News - 30.04.2015

Pollution sonore : la pollution méconnue

Pollution sonore : la pollution méconnue

Le bruit est la perception péjorative, désagréable, des sons qui nous entourent ! LE BRUIT est devenu le 2ème facteur de plaintes liées à la modernité, après la pollution atmosphérique ! Nous avons jugé utile d’attirer l’attention de nos concitoyens sur les méfaits de ce phénomène, en ciblant particulièrement les jeunes ; qui sont non seulement les plus exposés, mais aussi les plus sensibles ! En espérant ainsi réduire le risque d’effets irréversibles sur leur santé ! Et enfin et surtout, pour insister sur la prévention de ces troubles, qui se fait essentiellement par la protection ! Le bruit est "un phénomène acoustique produisant une sensation auditive considérée comme gênante et désagréable". Devant le caractère insidieux de l’exposition, La gravité des séquelles, et le nombre incroyable de sources de bruit nocifs qui nous entourent, nous avons jugé utile d’attirer l’attention de nos concitoyens, sur cette agression moderne ! A l’occasion de le Journée Internationale contre le Bruit ! 

 
Le son peut être caractérisé par sa fréquence (grave ou aigu), son niveau sonore (aussi appelé intensité), et sa durée (court ou long). Ce qui différencie le bruit d'un son c'est la perception que nous en avons. Le volume sonore se mesure en décibels (dB) La dose de bruit reçue dépend de l'intensité et du temps d'exposition. Pour une même durée d'exposition, quand le niveau de bruit augmente de 3 décibels, la dose de bruit reçue par l'oreille double. Il s’agit, rappelons-le, de la deuxième cause de plaintes d'origine environnementale après la pollution atmosphérique. Nous voulons cibler particulièrement les jeunes, qui sont non seulement les plus exposés, mais aussi les plus sensibles ! 
 
Afin de prévenir les risques irréversibles sur leur santé ! Les jeunes qui abusent des baladeurs et autres « casques » de smartphones, ainsi que de boites de nuit, auront une presbyacousie (gêne auditive liée au vieillissement naturel de l'oreille) plus précoce L’oreille , plus particulièrement l’oreille interne , est un organe d’une très grande précision et aussi sensibilité ! Les cellules sensorielles qui transforment l’énergie mécanique reçue, en message chimique et électrique vers le cerveau, sont dès la naissance, au nombre de 15 000 environ, et elles sont non renouvelables ! Quand l’exposition aux bruits devient nocive elle détruit progressivement les cellules ciliées de l'oreille interne. Et conduit à une surdité irréversible car ces cellules ne se régénèrent pas. L’exposition excessive aux bruits peut affecter notre bien-être comme notre santé. 
 
L’habituation et le nombre de plus en plus élevé de sources sonores de la vie moderne, rend plus insidieux les effets néfastes du bruit : voisins bruyants, rue, voitures, klaxons, trains, avions, feux d’artifice, fêtes de tous genres … Les facteurs de risque du BRUIT sont, outre l’intensité sonore la durée d’exposition, mais surtout la fréquence du son (les sons aigus étant plus dangereux). Au plan physiologique, cela entraîne la dégradation d'une partie des cellules ciliées de l'oreille interne, cellules comme on l’a dit, fragiles, peu nombreuses et ne se renouvelant pas, ce qui peut entrainer une perte irrémédiable de l'audition accompagnée d’acouphènes !
 
Pour se situer, voici quelques indications sur les bruits courants : Le niveau sonore d’une discussion calme, est estimé à 50 à 60 Db. Au-delà de 85 dB (voie criée, rue animée à fort trafic), le bruit devient désagréable ! L’exposition de plusieurs années à un niveau de 85 dB. Peut entraîner des troubles auditifs ! Plus le niveau sonore est élevé, plus le risque est grand et la dégradation rapide. Une exposition à un niveau proche de 100 dB (discothèques, concerts, baladeurs à forte puissance) est ainsi susceptible d'entraîner des symptômes persistants et irréversibles : telle une baisse nette de l'audition, des acouphènes, en d'autres termes un traumatisme sonore. 
 
D’autres effets peuvent s’observer : tels que les perturbations du sommeil avec une difficulté d'endormissement, des troubles du sommeil (niveaux sonores entre 45 et 55 dB) et des éveils au cours de la nuit (niveaux sonores supérieurs à 55 dB). Ces perturbations ont des conséquences importantes, notamment une fatigue notable, une diminution de la vigilance, de l'efficacité au travail ou de l'apprentissage durant l'enfance. Par ailleurs, le bruit peut avoir des effets bien plus sérieux, sur le système cardio-vasculaire. A court terme, il peut augmenter la tension artérielle et transitoirement le rythme cardiaque. Certaines études montrent également une augmentation à plus long terme de pathologies graves (angine de poitrine, hypertension et infarctus du myocarde), Les jeunes sont les plus exposés aux bruits intenses (walkman, smartphones, discothèques etc.)en plus des bruits environnants ) et physiologiquement les plus fragiles Des études pratiquées sur des audiogrammes d’élèves montre qu’environ 10 % des jeunes âgés de 17 ou 18 ans souffrent d’une perte auditive moyenne comprise entre 15 et 40 d centrée sur le 4000 Hz. Les Effets psychologiques aussi, liés à la pollution sonore, sont de plus en plus cités, pouvant aller jusqu'à la dépression nerveuse. 
 
Dans les grandes agglomérations, ou par ailleurs des résultats remarquables ont été accomplis en matière de pollution atmosphériques … C’est la pollution sonore qui devient la principale source de nuisance citée par la population lutte contre la pollution sonore Il est essentiel de multiplier des campagnes de sensibilisation et de prévention, car ce danger reste à ce jour, trop négligé ! De plus, la législation devra avoir un rôle de plus en plus crucial, et se mettre à la hauteur de ce danger insidieux ! Il faut dire que même au plan international, il s’agit d’un domaine nouveau, et les textes de lois sont relativement récents et en évolution ! Pour ce qui concerne notre pays, on peut dire qu’il y’a une insuffisance flagrante dans la législation, à remédier d’urgence …et même dans les domaines ou des textes de loi précis existent déjà (ex : bruits des pots d’échappement ou des salles de concert …) la gravité de la question est loin d’être prise au sérieux ! 
 
L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) elle, recommande un niveau de bruit ambiant inférieur à 35 décibels (dB), pour un repos nocturne convenable. Le seuil de danger acoustique est fixé à 90 dB. Au-delà de 105 dB, des pertes irréparables de l'audition se produisent. Le seuil de douleur acoustique est fixé à 120 dB. Au-delà, le bruit devient intolérable, provoquant d'extrêmes douleurs et des pertes d'audition... Notons que la législation du travail a lancé les bases d'un accord international sur la puissance sonore à ne pas dépasser : 85 dB. De plus, la loi prévoit de limiter la puissance de sortie des baladeurs à 100 dB et le niveau dans les discothèques à 105 dB. Voir tableau ci – bas Les mesures de protection sont simples et indispensables ! On peut les résumer ainsi : 
  1. Savoir limiter l’intensité des baladeurs et prévoir des périodes de repos ! 
  2. Savoir Sortir de la discothèque ou des salles de fêtes quelques instants pour reposer ses oreilles
  3. Exiger la limitation des bruits dans les espaces communs telles que les discothèques et les salles de fêtes à 100 db. 
  4. Appliquer la loi sur l’usage des pots d’échappement et des klaxons 
  5. Exiger une bonne isolation des logements 
  6. Imposer le Port de casque en milieu de travail bruyant. 
Pour terminer, l’audition est un sens merveilleux qui nous permet d’apprécier une belle musique, de nous positionner dans notre environnement, ainsi que nous alerter des dangers !Le modernisme s’accompagne hélas d’une multitude de sources d’agressions sonores quantitatives pouvant causer des altérations graves de notre audition , et même de notre santé (sans oublier les agressions qualitatives ,insultes ,blasphèmes et autres …) Nous avons tenus à « tirer une sonnettes d’alerte , volontairement assourdissante celle-ci : attention à vos oreilles !!!
 
Dr Anouar Abdelkafi, Président Amicale des ORL du Sud