News - 14.06.2015

Said Ben Ayed: Un exemple de bravoure

Said Ben Ayed: Un exemple de bravoure

Ceux qui connaissent l’ambassade de Tunisie à Washington (au 1515 Massachusetts Ave NW) et la résidence officielle de l’ambassadeur dans la proche banlieue (Broad Branch Road, NW), seront agréablement surpris de les revoir. Les jardins sont superbes. Entretenus, fleuris, ils offrent, avant d’accéder aux bâtiments, une bonne image de la Tunisie. Les prix de pareils aménagements paysagers dépassent le modeste budget alloué à l’ambassade. Alors qui s’en est chargé ? C’est un brave Tunisien, Said Ben Ayed, 49 ans, dont 20 aux Etats-Unis, qui en a eu l’initiative. Travaillant dans une compagnie environnementale et très attaché au pays, il été contrarié de voir les jardins de l’ambassade et de la résidence dans un piteux état. Avec la permission du chargé d’affaires (Kais Darragi, en attendant la désignation du nouvel ambassadeur Fayçal Gouia), il s’est attaqué à l’œuvre. Sur ses propres deniers, il a fait venir une équipe de jardiniers paysagistes, acheté des plantes et du terreau et veillé personnellement à la bonne marche des travaux. En quelques jours, le changement est total.

Le jour de la rencontre du président Caïd Essebsi avec des membres de la communauté tunisienne aux Etats-Unis, Said se tenait à l’écart dans le jardin, les larmes aux yeux, très ému de vivre pareil moment. Il sera présenté au chef de l’Etat qui le félicitera chaleureusement et lui demandera, avec le sourire, s’il connaît d’autres concitoyens aussi braves et patriotes que lui dans les autres pays pour fleurir les jardins de nos représentations.

Said Ben Ayed n’est pas à son premier acte de bravoure. Il y a trois ans, il avait reçu une haute distinction d’honneur des sapeurs-pompiers pour son «action héroïque». Le 22 juin 2012, sentant l’odeur de fumée se dégager d’une maison à Singleton’s Grove Community, il s’empressa d’alerter les pompiers mais surtout de pénétrer dans la maison déjà en flamme. Il y trouve une femme âgée clouée à un lit médicalisé et entubée qui lui demandera, apeurée et épuisée, de sauver plutôt sa fille qui dort à l’étage, quitte à la laisser, elle, mourir dans le feu. Il sortira la fille mais aussi la mère sur une chaise roulante, alors que des voisins viennent lui prêter main-forte et les pompiers éteindre le feu. Son courage exceptionnel fera la une des médias dans la région. La veille de l’incendie, Said recevait le prix «County Champion Award» pour ses efforts remarquables dans la réussite du projet environnemental du comté. La Tunisie a besoin de citoyens comme Said Ben Ayed. A l’étranger, mais aussi dans le pays.

T.H.