News - 03.04.2011

Meeting politique à la Coupole d'El Menzah, l'appel à un front commun démocratique et progressiste

Trois partis politiques historiques invités à la Coupole d’El Menzah le samedi après-midi, le PDP, Ettajdid et le FDLT, une hôte de marque en la personne de l’avocate militante Gisèle Halimi et un concert animé par de jeunes artistes, l’association Citoyens & Solidaires a frappé fort pour sa première action. A la tribune se sont succédé, Maher Hanein, membre du bureau politique du Parti Démocrate Progressiste, Ahmed Ibrahim, premier secrétaire d’Ettajdid et Mustapha Ben Jaâfar, secrétaire général du Forum Démocratique pour le Travail et les Libertés.

Près de deux mille Tunisiens ont bravé le soleil de ce dernier samedi de vacances pour venir écouter et débattre des programmes politiques de trois partis politiques tunisiens dont les responsables étaient tout aussi heureux que l’assistance de pouvoir s’exprimer en toute liberté dans cette coupole qui n’est guère habituée aux débats politiques démocratiques. Les responsables l’avoueront eux-mêmes. Dans leurs meetings, il y avait auparavant plus de policiers dans le quartier que de présents dans les salles exigües de leurs bureaux. Autre temps, autre mœurs.

A l’applaudimètre, les appels à la séparation de l’Etat et de la religion, de la politique et de la religion et le respect du statut avancé des femmes ont recueilli la plus grande adhésion. De même, la demande d’un regroupement des indépendants dans un front commun a été martelée par plusieurs des intervenants qui ont aussi appelé les trois partis présents à se constituer comme une force commune afin de contrer les extrêmes, dénoncer les agressions des artistes et des intellectuels ainsi que les alliances opportunistes et les amateurs du double langage.

Standing ovation pour Gisèle Halimi, la femme de tous les combats que l’on ne présente plus. Après une visite qu’elle a effectuée le matin-même à son compagnon de l’union des jeunes avocats tunisiens dans les années 1960, M. Béji Caïd Essebsi, elle a répété, à la tribune de la coupole d’El Menzah, toute sa fierté d’être née sur cette terre qui, plus que jamais, est aujourd’hui un phare pour l’ensemble du monde arabe et même ailleurs témoignant de l’étonnement de certains qui en France se sont dit : « tiens, les peuples arabes savent faire une révolution, et pacifique en plus ! ». Emue, Gisèle a affirmé que la Tunisie a montré que le leader c’est le peuple, un peuple composé à 50% par des femmes, rappelant ici que l’on ne peut parler d’instaurer une démocratie si la moitié d’un peuple en domine l’autre. Cette révolution qui a été menée avec intelligence, ajoute-t-elle, devra encore relever le défi de sa construction et de son organisation dans l’égalité et la fraternité. Pour cela, elle lance un appel « ne vous résignez-pas ! ».

Les organisateurs promettent d’inviter, lors de prochaines manifestations, les autres partis politiques à partager avec les Tunisiens leur vision et leurs valeurs. Du pain sur la planche  pour l’association Citoyens & Solidaires avec les 51 partis politiques que compte actuellement le paysage politique tunisien.

ABH