News - 08.06.2026

La vie et l’œuvre de Mohamed Lahbib, un des pionniers du théâtre tunisien, dans un ouvrage de Beït al-Hikma

La vie et l’œuvre de Mohamed Lahbib, un des pionniers du théâtre tunisien, dans un ouvrage de Beït al-Hikma

Son nom a longtemps été synonyme du théâtre tunisien, mais aussi de la presse et de l’action culturelle. Mohamed Lahbib (1903 – 1980) est resté cependant peu connu quant aux faits saillants de sa vie et à ses œuvres majeures. L’Académie tunisienne des lettres et des arts, Beït al-Hikma vient de contribuer à ce devoir de mémoire en lui consacrant un ouvrage volumineux, publié en deux tomes. Ce travail de recherche est signé par le professeur Larbi Zouabi qui a veillé a retracer les origines familiales et le parcours de Mohamed Lahbib, et à collecter une large partie de ses œuvres.

Enfant de la médina de Tunis où il a toujours vécu, Mohamed Lahbib est d’origine turque. Ses ascendants avaient d’abord posé pied à Bembla, dans le Sahel tunisiens, avant que son père, Ahmed Ben Mohamed Lahbib Turki décide de s’installer dans la capitale, élisant domicile à Tourbet el Bey, non loin de la maison d’Ibn Khaldoun.  De formation coranique zeitounienne, il sera très rapidement passionné par le théâtre, encouragé en cela particulièrement par ses deux enseignants Mohamed Ben Ali Ben Jaafar et Mohamed Khedhiri.Mohamed Lahbib commencera sa carrière en tant qu’instituteur avant de rejoindre le ministère de la Justice en qualité de rédacteur, faisant montre au fil des années, d’une grande compétence dans la rédaction des jugements charaïques. Une cabale sera montée contre lui auprès du Bey à propos d’une pièce de théâtre et il sera contraint à la démission en 1947. Il s’établira alors en tant qu’avocat et s’inscrira au barreau de Tunis.

Parallèlement à ses activités professionnelles, c’est en effet dans la vie culturelle et artistique qu’il brillera. Ayant hérité l’amour du théâtre de son père qui l’emmenait avec lui suivre de nombreuses représentations, il avait déjà fait ses débuts à l’école, dans de grandes pièces comme Hamlet. Dès 1921, il rejoindra l’association Echahama Al Arabiya, où évoluait déjà son camarade de classe Abderrazak Karabaka. Il profitera de la venue à Tunis du grand homme de théâtre égyptien Georges Abiadh, pour prendre son attache et devenir l’un de ses premiers assistants, avec Béchir Methenni et Abdelaziz Agrebi. Ce fut le début d’une grande saga.

Le tome 1 de l’ouvrage revient en 470 pages, sur la biographie de Mohamed Lahbib et présente une sélection de son œuvre. Il contient également des extraits de ses mémoires concernant le théâtre, ainsi que de nombreux articles choisis, classés par thème : histoire de la Tunisie, littérature arabe, et musique.Dans le tome 2 (294 pages), le lecteur retrouve des articles, des textes de pièces théâtrales, et divers documents consacrés à Mohamed Lahbib. Parmi les auteurs de ces hommages figurent Cheikh Mohamed el-Fadhel Ben Achour, Ezzeddine Madani, Mohamed Skanji, Mohamed Boudhina, Taoufik Boughdir, et autres figures culturelles. Un album-photo est joint en annexe.

Avec le récit de vie de Mohamed Lahbib, on remonte à cette intense activité littéraire et artistique qui avait marqué la Tunisie au cours de la première partie du siècle dernier et découvre ses multiples talents. Des documents et des témoignages très instructifs qui viennent enrichir les publications déjà parues sur la même thématique. L’initiative de Beït al-Hikma de publier cet ouvrage est méritoire. Tout comme l’effort déployé par l’auteur, le professeur Larbi Zouabi.

Légende photo du haut : A gauche, avec au centre Georges Abiadh et à droite Mohieddine Mrad.