Blogs - 17.11.2011

Espérance-WAC : quand la politique s'en mêle

Si l’on admet que le sport rapproche les peuples, alors il faut reconnaître qu’il y a une exception arabe. Car, il n’est pas rare que les rencontres sportives interarabes, surtout quand il s’agit de football dégénèrent jusqu’à déborder le cadre sportif. Nous avons un cas d’école : le fameux match d’Om Dourman,  qualificatif pour la Coupe du Monde entre l’Algérie et l’Egypte qui avait conduit les deux pays, il y a deux ans, au bord de la crise diplomatique avec rappel des ambassadeurs et campagnes de presse d’une violence inouïe surtout du côté égyptien. Entre la Tunisie et le Maroc, on n’en est pas encore là, mais l’attitude des officiels marocains, aigillonnés par une presse chauvine, suite aux incidents qui ont suivi la finale à Rades de la Ligue des Champions africaine entre l'Espérance et le WAC est pour le moins inquiétante. Après les déclarations très peu diplomatiques du ministre des sports marocain, voilà que son collègue des A.E réitère à notre ambassadeur à Rabat, sur un ton auquel on n'était pas habitués, «la demande officielle au sujet de l'ouverture d'une enquête sur les événements violents, la réaction disproportionnée des forces de l'ordre tunisiennes et les dépassements constatés à l'encontre des supporters marocains», alors que toutes les assurances avaient été données à cet égard, d’abord par le ministre de la jeunesse et des sports puis par le Premier ministre. 

Même si le ministre marocain a tenu à tempérer cette « injonction » par une profession de foi maghrébine en rappelant "la volonté du Royaume du Maroc de consolider les relations fraternelles qui lient les deux peuples, marquées par le respect mutuel, la compréhension et la solidarité", on ne peut que se perdre en conjectures face à cette fébrilité que rien ne justifie, même si la proximité des élections dans le pays voisin peut l’expliquer en partie ( il est bien difficile, il faut l'avouer, de céder  à la tentation de l’instrumentalisation politique en pareil cas).  Il ne nous reste qu’à joindre notre voix à celle du journal marocain, Libération et formuler le vœu « que les relations [entre les deux pays] ne succombent  «à quelques surenchères qui ne peuvent servir que les intérêts des ennemis de ce rêve que l’on ne cesse de caresser, celui de l’unité maghrébine ».

HB