapha Pacha et de la faculté de Médecine d’Alger, obtenue en 1967, après le premier concours d’agrégation à Alger».
 
Il est le premier Président de la société Algérienne de Chirurgie qu’il dirigera pendant deux mandats (1964-1970). En mai 1965, lui, le fervent maghrébin organisa, avec les professeurs Aldjia Benallègue et Bechir Mentouri, les premières journées médicales Maghrébines qui donnèrent naissance, six années plus tard, au Premier Congrès Médical Maghrébin.
 
En 1973, il quitte Alger, « non sans tristesse » avoue-t-il, pour retrouver sa Tunisie natale où le Président Habib Bourguiba le convoqua, en 1965, pour le charger de créer un service d’urologie à l’hôpital Charles Nicolle. Un travail de fourmi qui dura huit longues années avant que Bourguiba ne vienne en personne inaugurer, en grande pompe, le premier service d’urologie. « En réalité Bourguiba ne me convoqua pas directement », révèle-t-il de son sourire malicieux. « Il convia mon père à un déjeuner avec des généraux allemands venus vraisemblablement étudier les raisons de la débâcle de l’armée allemande en Tunisie. Mon père était à l’époque l’interprète du Bey. On lui fit comprendre qu’il pouvait se faire accompagner par son  fils. J’eus, donc, droit à un long entretien avec Bourguiba au cours duquel je lui ai expliqué, avec ma fougue les raisons de mon exercice en Algérie et la nécessité de créer un service d’urologie à Tunis. Je n’ai eu pour toute réponse que d’aller voir le ministre de la Santé de l’époque, Hédi Khéfacha». 
 
Bourguiba, qui ne laissait rien au hasard, n’omit pas de téléphoner à son ministre pour s’enquérir des résultats de ma rencontre. « J’étais justement à son bureau quand le téléphone sonna, j’ai ainsi vu Hédi Khéfacha se lever, par respect, pour répondre au Président à l’autre bout du fil ». Cette image, Sâadeddine Zmerli ne l’oubliera pas de si tôt. Affaire conclue : Il est chargé d’œuvrer au plus vite à l’édification d’un service d’urologie. Il n’avait que 35 ans.
 
Ses allées et venues entre Alger et Tunis devinrent plus fréquentes. Il supervisa les plans du pavillon d’urologie, inspecta plus d’une fois le chantier qui prit du retard et poussa la chose jusqu’à jouer au tâcheron. En 1973, il quitta définitivement Alger pour s’installer parmi les siens à Tunis et rééditer quasiment le même parcours entrepris dix ans plus tôt à Alger avec en prime une plus grande technicité et une plus ample expérience. C’est ainsi qu’il réussit, le 6 juin 1986, la première greffe du rein au Maghreb, traçant ainsi, avec son bâton de pèlerin, la voie à d’autres greffes d’organes comme le cœur et le foie. Un acte chirurgical qu’il maitrisait, depuis 1960, pour avoir participé avec Jean Auvert  aux premières greffes rénales mondiales effectuées dans le service d’urologie du professeur Roger Couvelaire à Paris.
 
« La greffe de rein fait impérativement appel à d’autres spécialités qui n’existaient pas à l’époque », dit-il en passant sa main dans ses cheveux blancs puis sur son front, comme pour se remémorer ces années de gloire. Il précise que « si le recrutement des patients à greffer et le suivi des transplantés pouvait être assurés dès 1972 par l’équipe de néphrologie du Professeur Hassouna Ben Ayed, initiateur de la dialyse rénale en Tunisie, la biologie dont le rôle est de déterminer la compatibilité du donneur et du receveur, faisait encore défaut ».
 
Sâadeddine Zmerli en effectuant les soixante premières en Tunisie, à une époque où le prélèvement d’organes sur les vivants n’avait pas de substrats juridiques, endossait une lourde responsabilité. Mais, précise-t-il  « Convaincus que notre action était en complète harmonie avec notre conscience de médecin et avec l'éthique médicale, en pratiquant la greffe de façon totalement transparente et humanitaire, en valorisant le don et le libre choix et en obtenant pour les premières greffes des résultats probants qui rassuraient le corps social et le corps médical, nous prenions en main la destinée de la greffe rénale chirurgicale ».
« La première greffe fut dédiée à la mémoire du Pr. Zouheir Essafi », dit-il ému par le souvenir toujours vivace de cet ami disparu prématurément. Fidèle d’entre les fidèles, Sâadeddine Zmerli, ne rate aucune occasion de lui rendre hommage en dénombrant les multiples réformes qu’il avait entreprises.
 
Visionnaire, Sâadeddine Zmerli a contribué au développement des services urologiques où les opérations de greffe de rein sont aujourd’hui pratiquées particulièrement à Monastir et Sfax. Il a accordé dans son enseignement une place importante à la rationalité critique, à l’honnêteté scientifique, à l’obligation de partage de l’universitaire et à l’observance d’une éthique médicale rigoureuse. Lui le pédagogue dont la maîtrise de l’art oratoire n’est pas un secret pour ses étudiants qui affluaient en grand nombre aux cours qu’il donnait tant à Alger, Tunis ou encore Paris, n’a eu de cesse de mettre en application ces principes pour former des médecins et non des techniciens. Rompu aux discours et maîtrisant parfaitement l’art et la manière de parler, il a constamment su retenir l’attention de son public en ponctuant ses interventions d’anecdotes qui tout en allégeant son exposé, retenaient l’intérêt de son auditoire.
 
Profondément humaniste, Sâadeddine Zmerli a constamment vibré avec les réalités de son pays. Et  l’intellectuel qu’il est ne pouvait rester indifférent aux débordements qu’il pressentait d’un Parti unique dont l’omniprésence contrariait les timides avancées vers une démocratie dont il a toujours rêvé. Avec un groupe d’intellectuels de divers horizons, il participa d’une manière on ne peut plus active à la constitution de la Ligue Tunisienne de défense des Droits de l’Homme –LTDH, la première en Afrique et dans le Monde Arabe.
 
C’était en 1977. Il en devint le premier Président. Bourguiba qu’on tenait à l’époque pour un anti-démocrate n’avait pas bronché alors que son gouvernement était divisé sur la question. La LTDH a fait de son mieux pour jouer son rôle comme il se doit. Loin de démériter, elle a permis au cours des années 80, la « création d’une commission d’enquête indépendante après les émeutes du pain de 1984 et a contribué à l’enrichissement du débat sur la charte de la Ligue, tout en abordant avec la fermeté requise la question des sévices et du respect de l’intégrité physique. Elle s’est, par ailleurs, opposée avec vigueur aux conceptions conservatrices dans le domaine des droits de la femme », précise-t-il.
 
Il ajoute, d’un air grave et sérieux, cadrant parfaitement avec le thème qu’il évoque: « De par les débats qu’il a suscités et les liens et les contacts qu’il m’a permis de nouer, cet engagement a été pour moi une véritable source d’enrichissement ».
Les différentes actions qu’il a menées à la tête de la LTDH lui ont valu d’être élu pour quatre mandats (de 1979 à 1985 et de 1993 à 2000) à la Vice- Présidence de la prestigieuse Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme. Il tient à nous préciser que « le développement de la Fédération s’est effectué dans l’accroissement du nombre de ses membres et dans le caractère international de ses dirigeants. L’élection de Souhayr Belhassen à la tête de la FIDH, en 2007, est la consécration de cet épanouissement et de ce combat que nous avons mené avec modération et persévérance ».
 
Du 25 juillet 1988 au 10 avril 1989, il est nommé ministre de la Santé Publique. Une période bien courte au cours de laquelle il ne manqua pas de faire le diagnostic d’un secteur tout en émettant des propositions à même, souligne-t-il, « d’atteindre l’égalité des citoyens face à la qualité des soins, d’améliorer rapidement la situation sanitaire des populations les plus démunies, de revaloriser la fonction sociale, d’améliorer la formation et de développer les moyens consacrés à la recherche ». Tout un programme que sa nomination d’Ambassadeur de Tunisie à Berne de 1989 à 1991, l’empêchera de réaliser ne serait-ce qu’en partie. Un goût d’inachevé qui le laisse un peu amer. Mais cette bouffée d’air frais Suisse n’était pas pour lui déplaire. « De nouveaux horizons, on en a toujours besoin », dit-il en se levant l’air détendu, se dirigeant nonchalamment vers la baie vitrée de son salon qui donne directement sur le Golfe de Carthage.
 
Ouvrant la porte coulissante, il se dirige vers le balcon. De la verdure à perte de vue. Il m’indique la limite de sa propriété. Au loin, la mer d’un bleu vert où viennent mourir les derniers rayons d’un soleil couchant. La fin d’une journée comme les autres sur une vue imprenable. Silencieux, Sâadeddine Zmerli, au physique puissant de golfeur, fixe le grand large. Peut-être se remémore-t-il certains moments d’une carrière bien remplie, si riche et si féconde ?

Oui, Paris, Alger, Tunis : une greffe réussie.

Tiré du livre à paraître en 2009 :
Titre : « Médecine et Médecins de Tunisie »
Auteur :
Mohamed BERGAOUI 

 

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15 Commentaires
Les Commentaires
Mohamed BERGAOUI - 06-01-2009 18:37

J'ai lu avec beaucoup d'intérêt et autant de plaisir le témoignage du Pr. Chadli Dziri. J'espère qu'il me permettra de citer quelques passages de son témoignage dans le portrait ci-dessus du maître Saadeddine Zmerli. Merci.

SM - 07-01-2009 15:10

J'ai lu avec bcp d'intérêt le témoignage du Pr Dziri à son patron et maître le Pr Zmerli.Si personne ne pourrait remettre en question les qualités professionnelles du Pr Zmerli,qui fait partie de ces générations successives de professeurs de médecine qui ont apportées leurs contributions déterminantes dans la construction progressive d'un système de santé tunisien professionnellement efficace et performant,il n'en demeure pas moins que ce témoignage d'un autre grand professeur reste entre confrères et peut être même plus, un témoignage à un patron ou un maître pour reprendre l'expression du Pr Dziri.La comparaison faite avec un artiste a ses limites,car l'artiste travaille sur des objets alors que le Médecin et professeur traite des êtres humains. Ceci m'a rappelé qu'en 1980 et à l'âge de 30 ans j'ai été,à la suite de fortes douleurs,admis en urgence par un professeur chirurgien dans une clinique de Tunis,pour subir une série d'examens dans le but d'identifier l'origine de ces douleurs et de les traiter.Parmi tous les Professeurs qui m'ont examiné,je me rappelle de la visite du Pr Zmerli.Il entre dans ma chambre accompagné d'autres personnes,remarque la présence autour de moi de mon épouse et mes frères(2 jeunes Médecins)et il dit:"moi,je ne peux pas examiner un malade en public".Voilà une bonne entrée en matière...IL fallait lui expliquer qu'il s'agit bien de jeunes confrères.Puis,il fait sa consultation et s'apprêtait à quitter la chambre,il s'arrête et me regarde en disant: "Monsieur,je vous certifie que vous n'avez rien de rénal et je laisse aux hommes de sciences de décider." Et il quitte la chambre. Trente ans après,je me rappelle encore de tous ces détails en disant que pour moi un grand Professeur c'est certainement de la compétence mais aussi de grandes qualités humaines avec beaucoup de modestie et de sens de la communication avec les patients. Cette réaction est celle d'un patient qui ne remet pas en question la reconnaissance justifiée du Pr Dziri mais la modère par un éclairage vu du coté d'un paient d'un jour.

Hammadi Berrejeb - 07-01-2009 15:43

Je découvre un éminent professeur et un fidèle disciple. La plume du Dr Dziri est sublime. Est-il chirurgien ou orfèvre? Quel talent! J'apprécie le maître et vénère l'élève! Ecrivez Dr Dziri,éclairez notre lanterne, faites-nous explorer la mémoire des Grands, enrichissez les nouevlles générations. Pr Zmerli, votre mérite est double!

ZRIBI.M - 08-01-2009 13:49

J’ai toujours pensé que la médecine ne s’apprenait pas seulement que dans les encyclopédies, ?c’est l’une des sciences où la transmission du savoir et surtout de l’expérience de nos aînés est ?primordiale, surtout quand il s’agit de chirurgie. La relation spirituelle qui s’établi entre le ?maître et son élève conditionne à jamais la façon de réfléchir et d’agir du futur médecin.? L’enseignement médical est un art, mais surtout un don qui n’est pas à la portée de tout le ?monde. Rien n’est de plus facile que de dicter un cours, ou de montrer une technique à un ?jeune résident, mais le plus difficile c’est d’en graver à jamais les points capitaux dans le ?cerveau d’un étudiant déjà surchargé. Il suffit parfois de glisser une petite anecdote dans un ?exposé et le tour est joué.? Comme vous l’avez dit, le fait de citer qu’on a été le fidèle élève de tel maître, peut avoir ?beaucoup plus de valeur qu’un diplôme d’une prestigieuse Faculté.? Je suis fier du niveau de l’enseignement de la Faculté de Médecine de Tunis, bien que le ?recours aux documents imprimés a changé les aspects de la transmission des connaissances, ?mais ceci est un autre débat !? Notre serment d’Hippocrate nous rappelle qu’on doit le respect envers nos maîtres et qu’on ?doit rendre à leurs enfants le savoir qu’on a acquis auprès de leur père. Pr Saaddedine Zmerli ?trouvera dans votre article le meilleur hommage. Rien n’est plus gratifiant et honorant que la ?reconnaissance de ses élèves. ? Je suis sur qu’un jour, nombreux de vos élèves brilleront dans le monde de la chirurgie et ils ?vous seront extrêmement reconnaissants. Je pense que c’est le plus beau cadeau que l’on ?puisse faire à un maître digne de ce nom : c’est de voir transmettre le flambeau du savoir et ?d’être fier de ses élèves. ?

mustapha - 08-01-2009 18:07

Je ne connais pas personnellement le Pr Zmerli mais j'ai été impressionné par le portrait qu'en fait son brillantissime élève, le Pr Dziri. Je viens de lire les mémoires de l'ancien gouverneur de Séliana, si Ameur Kria.Parmi les souvenirs qu'il rapporte, la visite du Pr Zmerli à ce gouvernorat lorsqu'il était ministre de la Santé. Un témoignage qui corrobore tout ce qui a été dit sur ce grand Monsieur. Le professeur Zmerli n'est pas seulement un grand médecin mais il est aussi et surtout un grand humaniste

zaouche abdeljelil - 14-01-2009 12:45

En 1987, en prévision du concours d'agrégation que je devais passer en chirurgie générale, j'ai demandé au professeur Zmerli, mon ancien chef de service quand j'étais en urologie, de présenter devant lui un cours d'agrégation. Ce cours a été présenté comme d'habitude en 45 mn et après les corrections d'usage je lui ai demandé ce qu'il fallait que je prépare pour la fois d'après. Il a sourit et m'a donné le même libellé de cours. Devant mon étonnement il m'a dit "OUI, cette fois-ci vous allez le faire en 30 mn". A la fin des commentaires, il m'a demandé de m'entrainer encore pour faire ce même cours mais cette fois en 15 mn. J'ai su qu'il fallait faire la différence en l'essentiel et le superflus. Esprit critique et clair, quelque fois ironique,le Professeur S. Zmerli a été un enseignant hors pair et a constitué un modèle de compétence, d'intelligence, de culture et d'humanisme pour plusieurs générations de médecins depuis la création de la faculté de médecine de Tunis. Pr A.Zaouche - Doyen de la faculté de médecine de Tunis

OM - 18-01-2009 19:43

Que dire de tous ces hommages rendus au professeur Zmerli? C’est un sentiment de fierté d’avoir été un des nombreux élèves de Pr. Zmerli. Je me souviens encore vivement de son image sur l’estrade en face de nous dans un amphithéâtre avec 500 étudiants tous accrochés à la moindre de ses paroles, à chaque mimique de son visage et à chaque mouvement de son corps: ils faisaient tous partie intégrante de son message scientifiquement, minutieux pédagogiquement parfaitement illustré par toute sa présence sur la «planche». Mais je ne peux oublier un événement qui s'est déroulé dans cet amphithéâtre il y a plus de 30 ans. Le professeur donnait son cours devant un amphithéâtre de 500 étudiants; soudainement le flot de paroles et d’explications s’arrête et le professeur nous demande de ne pas avoir la tête dans nos papiers à transcrire toutes ses paroles et de suivre le cours. Nous lui faisons remarquer que nous avons besoin d’avoir des notes écrites pour le cours qui nous sont nécessaires malgré la clarté de son exposé. Le professeur Zmerli nous indique un livre disponible à la bibliothèque de la faculté pour y trouver tout le nécessaire. Nous signalons au professeur qu’il n’y a à la bibliothèque que 10 exemplaires de ce livre alors que nous somme 500 et que ce livre coûte 35 Dinars (La bourse des étudiants en ce moment n'était que de 30D)la majorité d’entre nous n’avait pas les moyens d’acheter ce livre. Le verdict est tombé de la bouche du Professeur: ce lui qui n’a pas l’argent nécessaire pour s'acheter des livres, ne doit pas faire des études médecine… Que dire de plus, moi boursier de l’Etat Tunisien à ce moment là et qui avait acheté ce livre que je garde jusqu’à ce jour ; je me souviens de ces paroles encore maintenant, plus de 30 ans après, qu’en ont pensé les autres étudiants qui n’avaient jamais pu acheté ce livre et d’autres et qui devaient parfois envoyer une partie de leur maigre bourse pour aider leurs familles. Ces mots du Professeur ont raisonné dans ma tête à plusieurs reprises durant ma vie et surtout à certains moments publics de la vie du professeur Zmerli comme aujourd’hui.

ZBS - 18-01-2009 22:02

Voici un modeste témoignage de la part de l’une de vos élèves pour qui vous êtes un Modèle : J’ai eu l’honneur et le bonheur d’avoir Pr Zmerli comme maître ; je me vante encore aujourd’hui (30 ans après) d’avoir fait partie de cette génération qui a eu le privilège de l’avoir eu comme enseignant à la Faculté de Médecine de Tunis. Un fait certain : Si Saadoun , comme on aimait tous l’appeler, était un enseignant hors pair ; on se pressait à ses cours magistraux ; c’était un plaisir renouvelé d’assister à ses enseignements. Je le revois dans l’un des amphithéâtres du Pavillon 5 de l’ancienne Faculté, entrain de faire son cours sur les coliques néphrétiques ; c’était un acteur en scène , tout se déroulait devant nos yeux : un véritable spectacle où l’enseignant pour nous illustrer la sémiologie, se fusionnait dans le patient, se tortillait de douleurs et exprimait d’une autre manière non classique et non moins rigoureuse et juste, tout le tableau clinique ; on n’avait pas besoin de plus pour tout comprendre et tout retenir jusqu’à 30 ans après !! Le cours qui m’a le plus marqué et dont je garde le détail de la sémiologie jusqu’à présent, était le cancer du rein avec son hématurie capricieuse ; je m’en souviens encore car la pédagogie théâtrale avec les intonations de la voix qui l’accompagnaient pour nous expliquer le contenu des mots, m’ont marqué de façon indélébile. Toute jeune étudiante, j’avais décidé de faire plus tard un travail de recherche sur le cancer du rein.. La première occasion qui s’est offerte à moi, c’était ma thèse pour le doctorat en médecine, j’avais entamé à l’époque ma spécialisation en pédiatrie dans le cadre du résidanat. Mon sujet de thèse était tout choisi dans ma tête et devait porter sur le cancer du rein!! et ce fût , la tumeur de Wilms, cancer du rein chez l’enfant, 1ère série tunisienne de 69 cas ; j’ai tenu pour que vous soyez dans le jury de ma thèse, je vous l’ai proposé et vous avez gentillement accepté ; Le jour de la soutenance, un certain jour de janvier 1985, je donnais les conclusions de mon travail devant mon honorable jury sous forme de diapositives et pour finir, j’ai glissé une diapo paysage de Sidi Bou Saïd. C’était ma façon de vous exprimer toute ma reconnaissance à ce que j’ai appris de vous tant sur le plan humain que scientifique, et en même temps une satisfaction pour moi d’avoir accompli cet engagement que j’avais pris sur moi et dont vous étiez l’initiateur.

Ali DJELASSI - 20-01-2009 07:55

Que dire de tous ces hommages rendus a mon ami Saadoun que j'ai connu il y a 5 ans sur le parcours de golf Yasmine a Hammamet ca me fait chaud au coeur. c'est quelqu'un de simple d'humain ,d'une grande gentillesse. Je souhaiterai que beaucoup de tunisien de son envergure soit comme lui.

Ben Slimane Tahar - 22-01-2009 10:53

J'ai lu avec beaucoup d'interet l'article de Mr BERGAOUI M et celui de mon ami Chedly DZIRI concenant notre maitre le Professeur Saadeddine ZMERLI;nous avons l'impression que tout a été dit je voudrais ajouteer mon temoignage comme je l'ai vecu au cours de ma carriere de chirurgien. Le Pr Zmerli S fait partie de cettepremiére generation de medecins devoués,competents,rigoureux engagés qui ont fait la medecine dans notre pays;nous sommes la generationd'apres,ceux qui ont fait leurs etudes medicales et leurs spécialités en Tunisie,nous avons pu apprecier la qualité de nos enseignants en faisant des stages à l'etranger(Europe,Etats Unis..).Le Pr Zmerli est un pionnier,son service à l'hopital Charles Nicolle ou'j'ai travaillé comme interne puis resident se demarque des strutures avoisinantes par son aspect moderne,sa beauté,avec une organisationinterne parfaite,conçu à ce que le maladesoit traité sur place du diagnostic radiologique au traitement chirurgical.L'urologie n'existe pas enTunisieavant l'arrivée du Pr Zmerli;il a le merite de créer une veritableecole avec un essaimage dans tout le pays,il a encouragé et nommé ses anciens assistantsdans les centres hospitaliersSfax,Sousse,Tunis,Monastir,Kairouan...nous avons actuellement des uroloques dans tout le pays sans compter les chirurgiensqui ont pu beneficier de formation urologique et faire face auxaux besoinsde la population;mon ami Dziri et moi_mémeavons beaucoup fait de l'urologieà l'hopital MenzelBourguiba en 1982 et 1983.Le Pr Zmerli n'est pasle technicien diploméc'est un visionnaire,un authentique patriote,trés attaché à l'Homme dans son ensemble,trés jaloux pour la Tunisie et de ses competences,avec un air de"playboy",de golfeur elegantil faisait passer une vision trés respectéedu malade,son seul souci c'est la competence;il est de ceux qui ont beaucoup plaidé le residant meritant c'est à direl'instauration du concours de residanat afin de maintenir un niveau élevé,plus de trente aprés nous voyons le resultat.Si je dois conclureje dirais que le Pr Zmerli siscite en moi le respect,l'admiration et la reconnaissance;je lui souhaite longue vie et j'espere que nos jeunes et moins jeunes confréres meditent sur son parcours exemplaire. Dr Tahar Ben Slimane,chirurgien,President Association Tunisienne De Chirurgie

Ali BAHRI - 22-01-2009 12:53

Ecrivez encore Docteur DZIRI et éclairez notre lanterne sur ces grands patrons

Docteur Imad CHAMI - 25-01-2009 15:08

Français d'origine libanaise, après avoir terminé mes études de médecine à Montpellier en 1975, je suis arrivé dans le service d'urologie du Pr Saadeddine Zmerli. J'ai découvert un homme passionnant par son enseignement et sa méthode chirurgicale. Progressivement, s'est établie entre nous une relation de confiance et d'amitié. Il m'a tout appris et je lui dois tout ce que j'ai réussi à réaliser après 10 ans passé auprès de lui.Je lui dois mon métier d'urologue, je lui dois la place que j'occupe aujourd'hui à la tête d'une clinique chirurgicale de 90 lits en France. Il m'a appris à écouter et à parler, à présenter un dossier construit avec rigueur et à savoir convaincre. Sa passion pour l'urologie et son développement en Tunisie n'a d'égal que son humanité et son honnêteté. Rien d'étonnant qu'il soit le pionnier de la transplantation d'organes en Tunisie. Déjà en 1960, faisant équipe avec J. Waysse et J. Auvert à l'Hôpital Necker, il participe aux toutes premières greffes rénales dans le monde, il réalise un film sur la transplantation qu'il présente au congrès d'urologie de 1962 et surtout il établit, après une cinquantaine d'autogreffes rénales chez le chien, le degré de température assurant la plus longue survie du rein prélevé. C'est ainsi que le critère obtenu, 4 degrés Celsius, devenait une référence internationale. En réussisant en Juin 1986 la première des 60 greffes qu'il allait effectuer en Tunisie, il réalisait enfin un vieux souhait. Il ne s'est pas contenté d'être un pionnier de la transplantation rénale, il s'est employé en partageant son savoir faire, comme l'authentique universitaire qu'il était, à former les futurs transplanteurs pour assurer la continuité de la procédure. Ce témoignage n'est qu'un sincère remerciement d'un élève envers son maître.

laloum - 04-03-2009 17:03

de la 6èA1 en1940 au lycee carnot à la cite universitaire en 1955 passant par sidi-bou-said en 1946-1947 j'ai pu l'apprecier et mon emotion se renforce à l'evocation d'essafi que le dr lulu darmouni m'avait permis d'apprecier

Dahmane Y - 28-05-2009 17:24

Si Chadly devait nous parler de notre maitre si Saadoun Zmerli mais il nous a parlé de lui même en nous laissant sur notre soif.

hellal yahia - 19-10-2010 16:54

je suis algerien; pouvez vous m orienter pour subir une lnpc en tunisie;j ai un calcul renal de 32mm; j attent v otre reponse;et merci:

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