News - 22.05.2014

Les trésors cachés de la Manouba

L’ «Association La Manouba pour les Monuments et la Culture» (AMMC) est toute jeune, mais déjà très active. Elle a été créée en février 2014, mais le projet était déjà en gestation depuis novembre 2013; le déclic fut la visite que rendirent un groupe de militants de la société civile et de certains partis politiques ainsi que d’habitants de La Manouba au Mausolée de Saïda Manoubia pour voir où en étaient les travaux après l’incendie criminel du 16 octobre 2012. Le nettoyage était en cours, mais la restauration allait tarder par manque de fonds, l’INP ne pouvant en assurer le coût estimé à 70 000 dinars. Quelques bonnes volontés décidèrent alors de créer une Association pour la collecte de dons en faveur du Mausolée, mais aussi de manière plus générale  pour aider à la préservation des monuments archéologiques et historiques du gouvernorat de La Manouba et apporter le soutien nécessaire à tous les efforts de restauration et de protection, pour mettre en valeur le patrimoine de La Manouba et promouvoir la culture et le tourisme dans la région.

Dans une conférence de presse tenue le 26 avril, Habib Mellakh, Président de l’AMMC, annonçait officiellement l’ouverture d’une campagne de dons pour la restauration de la zaouia de la Sainte, ainsi que les actions futures de l’AMMC dans le cadre du Mois du Patrimoine. Le 8 mai, le Président et des membres de l’AMMC allèrent au cimetière militaire britannique de Borj-el-Amri rendre hommage à tous ceux qui luttèrent pour la liberté pendant la 2ème guerre mondiale. Le 11 mai, c’était le nettoyage autour du Pavillon de la Sebbala Hamouda Pacha avant d’aller, en fin d’après midi, rendre visite à l’école Ibn Jazzar en partenariat avec "Dom Polski" : après une brève présentation de l’école, tous purent admirer une belle exposition composée d’une part  d’un ensemble de photos du père Marek Rybinski  "Je suis fier d'être ici", et d’autre part de cartes postales anciennes représentant La Manouba.

Puis le 17 mai, la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de La Manouba accueillait un séminaire sur « Les palais et les monuments du Gouvernorat de La Manouba », organisé par l’AMMC en partenariat avec la FLAHM et la Délégation régionale de la culture de La Manouba. Après Habib Mellakh, Président de l’AMMC qui retraçait l’historique de l’Association, puis Habib Kazdaghli, Doyen, qui rappellait que le rôle de la Faculté est d’être un espace de production du savoir, ce qui implique une relation entre culture, recherche et développement économique, et le Délégué au tourisme pour qui il revient aux universitaires de faire connaître les monuments afin de susciter les investissements, des intervenants passionnés surent captiver un public nombreux et curieux. Toutes les interventions ont contribué à faire connaître les «trésors cachés de La Manouba» et à révéler leur histoire, leurs richesses culturelles et  leurs potentialités économiques. Samah Daldoul Bedoui, architecte, a évoqué les  Palais, demeures et jardins de La Manouba à l’époque husseinite, comme Ksar El Ward (musée militaire depuis 1984), Khobbet Ennahs, Palais Larbi Zarrouk (aujourd’hui Centre de formation professionnelle), Borj Chouikha (recette des finances depuis 1970), Palais El Hidaya (Gouvernorat actuellement), Palais El Babbassat (école privée) qui peuvent être autant de jalons d’un circuit touristique. Pour sa part, Fatma Jebbari, architecte à l’INP,  a apporté un éclairage très intéressant sur L’expérience de la restauration du mausolée de Sidi Bou Saïd et le projet de restauration de celui de  Saïda Manoubia. Quant à Néjib Bourguiba, propriétaire et restaurateur de  Kobbet Ennhas, il a soulevé Les problèmes liés à la restauration des monuments comme le manque de certains matériaux traditionnels, les problèmes techniques, l’absence de techniciens spécialisés, et surtout les difficultés financières. Pour sa part, l’historien Houcine Jaïdi  a traité de Quelques aspects de l’histoire de Tébourba, l’antique Thuburbo Minus, inconnus du grand public, comme la vie des Saintes Perpétue et Félicité natives de la cité romaine ou les raisons de l’absence de ruines de l’antique cité romaine. Enfin, Abdelwaheb Mahjoub, psychologue social et Président de l’ASM de Tébourba, qui devait traiter Des huileries de Tébourba nous a régalés d’une histoire de l’olivier entre histoire, culture et poésie.

Pour clôturer cette matinée studieuse, un diaporama de cartes postales anciennes, puis un documentaire de Néjib Ben Azzouz sur « Les palais et les monuments de la région de La Manouba » démontraient la faisabilité de circuits touristiques et culturels dans le gouvernorat de La Manouba.

Le soir, pour marquer le voyage historique de la Kobba de Ksar El Warda (Palais de la Rose) de La Manouba jusqu'au parc du Belvédère en 1902, L’Association des Amis du Belvédère et l' AMMC organisaient une soirée musicale "à l’ancienne", à la lumière des chandelles, avec Ayda Boukhris et Abbes Mkaddem, à la Kobba du Belvédère. Enfin, le 18 mai, Journée Internationale des Musées, l’AMMC proposait une visite du Palais de la Rose qui abrite un musée militaire depuis 1984. Son conservateur, le commandant Samir Chêmi, accepta avec plaisir de répondre à nos nombreuses questions.

Le mois du patrimoine est clos, mais d’autres activités sont prévues par l’Association : circuit touristique et culturel organisé le 8 juin, collecte de documents, de photos et de cartes postales pour reconstituer une mémoire plurielle, d’autres opérations propreté de monuments, etc, et la campagne de récolte de dons se poursuit pour permettre la restauration de la zaouia de Saïda Manoubia.

Pour contacter l’ Association La Manouba pour les Monuments et la Culture:
https://www.facebook.com/pages/Association-la-Manouba-pour-les-monuments-et-la-culture/682805358428191

Danielle Laguillon Hentati

Tags : Habib Kazdaghli   Manouba   Sa